Nicolas Nuger (Banque Nuger) : "100 % des encours de nos clients sont employés à délivrer des crédits à l'économie locale"

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Nicolas Nuger,  membre du directoire et directeur de la communication.
Nicolas Nuger, membre du directoire et directeur de la communication. (Crédits : DR)
Avec 90 ans d'histoire, la Banque Nuger tient une place à part dans le paysage auvergnat. Filiale du Crédit du Nord (fédération de huit banques en France), elle cultive son ancrage local. Au fil du temps, elle s'est développée autour d'une culture d'entreprise, reconnue comme un acteur régional de référence. Son activité et ses partenariats concourent à l'économie auvergnate. La stabilité de ses équipes lui permettent de tisser des liens de proximité avec ses clients et d'avoir une vision pertinente de l'activité économique. Rencontre avec Nicolas Nuger, membre du directoire et directeur de la communication.

Acteurs de l'économie-La Tribune : Christian Bonhomme a pris la présidence du directoire de la banque cet été ?

Nicolas Nuger : Oui, Il succède à Arnaud Guillemain d'Echon, qui occupait ce poste depuis 2008. C'est seulement le cinquième président de la banque depuis sa création par mon grand-père, André Nuger, en 1924. Il se trouve en terrain connu. Christian Bonhomme a été directeur d'agence de la banque Nuger à Riom et Jaude-Julien, à Clermont, avant d'intégrer le Crédit du Nord, à Lille en 2000. Il était vice-président de la banque Tarneaud, à Limoges, ces dernières années. Il incarne une stabilité des équipes qui participe beaucoup à la satisfaction de la clientèle. En prenant la présidence du directoire, il retrouve des "clients dynasties" avec qui il avait déjà travaillé en début de carrière.

Comment se répartissent les agences entre la Banque-Rhône-Alpes et la Banque Nuger sur le territoire ARA ?

Présente sur 5 départements après avoir jeté l'éponge l'an dernier dans le Cantal, la banque est fortement liée au territoire. Nos dernières ouvertures d'agences dans le Cher et dans la Nièvre depuis 2005 et 2006 restent sur le périmètre historique. Nous travaillons sur nos propres territoires. Il n'y a pas de porosité entre les banques. Nuger n'ira pas prêter de l'argent en Corse par exemple. 100 % des encours de nos clients sont employés à délivrer des crédits à l'économie locale. Notre réseau s'étend sur le Puy-de-Dôme, l'Allier, la Haute-Loire, le Cher et la Nièvre. Nous connaissons les principaux acteurs du territoire et nous les accompagnons dans le temps. Nous trouvons des solutions et c'est ce qu'attendent les entrepreneurs, d'avoir du temps pour leurs projets. Nous sommes une banque de circuit court. Toutes nos agences sont à moins de 2 heures du siège, nous cultivons cette proximité.

C'est une organisation géographique qui modifie les relations ?

Ici, c'est très facile lorsqu'un projet demande que nous échangions d'un service à un autre : nous montons un étage, les conseillers se rencontrent et trouvent une solution, qu'ils proposent au client. Nous axons beaucoup sur la relation individuelle, nous sommes une banque de conseil, et lorsqu'un conseiller change, ce qui arrive beaucoup moins souvent que dans d'autres banques, nous soignons particulièrement la passation de relais.

Ce sont des particularités inhérentes à votre histoire ?

Le siège de la banque, au cœur du centre historique de Clermont-Ferrand, reste un symbole qui témoigne de l'attachement à l'Histoire, à la dynastie et au territoire. À l'origine, mon grand-père était avoué et il s'est mis à faire de la gestion de fortune, du conseil patrimonial, dans sa salle à manger, ici, place Michel-de-l'Hôspital. Il n'a pas été touché par la crise de 1929, puisqu'il ne faisait pas de crédit. Il s'est dit qu'il allait accompagner la dynamique industrielle et entrepreneuriale locale, en acceptant des dépôts stables : l'argent des paysans dans les Combrailles. Dans les années 70, mon père a pensé qu'il fallait s'adosser à un grand groupe et le mariage avec Crédit du Nord s'est fait sans à-coup. Une histoire partagée par quelques belles entreprises locales, nous avons des clients dynasties, fidèles. Par chance, par transmission, les entreprises locales sont performantes et elles ont du sens, c'est pour cela d'ailleurs qu'elles sont transmises.

Comment se construisent les relations avec les clients ?

Nous avons une approche mesurée du risque, réfléchie. Nos équipes raisonnent en fonction des PME, du dirigeant, des compétences et des perspectives. Il faut sentir la personne. La banque, ça n'est pas une science exacte, c'est une affaire de personne, l'humain fait la différence. La méthode plaît, nous avons une progression du fonds de commerce en faisant peu de publicité. Elle est principalement entraînée par la recommandation naturelle de nos clients. Il y a plusieurs juges de paix : depuis quelques années, nous sommes les premiers dans le classement satisfaction client et c'est dû à notre culture : l'humain reste un critère dominant, tout est fait maison, il n'y a pas de rupture dans la chaîne de décision. Les PME apprécient cette rapidité de décision et si on ne dit pas oui à tout, nous cherchons des solutions. 9 clients sur 10 sont prêts à recommander la banque. Tous les clients patrimoniaux sont suivis par un binôme conseiller en patrimoine/conseiller de clientèle. Quant aux entreprises, elles bénéficient d'un binôme conseiller de clientèle entreprise et d'un assistant commercial. Les conseillers sont en mesure de leur apporter des solutions, tant en monétique, patrimoine, ils s'appuient sur des spécialistes accessibles. D'autant qu'ils gèrent un nombre raisonnable de portefeuilles.

Est-ce que la digitalisation change votre façon de travailler ?

La digitalisation accompagne les usages et les nouveaux comportements des clients, grâce au groupe nous sommes à la pointe des applications pour les particuliers, avec des agrégateurs de compte, une synthèse multibanques, de la consultation à distance... Le groupe permet de mutualiser les moyens au niveau numérique sans que nous perdions notre autonomie de banque , c'est aussi une force par exemple pour tout ce qui est réglementaire. Au titre des dernières innovations, un cryptogramme dynamique s'annonce pour les prochaines semaines. Face aux nouveaux usages, nous ne fermons aucune agence, nous réorganisons les horaires d'ouverture des guichets, installons des automates dernière génération qui permettent d'effectuer des opérations sur des horaires élargis qui correspondent aux attentes des clients. Ils viennent moins souvent nous rencontrer, mais en revanche, lorsqu'ils se déplacent, ils veulent des compétences et des réponses.

Quelles perspectives pour l'année à venir ?

Au cours des dernières années, près d'un tiers de l'effectif a été renouvelé. L'an dernier, nous avons recruté 18 personnes. Nos équipes sont jeunes, notre banque aussi d'ailleurs. Nous challengeons notre métier de banquier. Les équipes comme le directoire sont attentifs. Quelle souplesse, quelle agilité organisationnelle allons-nous inventer pour accompagner notre métier, quelle banque pour demain ? Il s'agit d'imaginer un périmètre et un paysage différent, l'état des possibles est vaste. Nous avons par exemple une conseillère spécialiste en innovation pour accompagner les entreprises. S'adapter à cette nouvelle économie, qui se cherche et qui s'invente, qui est une lame de fond, c'est quelque chose pour lequel nous sommes mobilisés et agile. Notre métier va changer, nous inventons la banque de demain.

Vous restez très engagé sur le territoire ?

Nous soutenons des activités plus traditionnelles. La banque s'engage dans des événements qui valorisent l'Auvergne. Dés la première heure, nous nous sommes associées à la démarche menée par le département pour le classement de la chaîne des Puys et de la faille de Limagne au patrimoine mondial de l'Unesco. Depuis plusieurs années, des salariés s'engagent pour l'association l'Auvergne pour un enfant en participant à une course. La banque soutient également l'ASM ou le Centre lyrique de l'Opéra théâtre de Clermont-Ferrand et la marque Auvergne. C'est une façon de s'engager pour le territoire et de lui rendre un peu ce qu'il nous donne.

Banque Nuger chiffres :

4 200 clients professionnels

925 entreprises dont le chiffre d'affaires et supérieur à 1,5 millions (1/3 des entreprises du Puy-de-Dôme sont clientes de la Banque Nuger)

30 500  clients particuliers

+ 40 % de production de crédits à moyen long terme pour les professionnels en 2017

+ 23 % de prêt immobilier aux particuliers en 2017

+ 28 % de collecte de placements

+ 2 %  de clients particuliers en 2017

Produit Net bancaire : 39 millions d'euros

743 millions d'euros de dépôts (+8,2 %), 648 millions d'euros de crédit (+ 7,8 %)

750 millions d'actifs gérés

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