Le plan d’Air France pour sa saison d’été à Lyon, en dépit du Covid (et de la Loi Climat)

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Avec de nouvelles lignes saisonnières qui devraient démarrer en avril et en mai, Air France a déjà tourné sur sa saison d'été à Lyon, tout en ayant pris ses dispositions pour se conformer à la Loi Climat, votée par les députés le week-end dernier.
Avec de nouvelles lignes saisonnières qui devraient démarrer en avril et en mai, Air France a déjà tourné sur sa saison d'été à Lyon, tout en ayant pris ses dispositions pour se conformer à la Loi Climat, votée par les députés le week-end dernier. (Crédits : JEAN-FRANCOIS MARIN)
Plombée par la baisse du trafic aérien depuis mars dernier, la compagnie française ne baisse pas pour autant les bras pour sa saison d’été : à Lyon, son 3e hub français, elle annonce l’ouverture de cinq nouvelles liaisons saisonnières, sur un total de 22 nouveautés annoncées à l’échelle nationale. La compagnie a déployé un plan pour passer entre les gouttes de la Loi Climat, qui prévoit la suppression de certaines lignes aériennes intérieures.

Si la reprise n'a pas encore pointé le bout de son nez et semble, une nouvelle fois, décalée à l'été, Air France se tient prête. La semaine dernière, la compagnie a annoncé un panel de nouvelles dessertes pour la saison estivale 2021, y compris à Lyon Saint-Exupéry.

Avec ses 11,74 millions de voyageurs annuels accueillis en 2019, cet aéroport fait partie des trois principaux hubs de la compagnie Air France, avec Paris Charles de Gaulle et Paris Orly.

Il serait même d'une importance non négligeable pour le groupe, et ce, à plusieurs titres : « Lyon joue un rôle important car cet aéroport nous permet d'assurer le lien avec les correspondances en région, avec la présence à la fois de la marque Air France, mais aussi de Transavia et de KLM avec une liaison pour Amsterdam. Il s'agit d'un endroit nous proposons une offre de vol classique tout en renforçant notre hub de Charles-de-Gaulle avec une connexion TGV également », précise un porte-parole de la compagnie Air France.

Fin janvier 2020, soit tout juste quelques mois avant la crise sanitaire, la compagnie aérienne desservait encore 41 destinations au départ de Lyon, dont 20 sous la marque France, 20 sous la marque Transavia et 1 pour KLM. « Nous réalisions alors 180 vols par jour, pour 3,9 millions de passagers pris en charge en 2019, soit une part de marché de 33 % pour Air France et KLM sur l'aéroport de Lyon », ajoute-t-il.

Le cap sur les destinations loisirs, en France et en Europe

C'est pourquoi la compagnie, malgré la crise sanitaire qui plombe encore les déplacements des fraçais, a déjà le regard tourné vers l'été qui arrive à grands pas.

Avec un double pari : « Nous avions déjà observé, au cours de l'été dernier, qu'à partir du moment où les restrictions ont été levées, le trafic loisirs et affinitaire a connu une reprise très rapide. Cela a été la même chose lors de la période des fêtes de fin d'année, où nous avons dû multiplier par trois notre offre domestique et par quatre notre offre d'outre-mer -par rapport au second confinement, ndlr-, car la demande de français a été très importante ».

Selon lui, la réactivité de la branche loisirs a en effet été beaucoup plus marquée que celle des voyages d'affaires. Sur ce dernier segment, Air France n'anticipe encore pas de retour à la normale, en raison des changements d'habitudes des politiques voyage enregistrés au cours des derniers mois au sein des entreprises, ainsi que du maintien des restrictions sur les moyens et long-courriers.

« Il ne faut pas oublier que sur les long-courriers, les restrictions sanitaires n'ont jamais été levées depuis le printemps dernier. Cela fait un an que l'on ne peut pas se rendre -sans motif dérogatoire- aux États-Unis, et choses sont également très compliquées en dehors de l'Europe », résume la compagnie.

En conséquence, l'été 2021 se tournera donc principalement vers des destinations françaises et européennes, pour la compagnie Air France comme pour ses concurrents, y compris au départ de Lyon. « Au total, nous venons d'annoncer l'ouverture de 80 lignes saisonnières à l'échelle française, dont 22 nouveautés et destinations loisirs comme Corfou, Malte, la Corse, Tanger, Ibiza au départ de Paris et des régions », indique son porte-parole.

Au départ de Lyon Saint-Exupéry, la compagnie proposera par exemple cinq nouvelles rotations saisonnières à destination d'Ajaccio, Bastia, Figari, Cavi et Rome, à raison d'un à quatre vols par semaine dès les mois d'avril et de mai. Ces liaisons saisonnières viendront s'ajouter au programme régulier d'Air France vers Paris-Charles de Gaulle, Brest, Biarritz, Bordeaux, Caen, Lille, Marseille, Nice, Nantes, Pau, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

La Loi Climat ne serait pas un obstacle

Il sait néanmoins que la situation n'est pas encore gagnée : « Au pire de cette crise, nous sommes descendus à -95 % d'activité, ce qui représente une baisse de 1.000 à seulement 60 vols journaliers à l'échelle française pour les compagnies Air France et Hop », précise le groupe. Sans plus de détail cependant sur les baisses encore actuellement enregistrées à ce jour.

L'ensemble des effectifs de la compagnie Air France ont été placés, depuis le printemps dernier, sous le régime du chômage partiel, et n'en sont toujours pas sortis à l'heure actuelle. A Lyon, la compagnie emploie 472 collaborateurs, principalement au sein de sa direction des ventes et de ses services d'escale.

Une autre épine pourrait également venir se glisser dans la chaussure de la compagnie dans cette reprise pourrait bien être la Loi Climat, qui prévoit, depuis le vote des députés ce samedi, une suppression des dessertes aériennes pour les destinations où il existe des d'alternatives accessibles à moins de 2h30 en train.

Pour autant, Air France ne tremble pas : le groupe précise que le travail concernant les lignes visées par la Loi Climat a déjà été engagé. Avec à la clé, l'interruption, décidée par le groupe lui-même, des liaisons régionales concernées avec Paris Orly, dont Lyon (mais aussi Nantes ou Bordeaux, qui sont concernées en premier lieu).

"Rien ne change pour nous de ce côté", affirme la compagnie.

A l'aéroport de Lyon, statut quo pour l'instant

Du côté de la plateforme aéroportuaire de Lyon Saint-Exupéry, gérée par le groupe Vinci, la situation est également, pour l'heure, encore à l'arrêt.

En juillet dernier, l'aéroport avait confirmé la conclusion d'un accord de performance collective (APC) avec les syndicats majoritaires CFDT et CFE-CGC, visant à concrétiser une quarantaine de ruptures conventionnelles sur le trimestre suivant, sur un total de 422 emplois.

Contactée à plusieurs reprises, la direction n'a pas donné suite à nos demandes d'interviews concernant sa stratégie de maintien de l'activité. Une chose est cependant certaine : avant la pandémie, l'aéroport lyonnais affichait près de 130 destinations en ligne directe, contre 46 destinations annoncées lors des fêtes de fin d'année 2020.

Selon une étude de Flightright, un site dans l'indemnisation des passagers aériens en cas de retard ou d'annulation de vols, la fréquentation de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry, tous opérateurs confondus, aurait dégringolé de 72,5 % en juillet 2020 par rapport au même mois de 2019, avec 1.400 vols dénombrés contre 5.100 pour le mois de juillet de l'année précédente.

Il s'agissait, selon la plateforme en ligne, de la troisième baisse la plus importante, après les aéroports de Toulouse Blagnac (-79,5%) et Bordeaux Mérignac (-75,7%).

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