Métropole de Lyon : Bruno Bernard (EELV) élu à la majorité absolue

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Bruno Bernard s'était porté comme le seul candidat lors de l'installation du conseil métropolitain, ce jeudi, au Centre des Congrès de Lyon.
Bruno Bernard s'était porté comme le seul candidat lors de l'installation du conseil métropolitain, ce jeudi, au Centre des Congrès de Lyon. (Crédits : Métropole de Lyon)
L’installation du conseil de la métropole de Lyon s’est déroulée ce jeudi matin au Centre de Congrès de Lyon, en présence des 150 conseillers métropolitains nouvellement élus ce 28 juin dernier. Le candidat écologiste, Bruno Bernard, soutenu par la nouvelle majorité issue des urnes, s’est présenté comme le seul candidat à la succession du président sortant, David Kimelfeld. Il a été élu à l'issue du premier tour pour un mandat de six ans avec la majorité absolue avec, toutefois, plusieurs mises en garde de ses adversaires.

(Article publié à 12:00, mis à jour à 17:00 avec la liste des vice-présidents)

Alors que ses listes avaient remporté neuf des quatorze circonscriptions de la métropole, confirmant la poussée d'une vague verte lyonnaise, le candidat écologiste Bruno Bernard était particulièrement attendu ce jeudi matin, pour l'installation du conseil métropolitain de Lyon.

L'élection, qui se tenait pour des raisons sanitaires au Centre des Congrès de Lyon afin de favoriser les mesures de distanciation sociale, s'est déroulée sous l'œil des caméras (en dehors du vote, à bulletins secrets). En présence des 150 conseilleurs métropolitains nouvellement élus (dont un pouvoir), mais aussi du président sortant, David Kimelfeld, et du maire sortant de la ville, Gérard Colomb, défait dans son fief historique du 9e arrondissement. Balayé lors du second tour, ce dernier avait d'abord déclaré "la fin de sa vie politique" avant d'affirmer qu'il s'engagerait à siéger dans l'opposition.

Bruno Bernard comme seul candidat

Première surprise de ce scrutin : seul l'écologiste, Bruno Bernard, s'est finalement porté candidat à la présidence de la métropole. Une annonce qui a provoqué, dans l'assemblée, une demande de Philippe Cochet, maire LR de Caluire-et-Caluire, qui souhaitait disposer, dans ces conditions, d'un bulletin blanc.

Pour autant, peu de doutes transparaissaient sur l'issue de ce scrutin : car alors qu'il était nécessaire de disposer d'une majorité absolue (fixée à 76 voix) pour remporter ce vote, Bruno Bernard devait en théorie être en mesure de s'appuyer sur 84 des 150 sièges occupés par les élus d'Europe Ecologie-Les Verts, grâce aux résultats enregistrés par les écologistes et leurs alliés lors du second tour.

La candidature de l'écologiste Bruno Bernard a finalement récolté la majorité absolue de 76 voix, nécessaire au premier tour, avec 84 voix. Deux votes se sont exprimés pour David Kimelfeld.

"Place à l'action"

A l'issue de ce vote, le nouveau président écologiste a pris la parole devant l"assemblée, afin de souligner la tenue de ce premier vote au suffrage direct, qu'il a qualifié "d'avancée incontestable".

"Notre territoire a lieu aussi connu une forte abstention de la part des citoyens. Je veux vous dire aujourd'hui que c'est ici que nous améliorerons leur quotidien et leur avenir", a affirmé Bruno Bernard.

Le nouveau président, désormais à la tête d'une métropole de 1,4 millions d'habitants et de 9 200 agents, s'est par ailleurs félicité que cette nouvelle assemblée accueille davantage de jeunes élus et de femmes, rappelant sa volonté "d'inventer un nouveau lien avec les habitants". Il s'est même permis une petite boutade.

"Défiant tout pronostic, je n'aperçois pour l'instant aucun char fleuri à l'horizon du Grand Lyon".

"Regrettant une campagne ayant "trop laissé la place aux caricatures", Bruno Bernard a affirmé n'en garder cependant aucune amertume.

"Place aux solutions et l'action. Nous serons la sembler des solutions et ferons ensemble face aux défis climatiques. Car s'adapter, ce n'est pas se soumettre, c'est résister aux épisodes caniculaires et s'attaquer aux causes du dérèglement climatique".

Et le nouveau président de conclure : "Nous ferons ensemble la démonstration de la transition écologique est compatible avec l'économie".

Des discours teintés de remerciements républicains

L'intervention de Bruno Bernard s'est conclue sur une série de remerciements républicains à ses prédécesseurs, le sortant David Kimelfeld, ainsi que l'ancien maire Gérard Collomb, qui s'était posé comme un adversaire de taille durant cette campagne.

"Même si nous sommes nombreux dans cette assemblée à avoir eu des divergences politiques avec Gérard Collomb, je souhaite rendre un hommage personnel et sincère à cet homme qui a eu l'idée de cette métropole, et qui a servi Lyon durant près de 40 ans. (...) Cet engagement pour notre territoire inspire le plus grand respect".

Des mots que Gérard Collomb a accueilli sous l'oeil des caméras les bras croisés, ponctués sur la fin de quelques timides applaudissements.

Le président sortant David Kimelfeld a lui aussi adressé ses félicitations à Bruno Bernard pour son élection, tout en adressant un hommage appuyé à Gérard Collomb.

"Vous avez dit que cette métropole possède un socle fort et Gérard Collomb pas étranger. Ce socle, qui vous permettra d'affronter la crise économique et social à venir, est le fruit du travail mené par vos prédécesseurs pour avoir une métropole armée et à la santé financière robuste".

L'heure des mises en garde

Le ton a été cependant beaucoup plus mesuré du côté de LREM et la droite lyonnaise, qui ont exprimé plusieurs mises en garde. D'abord, à travers l'intervention du conseiller LREM Louis Pelaez.

"Vous avez gagné, il n'y a pas de doute (...) À vous de nous démontrer comment vous passerez de la théorie à la pratique, du rêve à la réalité, à la hauteur de l'enthousiasme que vous avez suscité", rappelle-t-il.

Le tout, en soulignant l'impact du contexte sanitaire exceptionnel et le haut niveau d'abstention.

"Vous vous trouvez aujourd'hui à la tête du conseil de la métropole alors que vous n'avez convaincu que 13 % des électeurs. La question de la légitimité pourrait être posée, mais nous ne la poserons pas", a annoncé Louis Pelaez, tout en s'annonçant "vigilant à ce qu'il n'y ait pas d'opération de déconstruction" des actions menées par ses prédécesseurs.

Le sénateur LR Du Rhône, François-Noël Buffet, a lui aussi mis le doigt, lors de son discours, sur le taux d'abstention "qui n'est pas normal dans une élection comme la nôtre, à la tête de la première métropole, après l'île de France". Appelant à rejoindre la "ligne de force", garantissant jusqu'ici le maintien du développement de la métropole et sa puissance économique et social par les prédécesseurs de Bruno Bernard, François-Noël Buffet a ajouté sa volonté de "veiller à ce que la métropole ne se replie pas sur elle-même et reste une terre de développement".

Enfin, le maire LR de Caluire, Philippe Cochet, est intervenu à son tour en annonçant qu'il s'exprimerait au nom des 33 conseillers métropolitains de la droite et du centre. Tout en reconnaissant que les électeurs ont tranché en faisant "le choix d'une majorité forte", l'élu a souhaité mettre les points sur les "i".

"Nous pouvons partager des biens communs et nous avons souvent montré notre volonté de transition tout en maintenant le développement économique (...). Nous serons très attentifs à ce que les conseillers nouvellement élus n'arrivent pas pétris de dogmes ou de vérités intangibles.  ".

Et de préciser très clairement :

"Notre engagement n'est pas un ralliement, nous nous situerons en dehors de la majorité mais nous travaillerons avec le nouvel exécutif et accompagnerons ses actions quand elles répondront à l'intérêt général. Nous aurons à cœur de vous soumettre des révisions et modifications à vos propositions".

Dès aujourd'hui, le regroupement de la droite et du centre indique avoir demandé au président de la métropole "d'ouvrir des débats sur la réforme des grandes politiques publiques de la métropole, notamment l'action sociale et les transports".

23 vice-présidents

Pour diriger l'institution aux côtés de Bruno Bernard, 23 vice-présidents ont été élus. Une liste quasi-paritaire (11 femmes) qui distribue les postes aux candidats qui ont permis l'alliance entre les verts et la gauche unie, à l'instar de Renaud Payre, candidat au 1er tour de l'élection métropolitaine pour la gauche unie.

Le nouveau président, à qui certains reprochent de ne pas avoir exercé de mandat opérationnel, a choisi de s'entourer de deux personnalités qui connaissent déjà les rouages de l'institution, puisque déjà élues à la métropole de Lyon lors du mandat précédent.

C'est Emeline Baume, conseillère municipale de la Ville de Lyon, conseillère déléguée en charge de la prévention des déchets qui prend la 1ere vice-présidence. Elle devrait prendre en charge l'économie.

La seconde vice-présidence est attribuée à Béatrice Vessiller, elle aussi rompue à l'exercice métropolitain puisqu'elle était auparavant vice-présidente en charge de la rénovation thermique des logements. Elle devrait être en charge l'urbanisme.

S'en suivent ensuite :

Renaud Payre, 3ème vice-président,

Michèle Picard, 4ème vice-présidente,

Jean-Charles Kohlaas, 5ème vice-président,

Hélène Geoffroy, 6ème vice-présidente,

Cédric Van Styvandael, 7ème vice-président,

Lucie Vacher, 8ème vice-présidente,

Bertrand Artigny, 9ème vice-président,

Zémorda Khelifi, 10ème vice-présidente,

Pierre Athanaze, 11ème vice-président,

Véronique Moreira, 12ème vice-présidente,

Fabien Bagnon, 13ème vice-président,

Anne Grosperrin, 14ème vice-présidente,

Jérémy Camus, 15ème vice-président,

Séverine Hémain, 16ème vice-présidente,

Jean-Michel Longueval, 17ème vice-président,

Laurence Boffet, 18ème vice-présidente,

Jean-François Blanchard, 19ème vice-président,

Isabelle Petiot, 20ème vice-présidente,

Philippe Guelpa-Bonaro, 21ème vice-président,

Hélène Dromain, 22ème vice-présidente,

et Yves Ben Itah, 23ème vice-président.

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