Samuel Paty : L’Esprit de liberté vit toujours

 |  | 341 mots
Lecture 2 min.
(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
OPINION. Un professeur est mort pour avoir assumé pleinement sa vocation : servir la liberté. Il éveilla ses élèves à quitter les idées toutes faites, pire encore, ces amalgames nourrissant les rentes perfides des illusions et des intégrismes meurtriers de l’humain.

Un professeur est mort, décapité par un jeune individu dramatiquement instrumentalisé par des êtres ignobles, assignant le prophète à leur sombre et funeste dessein : mettre les valeurs de notre République sous la coupe d'un autre temps qui n'aurait jamais dû exister.

Un professeur est mort après avoir été sali par des mensonges diffusés sur des réseaux sociaux qui, lâchement, profitant de l'anonymat, se défoulent et déversent des insultes, accompagnées d'appels à la haine.

Un professeur est mort pour faire comprendre que transmettre un savoir n'est pas seulement un passage des acquis, mais une invitation à quitter cette part d'animalité qui, s'immisçant en chacun, fait obstacle à la lumière de la liberté.

Un professeur est mort pour avoir montré des dessins qui l'ont désigné comme un homme à abattre par des suppôts de l'esclavage refusant que la liberté fasse école.

Un professeur est mort. C'est toute la Communauté enseignante qui se lève, meurtrie par ce lâche attentat, fière, à juste titre, que l'un des siens, menacé, n'ait pas transigé avec la liberté d'expression, offrant un cours magistral afin que l'esprit vive.

L'espérance, jamais, ne s'éteindra

Les forces du mal sont si brutales et monstrueuses qu'elles peuvent, à un moment, faire vaciller. Seulement, l'esprit est là, il sera toujours là pour faire surgir l'inattendu qui a pour nom l'espérance ; jamais elle ne s'éteindra tant qu'il y aura des hommes, comme Samuel, qui veillent.

Il ne s'agit pas de se détourner de la vie mais d'y entrer ; seul, l'esprit l'autorise.

Sur des bancs, dans des collèges et lycées, que d'élèves recueillent ce trésor de la part de professeurs refusant de mettre au ban cette valeur si essentielle, créatrice d'une raison d'être comme Samuel le leur a appris.

Albert Camus dit que la liberté est la seule valeur impérissable de l'histoire.

Alors, Professeur, cher Samuel, au Panthéon des valeurs qui bâtissent notre civilisation, vous demeurerez cet éclaireur de lumière.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/11/2020 à 16:37 :
Les mots n'existent pas pour dénoncer de tels actes... Et depuis l'évènement de l'eau a déjà couler sous les ponts ... Un flot qui ne doit pas effacer de notre mémoire le fait que désormais notre Pays possède son Martyr de la liberté d'expression ! Une liberté d'expression si durement gagnée...Cela atteint chacun d'entre nous laïc et respectueux des convictions religieuses dans l'intégralité des diasporas existantes ...Ne sombrons pas dans la haine pour autant ... et réfléchissons ensemble à protéger notre démocratie ! Trouver un moyen de lutter contre l'irrespect de ce droit devient crucial ... en parlant un langage de paix ...
a écrit le 26/10/2020 à 22:45 :
Belle homélie posthume!!!
Cependant cet "humanisme pur sucre" tel qu'il est prôné par Bernard Devert n'a aucune chance de survie dans le monde de brutes qu'est devenu la France.
La loi du nombre, les "fabricants d'excuses" et la passivité des "humanistes" vont contribuer à accélerer la dérive et aggraver la situation.
Voila la triste réalité!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :