ERAI, le dossier à 10 millions d’euros

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(Crédits : DR)
ERAI revient sur le devant de la scène. La Région pourrait être condamnée à payer les créanciers de son ancienne structure dédiée à l’international. Plus de 10 millions d’euros sont réclamés par le liquidateur. L'affaire est renvoyée au 23 octobre.

Article publié le 26.06.2018 à 06:00, mis à jour le 27.06.20018 à 07:00

L'audience devait avoir lieu ce 26 juin mais elle est finalement reportée au 23 octobre. Maitre Walczak, liquidateur d'ERAI, assigne devant le Tribunal de Grande Instance de Lyon (chambre des procédures collectives) la Région Auvergne-Rhône-Alpes, l'autorité de tutelle d'ERAI et Daniel Gouffé, son ex-président. Motif de l'assignation : "des fautes lourdes de gestion" et des "investissements excessif", selon les informations du Progrès.

Lire aussi notre dossier complet : Erai, l'histoire d'une déconfiture

Ce nouveau rebondissement pourrait mettre à mal les finances de la Région. Le liquidateur compte bien, en effet, récupérer auprès de la collectivité les quelque 10 millions d'euros réclamés par les créanciers d'ERAI. L'entourage de Laurent Wauquiez ne cache pas son inquiétude :

"Si la Région devait payer cette somme, elle serait imputée du budget général et ne pourrait donc être investie pour les habitants de la région". Pour ce proche de Laurent Wauquiez, la coupe est pleine : "Encore une fois, nous payons les conséquences de la gestion hasardeuse et des méthodes dispendieuses de la mandature Queyranne. C'est insupportable !".

Exercice d'équilibriste

Lors de cette audience du 23 octobre, la Région tentera probablement de faire entendre ses arguments afin de payer le moins possible.

Un exercice d'équilibriste difficile puisque la majorité actuellement au pouvoir a été le fossoyeur de la structure en 2015. Elle affichait à l'époque, peu ou prou, les mêmes arguments face au duo Queyranne/Gagnaire, défenseurs à tout prix du bras armé de la Région à l'international.

En refusant, au printemps 2015, de voter une énième subvention de "sauvetage", la Droite, le FN et Europe Ecologie les Verts avaient envoyé ERAI directement à la case liquidation.

Plusieurs dizaines de millions d'euros ont été engloutis par la structure entre 2008 et 2014. Avec un budget annuel de 10 millions d'euros et 130 salariés, ERAI était chargée de déployer les atouts de Rhône-Alpes à l'international en accompagnant les entreprises dans leurs démarches d'export ou d'implantations à l'étranger.

"ERAI était un bel outil. Cette dernière subvention du printemps 2015 aurait dû être votée, elle aurait pu sauver la structure", persiste Jean-Louis Gagnaire.

Tout en reconnaissant : "le président de la structure aurait dû être sorti bien avant. Mais je n'étais pas maître de cette décision".

En parallèle de la procédure civile menée par le liquidateur, une enquête pénale est toujours en cours.

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