Après deux ans de sommeil, ce que contient (ou pas) la nouvelle Cité de la Gastronomie à la lyonnaise

Elle avait ouvert en grande pompe, et refermé presque dans la foulée. La première esquisse de la Cité de Internationale de la Gastronomie n'avait pas trouvé son public, ni impliqué les acteurs locaux. Tout cela en plein Covid-19, et alors que sa création s'inscrit dans la droite lignée de l'inscription du repas gastronomique français au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, en 2010. Ce vendredi, une nouvelle mouture du projet réouvre ses portes à Lyon : avec des tarifs revus à la baisse, une offre retravaillée par un comité de chefs locaux, même si pour y manger, il faudra encore attendre un peu.
Après un premier essai manqué en 2019, Lyon persiste et signe avec l'ouverture de sa nouvelle Cité internationale de la Gastronomie, en plein coeur d'un monument emblématique, l'Hôtel Dieu. La capitale des Gaules n'est pas tout à fait la seule à nourrir un tel projet, puisque que Tours, Dijon et Paris-Rungis font partie d'un réseau de villes créées en 2013 aux côtés de l'Etat, suite à l'inscription du repas gastronomique français au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, en 2010.
Après un premier essai manqué en 2019, Lyon persiste et signe avec l'ouverture de sa nouvelle Cité internationale de la Gastronomie, en plein coeur d'un monument emblématique, l'Hôtel Dieu. La capitale des Gaules n'est pas tout à fait la seule à nourrir un tel projet, puisque que Tours, Dijon et Paris-Rungis font partie d'un réseau de villes créées en 2013 aux côtés de l'Etat, suite à l'inscription du repas gastronomique français au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, en 2010. (Crédits : DR)

Ouverte en octobre 2019, puis refermée dans la foulée en juillet 2020, la Cité internationale de la gastronomie (CIG) aura eu une courte vie. Il aura fallu attendre deux ans et un changement d'exécutif métropolitain pour la voir rouvrir ses portes, ce vendredi.

Pensée à l'origine comme un "temple du bien manger" sur près de 4.000 m2, hébergée dans l'un des lieux les plus emblématiques de Lyon, le Grand-Hôtel Dieu, cette Cité de la Gastronomie avait ouvert le champs des possibles avec une rénovation déjà engagée sur quatre niveaux. Ces deux années de mise sur pause auront permis de "re-jeter les bases" : "c'est quoi une Cité de la Gastronomie ?", interroge le chef étoilé Régis Marcon, très impliqué dans le projet.

La version Une de la CIG "n'avait pas trouvé son public", "il y a avait une désaffection", selon Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon. L'opérateur espagnol Magma Cultura, qui avait été choisi à l'époque dans le cadre d'une délégation de service public, n'avait pas fédéré autour de lui les acteurs locaux et le lieu manquait donc d'ancrage. De premiers freins auxquels se sont rajoutés les confinements et le Covid-19.

La CIG rouvre donc dès aujourd'hui et l'entrée sera gratuite jusqu'au 27 novembre. Le tarif d'entrée, qui faisait l'objet de vives critiques, était aussi vu comme aussi l'une des raisons de la "désaffection" face au projet. Il passera finalement de douze euros à sept euros.

"Un bien commun"

"L'approche a sans doute été trop économique et elle n'a pas permis d'impliquer les acteurs locaux de la gastronomie", expliquait Brun Bernard l'an dernier, lors de l'esquisse du projet.

Depuis, un groupe d'experts, baptisé le "Comité Rabelais" a été fondé en septembre 2021. Il a choisi de mettre l'écosystème local à contribution et rassemble une poignée de chefs renommés (Christian Têtedoie, Alain Alexanian, Nour Milan, Joseph Viola) ainsi que des professionnels de l'alimentation, de l'artisanat des métiers de bouche, de l'agriculture, de la résilience des territoires et des élus. Ensemble, ils ont redéfini une feuille de route pour la CIG.

Lyon n'est d'ailleurs pas tout à fait la seule à plancher sur ce type de concept, car trois autres villes se sont dotées de Cités de la Gastronomie (Tours, Dijon et Paris-Rungis). Avec la capitale des Gaules, ces villes font partie d'un réseau lancé par l'État en 2013, suite à l'inscription du repas gastronomique français au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, en 2010.

Et par rapport à ses consœurs, "le point fort de Lyon, c'est la santé, la nutrition et la gastronomie", selon le chef Régis Marcon.

La CIG se veut donc comme un lieu au service de la transition alimentaire, de l'alimentation durable, de la santé, de la justice alimentaire, une vitrine des métiers de bouche mais aussi du service et de l'agriculture. Elle a été repensée comme "un bien commun", selon la Métropole.

Résultat ? Le lieu commencera d'abord à s'animer avec trois expositions voulues comme immersives et sensorielles, qui seront visibles à compter de ce vendredi (Banquet, Seb Discovery et Bonnes tables, belles tables), tandis que des conférences, tables-rondes et démonstrations de cuisines sont également à l'agenda.

Quant à la nourriture, particulièrement attendue dans une telle Cité, "c'est prévu" mais il faudra attendre encore un peu... L'heure n'est pas encore à l'installation de concepts culinaires, qui pourraient intervenir dans une phase suivante du projet.

Deux ans de pilotage métropolitain

Pour l'heure, le concept doit déjà se réinstaller : près de 1.000 visiteurs par jour sont attendus sur le premier week-end d'ouverture. Pour rappel, la CIG aurait dû accueillir 300.000 visiteurs par an dans sa première version. Reste à voir si elle va (re)trouver son public.

Durant deux ans, la Cité de la Gastronomie sera gérée en direct par la Métropole, le temps justement de retomber sur ses pieds et d'affiner son offre. Son budget reste inchangé, la Métropole apportera un million d'euros de financement par année sur une période de deux ans avant de déterminer de la suite à donner. "Je ne pense pas qu'on puisse avoir un lieu de cette qualité sans argent public", a affirmé Bruno Bernard.

En 2019, dix millions d'euros avait été mis sur la table par les mécènes (le Groupe Seb, Mérieux Nutrisciences, Eiffage etc) et cinq millions d'euros de la Ville/Métropole de Lyon/État.

Des appels à manifestations seront aussi lancés par la Métropole "pour encourager les acteurs de la filière" et faire vivre le lieu, et le comité Rabelais en sera juge. Une nouvelle qui prend une résonance toute particulière sur les terres de celui que l'on surnommait "Monsieur Paul".

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