Les grands travaux de la Métropole de Lyon pour tripler l'usage du vélo en ville

Objectif : 2030. D'ici cette date, la Métropole de Lyon se dotera d'un réseau de pistes réservées aux vélos de 355 kilomètres, pour un budget XXL de 100 millions d'euros. De quoi doper la commande publique en matière d'aménagement urbain, mais aussi la place du vélo en ville, que le Grand Lyon souhaite voir tripler d'ici 2026. Avec, ce mercredi, la présentation du nouveau tracé et du nouveau nom de ce réseau : les "Voies lyonnaises".

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Ces nouvelles pistes, imaginées au sein d'un nouveau réseau de près de 400 km de voies cyclables à l'échelle de 49 des 59 communes de la Métropole, seront conçues pour être larges (entre 3 et 4 mètres), permettre les dépassements, l'accompagnement des enfants ou encore l’absorption des bouchons aux intersections.
Ces nouvelles pistes, imaginées au sein d'un nouveau réseau de près de 400 km de voies cyclables à l'échelle de 49 des 59 communes de la Métropole, seront conçues pour être larges (entre 3 et 4 mètres), permettre les dépassements, l'accompagnement des enfants ou encore l’absorption des bouchons aux intersections. (Crédits : DR Métropole de Lyon)

Du Réseau Express Vélo (REV), l'ambition se matérialise et se déploie désormais sous un nouveau nom : "les Voies lyonnaises". En référence aux "Voies romaines" qui ont dessiné le paysage il y a plus de 2.000 ans, les équipes du président écologiste Bruno Bernard souhaitent ainsi poser une nouvelle pierre et faire passer le Grand Lyon et ses 59 communes à l'ère des mobilités douces.

Son grand plan vélo, inscrit comme un fer de lance du programme EELV, se traduit  désormais par des ambitions chiffrées et surtout, un tracé qui vient d'être présenté ce mercredi avec une échéance : fin 2030.

D'ici là, un réseau de 13 larges pistes cyclables sécurisées et "connectées" sera bâti, permettant de parcourir la métropole. Avec à la clé, la création de près de 400 km de voies cyclables aménagées spécifiquement pour les mobilités douces.

Un projet qui trouve écho dans plusieurs métropoles de France, comme le Velostras à Strasbourg, le réseau Chronovélo de Grenoble, le futur RER V (pour vélo) à Paris ou encore le déploiement de huit lignes cyclables à Marseille.

100 millions d'euros de budget

Actuellement, le Grand Lyon compte déjà 1.088 kilomètres de réseau cyclable, mais pas toujours connectées : à titre de comparaison, une ville comme Lille en compte environ 800 kilomètres. Mais toute l'ambition est désormais de les aménager et de les connecter entre elles, mais aussi avec les nouveaux modes de transports.

Le tracé choisi pour ces nouvelles Voies lyonnaises leur permettra ainsi de s'étendre plus précisément sur 355 kilomètres d'ici 2030, dont 100 kilomètres déjà existants, et qui seront remis aux normes du label. Ce réseau desservira 49 des 59 communes de la Métropole. Au total, le budget de cette vaste opération s'élève à 100 millions d'euros.

Il s'inscrit dans une volonté plus large de la nouvelle majorité, qui était d'accélérer les mobilités douces en doublant notamment le montant investi pour son syndicat des transports en commun, le Sytral, dont le plan d'investissement atteindra les 2,55 milliards d'euros pour les cinq ans à venir.

Voies Lyonnaises vélo

"Il y a une véritable attente", affirme Fabien Bagnon, vice-président délégué aux voiries et à la mobilité, qui rappelle que depuis des années, et encore plus suite aux confinements, les déplacements à vélo explosent, aussi bien pour les professionnels que les particuliers.

Sur une journée comme ce mercredi, les 75 compteurs installés à Lyon ont recensé 166.747 passages de vélo. Actuellement, le Grand Lyon compte 72.286 abonnés longue durée Vélo'v. Et la Métropole envisage ainsi de "multiplier par trois d'ici 2026, le nombre de vélo par rapport à 2020."

Jouer l'intermodalité, et revoir l'aménagement urbain

Le président de la Métropole, Bruno Bernard, affirmait lui-même début septembre que l'usage du vélo avait cru de 30% en l'espace d'une année à l'échelle de l'agglomération, accéléré entre autres par les nouveaux usages découlant de la crise sanitaire.

Les dernières données issues du PDU (Plan de déplacements urbains), datées de 2015, démontrent quant à elles que le vélo représente 2% de la part modale des déplacements lyonnais, contre 19% pour les transports en communs, et 34% pour la marche, même si c'est la voiture qui pèse encore le plus lourd (44%).

Reste un défi désormais face au nouvel exécutif lyonnais : celui de faire cohabiter ces différents modes de transports à l'échelle d'une métropole de 1,3 millions d'habitants.

Les travaux viendront ainsi se greffer, lorsque cela sera possible, sur les aménagements de voiries déjà prévus, mais comprendront également la création de nouvelles lignes.

La conception elle-même sera repensée pour réserver 3 à 4 mètres de large à ces nouvelles voies cyclables, qui seront séparées de la chaussée par un rebord afin de protéger les cyclistes. Elles seront également progressivement reliées aux réseaux de transports en commun afin de favoriser l'intermodalité.

Objectif : que les trois quarts des habitants de la Métropole soient à l'avenir à moins de 10 minutes d'une voie cyclable.

Un projet qui, après avoir été soumis à une phase de concertation qui lui permis de recueillir près de 300 participations, serait également en cours discuté actuellement avec les maires des communes concernées. Car son objectif passera aussi nécessairement par une réduction de la place de la voiture en ville, comme l'avait concédé Bruno Bernard, sans pour autant avancer de chiffres à ce sujet.

Un dialogue avec les maires pas toujours évident. Comme le montre la sortie de Pascal Charmot, maire de Tassin-la-Demi-Lune dans Le Progrès, affirmant qu'il n'y a pas de demande de Voie lyonnaise sur sa commune. Le tracé provisoire prévoyait de faire passer le réseau par l'avenue de la République. « Pour nous, c'est un refus. Notre contre-proposition soutenue à 85 % par les habitants et les commerçants, opte pour le boulevard du Valvert. C'est logique, il y a déjà une piste cyclable », affirmait Pascal Charmot au Progrès.

C'est la ligne 1, entre Vaulx-en-Velin et Saint-Fons qui donnera le coup d'envoi des premiers travaux dès l'automne 2021. Le reste du calendrier devrait être reprécisé d'ici "fin 2021", tandis que 49 kilomètres du parcours restent encore à définir. A horizon 2026, 250 kilomètres devraient déjà être opérationnels.

De quoi doper la commande publique avec un carnet de près de 100 millions d'euros, d'autant plus que cette somme pourrait également s'ajouter à certains aménagements compris dans d'autres enveloppes, comme dans le cadre des nouvelles lignes de tramway T9 et T10, qui auront elles aussi vocation à se connecter au réseau cyclable par exemple.

Un plan qui confirme donc le grand coup d'accélérateur que la métropole écologiste souhaite donner à la pratique du vélo, qui vient compléter plusieurs autres mesures, comme les aides à l'achat de vélos (à assistance électrique, vélos pliants et vélos cargo) à hauteur de 500 euros (sous conditions de revenus), le prêt gratuit de 10.000 vélos pour des jeunes de 18 à 24 ans à compter de cet automne, ou encore le lancement d'une nouvelle offre MyVélo'v.

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