IdEx / I-Site : après Grenoble, Clermont Auvergne qui conservera sa dotation (sous une condition)

En visite ce jeudi après-midi à l’Université Gustave Eiffel (Seine-et-Marne), le premier ministre Jean Castex a levé le voile sur la seconde partie d'une liste très attendue : elle comprend notamment les lauréats de l'initiative I-site et IdEx, à l'issue de la période probatoire de 10 ans visant à confirmer ou non la pérennisation de l'engagement de l'Etat. Bonne nouvelle : ces annonces se traduisent désormais par une confirmation de la labellisation I-Site de l'Université de Clermont Auvergne, même si celle-ci a été assortie d'une condition, après celle de Grenoble.

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(Crédits : DR)

Nul doute que ces annonces étaient très attendues par le monde universitaire. Car à l'issue d'une période probatoire de 10 ans, une première vague d'établissements avaient déjà reçu leur labellisation définitive l'an dernier, à l'image de l'Université Grenoble Alpes. Mais désormais, c'est la dernière partie de la liste des sites IdEx et I-Site qui a été confirmée par le premier ministre Jean Castex, lors d'une visite à l'Université Gustave Eiffel (Seine-et-Marne).

Celle-ci comprend notamment les noms des huit derniers lauréats, parmi lesquels on retrouve l'Université de Clermont Auvergne, et son projet de I-Site CAP 20-25, qui promeut "le développement d'une université de recherche intégrée, étroitement connectée à son environnement territorial et au monde professionnel". Avec, pour thématique de spécialité, l'ambition de "concevoir des modèles de vie et de production durables", déclinée elle-même en quatre défis liés aux agro-écosystèmes durables, aux transports et productions innovants, à la mobilité-santé, et aux risques naturels.

Depuis 2017, ce soutien de l'Etat, qui atteint une enveloppe de 9,3 millions d'euros par année, lui a déjà permis de soutenir 320 projets de recherche ainsi que près de 400 projets internationaux ou en partenariat avec des industriels, concernant des thématiques entrant dans le champ scientifique de l'I-Site.

"Le résultat est une augmentation de la visibilité du site, avec plus de 3.700 publications internationales produites dans le périmètre de l'ISITE. L'UCA figure au rang 501- 600 dans le classement de Shanghai", affirme un premier bilan communiqué ce jeudi 10 mars.

Une condition pour la labellisation définitive

Le jury international mis en place pour chapeauter cette initiative aura toutefois mis une condition à la validation définitive de Clermont Auvergne : l'université, créée en 2017 à travers une première étape de fusion réalisée entre les deux universités de Clermont-Ferrand, puis passée sous le statut d'établissement public expérimental (EPE) au 1er janvier 2021, devra cependant désormais intégrer Clermont Auvergne INP "avant le 31 décembre 2023" pour pouvoir pérénniser son financement.

Jusque là, elle ne disposera que de 90% des fonds octroyés, précise le ministère de l'Enseignement supérieur.

Dans la même vague, plusieurs autres dossiers ont été confirmés à titre définitif : il s'agissait de l'IdEx Université Paris Cité et des six autres I-SITE restants (Université de Montpellier, Université de Lille, Université de Cergy, Université Gustave Eiffel, Université de Pau et Université de Nantes).

Cette annonce faisait elle-même suite à la confirmation d'une première vague de lauréats dont, en Région Auvergne Rhône-Alpes, l'Université Grenoble-Alpes, qui se voit dotée quant à elle de 23,7 millions d'euros par année (la troisième plus grosse dotation nationale après Paris-Saclay et l'Université Paris Dauphine - PSL).

IdEx et I-Site : deux programmes qui visent "l'excellence" depuis 2010

Pour rappel, le programme IdEx avait démarré en 2010 pour finir par sélectionner, à travers des phases de labellisation et de re-labellisation successives, 17 établissements d'enseignement supérieur et de recherche. Objectif affiché : contribuer à faire émerger des pôles universitaires à visibilité mondiale, afin qu'ils disposent à la fois "d'une puissance scientifique et d'un impact scientifique de tout premier plan dans de larges champs de connaissances".

Lors de son lancement en 2010, il s'agissait donc de "doter le pays d'une dizaine de grandes universités de recherche, comparables aux meilleures universités du monde, qui permettront à la France de tenir son rang dans la compétition scientifique et économique mondiale au travers du rayonnement de leur recherche, de l'attractivité de leurs formations, de la notoriété de leur corps académique et la qualité de leur gouvernance", précise Matignon.

Avec à leurs côtés, une autre portion d'une dizaine de sites de plus petite taille et plus spécialisés, candidats quant à eux à un autre label, I-Site, « Initiatives Science - Innovation - Territoires - Economie ».

Mais leur objectif allait dans la même direction : reconnaître et faire rayonner les ambitions de ces sites, "dont les forces scientifiques sont plus concentrées sur quelques thématiques d'excellence".

Avec, pour cela, l'outil de requérir notamment à des fusions d'établissements, qui puissent proposer "un modèle de gouvernance réaliste (...) qui permette à la présidence, d'une part, de prendre les décisions clés nécessaires en termes de politique des ressources humaines et d'allocation des moyens", et d'autre part, "mettre en œuvre une signature commune".

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la candidature de l'IdEx Lyon-Saint Etienne avait achoppé, alors que les établissements des deux villes n'étaient pas parvenu à se doter d'un seul et même organe fusionné de gouvernance.

300 millions de dotations annuelles désormais pérennisées

Au niveau national, le pilotage de ces deux actions, IdEx et I-Site, confiées à l'Agence nationale de la recherche (ANR), s'était traduit par le fléchage d'une enveloppe globale issue du Programme Investissements d'Avenir de 7,5 milliards d'euros (montée depuis à près de 9,5 milliards) et qui avait ensuite été répartie sous forme d'une dotation en capital, à hauteur de 300 millions d'euros chaque année pour les 17 établissements.

Les établissements labellisés, pouvaient ensuite utiliser non pas la totalité de l'enveloppe, mais le montant des intérêts annuels générés par le placement par cette dotation, soit une moyenne de 9 à 20 millions d'euros par année, afin de financer des projets de recherche et académiques, tout en renforçant leur attractivité à l'échelle internationale.

Jusqu'ici, ils devaient toutefois justifier de l'utilisation de ces fonds ainsi que de la mise en place d'une gouvernance unifiée auprès d'un jury international pour conserver leur statut. Désormais, ils ne devront plus le faire, puisque la période probatoire de 10 ans s'est terminée ce début d'année.

"L'idée est de montrer que ces 17 sites ont franchi un cap et ont fait preuve de leur capacité de gérer un budget additionnel, en mettant en place une gouvernance solide", résumait ce jeudi Matignon.

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