Autopartage : avec ses batteries rechargeables sans stations, le lyonnais Wesk part à la conquête de Marseille

L'ex-pdg de Navya est désormais en phase d'accélération dans une toute autre aventure : après avoir créé Wesk en décembre 2020 à Lyon, le service d'autopartage Shaary misant sur des véhicules électriques aux batteries "interchangeables" (sans bornes de recharge), Christophe Sapet annonce le déploiement de 50 micro-véhicules électriques à Marseille. Une première étape "test" au coeur de la cité phocéenne, où son modèle sera proposé, non pas sur abonnement, mais sous la forme d'un paiement à la minute, et avec la collaboration des anciens de Totem, une startup qui s'était heurtée au premier confinement.

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Depuis ce lundi 24 janvier, c'est la cité phocéenne qui sera le premier terrain de jeu du lyonnais Wesk. Une cinquantaine de micro-véhicules électriques aux batteries interchangeables seront proposées aux Marseillais. Deux autres villes françaises pourraient rapidement suivre au cours des deux prochains mois, selon la jeune pousse.
Depuis ce lundi 24 janvier, c'est la cité phocéenne qui sera le premier terrain de jeu du lyonnais Wesk. Une cinquantaine de "micro-véhicules" électriques aux batteries interchangeables seront proposées aux Marseillais. Deux autres villes françaises pourraient rapidement suivre au cours des deux prochains mois, selon la jeune pousse. (Crédits : DR)

Christophe Sapet a décroché, début janvier, le contrat qu'il attendait. Alors que l'ancien pdg de Navya, depuis à la tête de la startup de l'autopartage Wesk, affirmait être entré en discussions avec plusieurs villes pour déployer son concept de véhicules électriques sans bornes de recharges Shaary, c'est finalement la cité phocéenne qui lui aura ouvert en premier lieu les portes.

"Il existe une forte appétence de la métropole Aix-Marseille-Provence, cela a favorisé la mise à exécution du plan", affirmait le fondateur de Wesk, Christophe Sapet. Une appétence, mais aussi des compétences puisque le lyonnais a pris contact avec l'ancienne SCIC Totem, qui avait tenté de lancer une première flotte de véhicules en free-floating, juste avant le premier confinement. Alors que celle-ci a déposé le bilan, Wesk s'est rapproché de son ancienne équipe et a notamment embauché l'ex-président de Totem pour lui fournir des services de conseil.

Résultat ? Depuis ce lundi, 50 "micro-véhicules" de la société Wesk ont été déployés à travers la ville de Marseille, selon un système qui se veut disruptif, jusqu'à sa commercialisation : car le lyonnais n'est pas parti, pour son lancement, sur le traditionnel modèle de l'abonnement, mais plutôt un paiement à la minute, au moyen d'une application smartphone. Même s'il demeure "ouvert aux attentes que pourraient avoir le marché", comme le précise son directeur général, Henri Coron.

Avec un tarif calculé sur la base de 1,50 euro par session de location et de 32 centimes d'euros par minute, ce service, qui sera proposé aux utilisateurs âgés de 21 ans et deux ans de permis, vise en premier lieu un public allant de 22 à 40 ans.

Et au lieu de devoir installer des "stations" et des systèmes de recharges, les véhicules choisi par Wesk (le modèle Biro, conçu par l'italien Estrima) seront proposés en mode "free-floating", c'est-à-dire "sans station", munis de batteries "interchangeables".

Le principe ? Chaque utilisateur devra prendre et reposer le véhicule au sein d'une "zone de service", pour l'heure limitée aux quatre arrondissements suivants (1er, 2e, 6e et 7e), et dont l'application smartphone permettra au prochain usager de le localiser ensuite plus précisément.

De l'autre côté, Wesk promet "un service client 24h/24 et 7j/7 avec une équipe sur place qui assure une gestion optimale de la flotte", avec une équipe de maintenance internalisée de sept personnes qui vient de démarrer.

Vers une mobilité électrique... sans bornes de recharges

Car le pari de départ de la startup lyonnais, c'est bien celui de proposer une mobilité électriques sans infrastructures, et donc sans bornes de recharge. "Chaque véhicule sera doté de deux batteries, afin que l'une d'elle prenne le relai lors de la recharge", expliquait déjà Christophe Sapet. Sur le terrain, le calcul sera finalement affiné à 1,5 batteries par véhicule à Marseille, précise le directeur général, même si ce chiffre pourrait être revu à la hausse en fonction des retours du terrain.

En mai 2021, la jeune pousse lyonnaise avait déjà levé 3 millions d'euros, notamment auprès de l'accélérateur dédié aux transitions écologiques du studio lyonnais Waoup, Greenpact et avait également bénéficié d'un Prêt Amorçage Innovation d'un million d'euros de la Banque Publique d'Investissement (BPI).

En prévision de ce déploiement, Wesk a déjà acquis en propre près de 120 véhicules proposant deux places assises auprès du constructeur italien Estrima, et vient de lancer un contrat avec un second fournisseur, dont le nom n'a pas encore été communiqué.

Elle base d'ailleurs le seuil de sa rentabilité sur une utilisation de ses véhicules "d'au moins 2 heures chaque jour", soit, pour des trajets estimés jusqu'ici à près de 12 minutes, près d'une dizaine de rotations quotidiennes.

Le contrat signé pour deux ans par Wesk avec la Métropole Aix-Marseille-Provence et la Ville de Marseille prévoit déjà une première flotte de 50 véhicules et "pourra être augmentée à brève échéance", avec un premier palier établi à 80 véhicules. En contrepartie, les deux collectivités s'engagent à fixer un prix fixe pour l'occupation de la voirie par les véhicules de Wesk, qui pourront ainsi stationner sur l'ensemble de son parc de stationnement.

Avec déjà, les yeux tournés vers une seconde ville, dont le label autopartage a été signé et dont le nom devrait être annoncé courant février, en vue d'un nouveau déploiement. "Une troisième ville est actuellement en discussions, avant Lyon", précise Henri Coron.

A Lyon, l'autopartage aussi soumise à un appel à manifestation d'intérêts

Dans son berceau lyonnais, Wesk poursuit en parallèle les discussions avec la Métropole conduite par Bruno Bernard, qui a annoncé le renforcement, par paliers, de sa Zone à faibles émissions (ZFE) avec une sortie du diesel des murs du Grand Lyon attendue pour 2026.

Lyon comme Villeurbanne avaient notamment lancé un appel à manifestation d'intérêts pour développer l'autopartage sur leurs territoires, en parallèle à l'extension de l'offre de son premier opérateur local, Lyon Parc Auto.

Un appel auquel Wesk avait répondu à travers un premier dossier, avant de déposer une seconde mouture en fin d'année. Car des réserves concernant les modalités de mise en oeuvre du free-floating demeuraient, "même si elles ne sont pas un obstacle, comme le démontre l'arrivée du service d'autopartage Leo&GO du groupe Vulog", précise Henri Coron.

La société, dont Bpifrance est actionnaire, a annoncé son implantation à Lyon avec 300 véhicules (100 électriques et 200 hybrides) fin 2021. Pour Wesk, cette concurrence sur le terrain de jeu que le groupe Bolloré (Bluely) avait quitté courant 2020 n'est pas une mauvaise nouvelle :

"Ce ne sont pas nos concurrents qui construisent le marché mais les utilisateurs, qui continuent pour l'instant de prendre leur voiture pour aller en ville. 80% des bouchons sont actuellement créés par des véhicules à mono-conducteur. Atteindre 2 heures d'utilisation quotidienne de nos véhicules permettrait de remplacer jusqu'à 8 voitures en centre-ville", estime le dg de Wesk.

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Commentaire 1
à écrit le 25/01/2022 à 19:29
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Le projet servira à gratter une subvention et il finira en queue de poisson. D'ailleurs à la première manif sur le port, les magnifiques véhicules finiront à la baille.

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