Qualité de l'air : jusqu'ici vécue comme un point noir, Chamonix veut montrer l’exemple

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Concrètement, la démarche Cit'ergie visé par Chamonix pourrait mener à revoir la manière dont la communauté de communes flèche ses subventions afin d'orienter vers des pratiques plus respectueuses de l'environnement.
Concrètement, la démarche Cit'ergie visé par Chamonix pourrait mener à revoir la manière dont la communauté de communes flèche ses subventions afin d'orienter vers des pratiques plus respectueuses de l'environnement. (Crédits : Monica Dalmasso)
Directement confrontée aux conséquences du changement climatique, la communauté de communes de la Vallée de Chamonix Mont Blanc s’engage dans la démarche Cit’ergie en lien avec l'Ademe, visant à intégrer la transition écologique dans chacune de ses décisions. La collectivité complète ainsi sa stratégie globale de transformation en territoire à énergies positives (TEPOS).

La Vallée de Chamonix fait régulièrement les titres de l'actualité pour deux sujets : la montagne et la pollution. Et ce n'est pas un hasard. Le caractère montagnard de ce haut lieu des Alpes est en effet très concrètement confronté au changement climatique.

« Les éléments de preuve du changement climatique sont irréfutables, particulièrement à Chamonix, pointe Hervé Villard, le vice-président chargé de la Transition écologique et de l'économie circulaire de la communauté de communes de la Vallée de Chamonix Mont-Blanc. Personne ne peut contester que les parois de granit s'effritent, que le front des glaciers recule et que l'enneigement n'est plus ce qu'il était dans le passé. »

La qualité de l'air, pointée du doigt médiatique à chaque dépassement des seuils réglementaires, fait déjà l'objet d'un soutien du fonds air-bois, qui distribue 2.000 euros aux particuliers qui remplacent leur chauffage à bois non performants par un système plus efficace.

Il reste à faire pour améliorer la qualité de l'air, ce point noir trop souvent associé à la vallée de Chamonix, au goût des élus locaux, qui se félicitent par ailleurs de voir les dépassements se faire moins nombreux depuis 2015. Le fonds air-bois n'aura probablement pas atteint ses objectifs à fin 2021, et il devrait être prolongé plus que prévu.

Montrer l'exemple

Il reste donc aussi à faire pour obtenir une acceptation sociale plus large des changements à adopter pour préserver l'environnement, que ce soit pour remplacer un système de chauffage ou pour se déplacer autrement.

Mais pour demander des efforts, mieux vaut être exemplaire. C'est ce qui a motivé la communauté de communes de la de la Vallée de Chamonix Mont-Blanc à passer une convention Cit'ergie avec l'Ademe, qui finance plus de 70% de l'accompagnement dans cette démarche destinée à améliorer l'impact environnemental de chaque décision de la collectivité. « La transition écologique doit devenir le fil rouge de nos politiques », souligne M.Villard.

Concrètement, la démarche Cit'ergie pourrait mener à revoir la manière dont la communauté de communes flèche ses subventions afin d'orienter vers des pratiques plus respectueuses de l'environnement. « Nous avons des améliorations à faire dans tous les domaines », indique M.Villard.

L'engagement dans cette démarche peut conduire la collectivité à recevoir l'un des labels Cit'ergie, décernés au niveau européen par l'association European Energy Award (EEA), en fonction du score obtenu aux différents indicateurs. Le label Cit'ergie Gold, le plus prestigieux, récompense un score supérieur à 75%. En France, seule une poignée de collectivités ont atteint ce niveau, alors que plus de 200 collectivités sont engagées dans la démarche.

À compter de la signature de cette convention, le collectivité chamoniarde s'engage dans un travail de trois à quatre ans, même si les premières actions pourraient voir le jour dans les prochains mois.

« C'est un référentiel qui marque la ligne à suivre, afin de tenir une trajectoire ambitieuse en phase avec l'exigence que nous nous devons d'avoir envers notre environnement, à Chamonix plus qu'ailleurs, où nous sommes des témoins directs des changements en cours, soutient Hervé Villard. C'est une forme d'exemplarité que nous nous devons de démontrer. »

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a écrit le 26/03/2021 à 22:18 :
Les maires de la vallée (toujours le même bord politique depuis des décennies tenu par les lobbies des commerçants, de l'industrie de l'or blanc et du concessionnaire ATMB du tunnel du Mont Blanc) s'agitent devant les caméras, mais n'ont pas de réelle volonté que les choses changent. Ils veulent le beurre et l'argent du beurre. Le train ne les intéressent pas. Cela fait des années que coté suisse aucun camion ne circule et ne traverse les Alpes. Ferroutage obligatoire. Un paradis pas seulement fiscal. Coté France: un enfer de pollution dans la vallée de l'Arve.

Cela me rappelle la foire médiatique quand le conseil départemental et la SNCF ont supprimés les trains dans la gare de mon village (pourtant tout juste rénovée). Ils étaient tous là pour protester, mais ils n'y a pas eu d'actes, et donc toujours pas de train. Résultat: Le trafic, les bouchons et la pollution augmentent...
a écrit le 26/03/2021 à 13:49 :
S'ils veulent faire quelque chose, ils n'ont qu'à faire une vallée sans voiture, comme beaucoup de stations en Suisse ou ailleurs. Il y a déjà un train à Chamonix, faut juste le rendre plus efficace et fiable et créer un réseau de bus électrique.

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