France Relance (2/3) : Zadient, le pari savoyard des semiconducteurs

Alors que l’industrie mondiale craint toujours une pénurie de semiconducteurs, un projet de fabrication de plaques de carbure de silicium, un matériau clé pour produire ces composantes électroniques, s’apprête à voir le jour non pas en Isère, mais dans le département voisin de la Savoie.

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La jeune pousse savoyarde, créée en 2020 sous la houlette d'un industriel déjà actif dans le domaine des semiconducteurs, ambitionne de monter de toutes pièces une nouvelle chaîne de production de wafers de carbure de silicium, avec le soutien de France Relance.
La jeune pousse savoyarde, créée en 2020 sous la houlette d'un industriel déjà actif dans le domaine des semiconducteurs, ambitionne de monter de toutes pièces une nouvelle chaîne de production de wafers de carbure de silicium, avec le soutien de France Relance. (Crédits : DR/CEA)

L'annonce de l'implantation de l'industriel Zadient Technologies à Sainte-Hélène-du-Lac (Savoie) a pu surprendre : cette startup envisage pas moins de créer un millier d'emplois directs dans les années à venir, en produisant des wafers de carbure de silicium, que quasiment seuls les États-Unis fabriquent aujourd'hui sur la planète.

Initialement, le projet devait être implanté à l'étranger, confie Luc Hautemanière, directeur général délégué et directeur financier de Zadient Technologies. Mais la jeune société, créée en juin 2020, a revu sa position pour tenir compte de « l'écosystème très puissant sur la région », dit-il.

Avec, entre autres, les nombreux fournisseurs et partenaires académiques oeuvrant dans l'électronique dans l'est de la région Auvergne-Rhône-Alpes, près de Grenoble (Isère).

Aussi, Zadient reprendra progressivement une usine de semiconducteurs, utilisée à d'autres fins actuellement, à Alpespace, le parc d'activités de la communauté de communes de Montmélian (Savoie).

Dans cette usine, Zadient vise à fabriquer des wafers en carbure de silicium, c'est-à-dire des plaques à structures fines de matériaux semiconducteurs destinés aux composants électroniques.

Une production qui vise notamment l'automobile

« Le carbure de silicium a des propriétés très intéressantes pour fabriquer des composants sur lesquels on applique de fortes tensions », explique Luc Hautemanière.

Ces composants sont intégrés aux véhicules électriques, augmentant leur autonomie de 20% tout en les chargeant plus rapidement, souligne Luc Hautemanière, en précisant que cela contribue à réduire le coût de fabrication des véhicules électriques. Des débouchés sont aussi envisagés dans les domaines éolien et solaire.

À l'heure actuelle, ces composants demeurent peu répandus dans l'industrie automobile, hormis chez Tesla, car ils sont compliqués à fabriquer, pointe toutefois son dg délégué.

Sur ce marché naissant en croissance de 40% par an, qui pourrait atteindre « le milliard d'euros dans quatre ans », affirme Luc Hautemanière, Zadient Technologies veut damer le pion aux fabricants américains, avec un appétit certain.

« Nous voulons fournir des produits accessibles à toute l'industrie, et pas seulement à la fabrication de véhicules haut de gamme », dit-il.

Une montée en puissance du site espérée

Avec, aux commandes de Zadient Technologies, Didier Marsan, un industriel actif à la tête d'autres sociétés du sillon alpin, notamment InPACT, spécialiste de la production de substrat semiconducteurs de phosphate d'indium, situé à Saint-Marcel (Savoie).

Mais le chemin sera encore long pour le fournisseur savoyard. La société compte seulement une quinzaine d'employés.

Elle envisage en compter 50 d'ici deux ans, avant de monter à un millier d'emplois quand sa production de semiconducteurs sera sur les rails, assure Luc Hautemanière.

Le projet de Zadient bénéficie du soutien de l'État, en tant que lauréat de l'appel à projets France Relance, au sein des secteurs jugés stratégiques.

« Aujourd'hui, tout ce qui touche au véhicule électrique peut être financé facilement, pointe Luc Hautemanière. Le plus difficile est l'amorçage d'une activité industrielle à forte intensité technologique : l'État nous a donné un coup de pouce. »

L'entreprise a cependant refusé de préciser le montant de l'aide de l'État, ainsi que le montant qu'elle investi elle-même dans son projet, jugé trop stratégique.

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