Chimie verte  : Afyren convainc 12 partenaires et l'Europe pour son projet de bioraffinerie

Avec un consortium européen qu'elle a su convaincre, la startup d'origine clermontoise Afyren a remporté un appel à projet européen d'une valeur de 20 millions d'euros. Une subvention qui va lui permettre d'accélérer la recherche de débouchés pour son usine de bioraffinerie.

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(Crédits : DR)

Afyren veut réconcilier industrie et écologie. Depuis dix ans, la startup, qui vit entre Clermont-Ferrand et Lyon, travaille sur une technologie capable de transformer la matière première végétale en un acide purifié qui a les mêmes propriétés qu'une molécule issue des dérivés du pétrole. A terme, la startup entend donc remplacer ces ingrédients très utilisés par l'industrie chimique (cosmétique, arôme, nutrition humaine et animale, etc.) par sa molécule d'origine végétale.

"Au-delà de l'origine végétale, nous avons mis au point une méthode de production sans déchets, pas consommatrice d'eau et qui divise par trois nos émissions de CO2. Nous nous appuyons sur l'économie circulaire car nous utilisons des résidus de l'agriculture (aujourd'hui ceux de l'industrie du sucre, NDLR)", souligne Nicolas Sordet, le président d'Afyren.

Après son atelier de production pilote à Clermont-Ferrand, capable de fournir des échantillons de test, Afyren passe à l'industrialisation et construira, pour 2020, une usine à grande échelle pour déployer sa technologie. Elle sera basée à Carling Saint-Avold, dans le nord-est de la France, pour sa proximité avec l'industrie sucrière et devrait générer, dans un premier temps, une cinquante d'emplois directs.

Favoriser l'émergence d'une filière

Pour sécuriser le financement de son usine - Afyren a levé 21 millions d'euros en 2019 en partie dédié à ce projet -, mais surtout accélérer sa recherche de débouchés commerciaux, la startup a répondu à un appel à projet lancé par le Bio-based Industries Joint Undertaking (BBI-JU) avec 12 autres partenaires européens (3 PME, 8 grandes entreprises et 1 pôle d'innovation provenant de 5 pays européens), intervenant chacun sur une partie de filière.

Ensemble, ils ont obtenu, sous le nom de After-Biochem, une subvention de 20 millions d'euros. Parmi eux, on trouve le géant de la gestion des déchets Suez ou le pôle français de Bioéconomie, IAR.

"L'objectif global est de créer une chaîne de valeur, de la matière première aux clients. Chacun apporte sa brique pour au final créer une véritable filière de la bioéconomie", détaille Nicolas Sordet.

Outre la betterave sucrière, le consortium travaillera aussi à étendre son procédé à d'autres produits dérivés de l'agriculture. Pour porter ce projet collectif, qui doit durer 4 ans, Afyren (20 salariés) devrait prochainement recruter une personne dédiée.

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