Ségur de la santé, "oubliés" du numérique... AuRA au cœur de l’agenda gouvernemental

DECRYPTAGE. Ce vendredi, Auvergne Rhône-Alpes accueillait non pas un, mais trois membres du gouvernement. Avec, d’abord en matinée, le ministre de la Santé isérois, Olivier Véran, qui visitait les Hospices civils de Lyon avec sous le bras, les dossiers du Ségur et de France relance. Le premier ministre Jean Castex s'est rendu quant à lui dans la Drôme, aux côtés du secrétaire d’Etat Cédric O, pour un déplacement sur le thème de la réduction de la fracture numérique.

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Aux côtés du secrétaire d'Etat Cédric O, Jean Castex se chargera de démontrer son engagement auprès des maires ruraux, dont 214 d'entre eux avaient rédigé une tribune en vue d'inciter le gouvernement à s'occuper des oubliés du téléphone fixe.
Aux côtés du secrétaire d'Etat Cédric O, Jean Castex se chargera de démontrer son engagement auprès des maires ruraux, dont 214 d'entre eux avaient rédigé une tribune en vue d'inciter le gouvernement à s'occuper des "oubliés du téléphone fixe". (Crédits : POOL)

(Publié le 21/05/2021 à 06:00, actualisé à 16:40)

La sphère parisienne se déplacera en AuRA ce vendredi, avec, à l'agenda du gouvernement, un déplacement planifié d'une part par le premier ministre et son secrétaire d'Etat au numérique, et de l'autre, par le ministre de la Santé.

C'est d'ailleurs l'isérois Olivier Véran qui a ouvert le bal en se rendant, dans la matinée, au sein des Hospices civils de Lyon (HCL), qui se positionne comme le second plus gros établissement hospitalier de France, derrière les hôpitaux parisiens.

Objectif de cette visite ? « Valoriser la mise en œuvre du Ségur de la santé », et plus précisément les « investissements et la simplification de l'organisation interne, et l'amélioration de la gouvernance des hôpitaux ».

A l'issue des discussions menées avec les professionnels du secteur ayant donné lieu à la signature d'un accord en juillet 2020, le Ségur de la santé avait ensuite conduit le Premier Ministre à annoncer, en mars dernier, une enveloppe "historique" de 19 milliards d'euros à l'échelle de la prochaine décennie, soit bien plus que les précédents plans d'investissements Hôpital 2007 (6 milliards d'euros) et Hôpital 2012 (2,5 milliards d'euros). Avec, à l'intérieur, la somme de 9 milliards d'euros qui sera consacrée à financer de nouveaux investissements au sein des établissements de santé et en ville au cours des 10 prochaines années.

Trois mois après sa dernière visite en terre lyonnaise, Olivier Véran en a profité pour se rendre notamment sur le chantier de l'hôpital Edouard-Herriot, à Lyon. Ce site, qui fait l'objet d'un vaste plan de restructuration depuis 2013 avec, comme point central, la livraison d'un nouveau bâtiment (H) en 2018. A l'époque, les travaux avaient conduit à raser l'ensemble du bâtiment d'origine, construit en 1993, pour en rebâtir un six fois plus grand que l'ancien pavillon.

Réparti sur 4 niveaux, ce bâtiment abrite désormais la majorité des activités chirurgicales et d'imagerie, avec près de 20 salles de bloc opératoire multidisciplinaire (urologie, ORL, digestif, vasculaire...) ainsi qu'un héliport.

Cette rénovation s'inscrivait dans un plus large programme de modernisation, évalué à près de 120 millions d'euros (dont à l'origine, 40 millions d'euros provenant de l'Etat, 40 millions des HCL et pour 20 millions de la part du Grand Lyon et la même chose pour la Ville de Lyon). Une occasion d'en profiter pour annoncer un nouveau volet du soutien de l'Etat, notamment dans le cadre du projet France Relance et du Ségur de la Santé ?

Ce vendredi, le ministre a évoqué un projet dont l'addition a grimpé puisqu'il s'élèverait désormais à 150 millions d'euros... Un montant que l'Etat pourrait en effet venir abonder, selon les déclarations d'Olivier Véran, qui a précisé sur place qu'un "financement additionnel de plusieurs dizaines de millions d'euros" devrait venir s'ajouter dans les semaines à venir.

Dans la Drôme, des engagements pour le réseau cuivre

A compter de midi, c'est ensuite le premier ministre Jean Castex qui a pris en quelque sorte le relai, sous l'œil des caméras, en menant une visite en trois actes dans la Drôme, accompagné par le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique, Cédric O, mais également le pdg du groupe Orange, Stéphane Richard.

Cette fois, le déplacement était placé sous le signe de la réduction des fractures numériques au sein des territoires.

Une manière de démontrer en premier lieu que la tribune publiée par 214 maires ruraux en décembre dernier au sein du Journal du Dimanche, qui alertait sur « l'inégalité criante que subissent nos territoires devant l'accès au service, dit universel, de téléphonie fixe », n'est pas restée lettre morte.

De même que la prise de position de la députée LREM Célia de Lavergne, qui avait apporté son soutien à ce combat, mené par les maires ruraux et tiré la sonnette d'alarme, concernant ce qu'ils appelaient les "oubliés du téléphone" fixe, alertant sur les problématique de panne et de maintenance rencontrées en zones rurales. Et ce, alors que l'État avait signé en 2017 une convention de trois ans avec l'opérateur Orange afin de garantir l'accès à la téléphonie fixe à tous les citoyens.

De source proche de Jean Castex, on affirme que le message a été entendu, et que le réseau cuivre a encore toute sa place dans l'arsenal des télécommunications français, aux côtés des initiatives telles que le plan France Très haut débit, qui vise à garantir un accès sur l'ensemble du territoire français d'ici 2025 (à 2030 pour certaines zones comme la Bretagne).

« La France est aujourd'hui le pays européen qui déploie le plus rapidement la fibre optique jusqu'à l'abonné avec 5,8 millions de locaux rendus raccordables en 2020. Son déploiement ne doit cependant pas éclipser l'importance du réseau cuivre, qui reste une infrastructure essentielle pour les Français dans de nombreux territoires, notamment pour la téléphonie et l'internet fixe », affirmait Matignon, en préambule à ce déplacement.

Face aux problématiques ainsi soulevées au cours des derniers mois sur la qualité du réseau cuivre déployée en milieu rural, le ministre devait donc en profiter à la fois pour rassurer, s'engager et fixer des objectifs aux côtés du groupe Orange, face à des élus locaux qui se sentent de plus en plus concernés par les problématiques d'accès au numérique, gage d'attractivité de leur territoire.

Jean Castex a notamment visité un site d'entretien du réseau cuivre drômois pour incarner cette démarche, tout en réitérant officiellement son souhait à Orange, opérateur historique de ce réseau, d'agir pour améliorer la couverture des zones en souffrance.

L'opérateur français devait d'ailleurs en profiter pour présenter un plan d'action afin d'améliorer ce dossier et annoncer une série de recrutements afin d'assurer davantage de moyens humains.

Lire aussi : Internet dans les campagnes: le gouvernement et Orange se mobilisent contre les pannes

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