Stations de ski : après une saison blanche, ce qu’il faut retenir des investissements réalisés en 2021

DECRYPTAGE. Alors que les remontées mécaniques ont été mises à l’arrêt durant toute la saison hivernale 2020/2021, laissant craindre le pire à court terme, mais aussi sur le plan des investissements, le premier bilan tiré par Montagne Leaders, Domaines skiables de France et Atout France fait plutôt état d’une remontée des investissements à 268 millions d’euros, après une première chute de 30% enregistrée en 2020. Une situation attribuable en partie aux aides des différents plans montagne (Etat, Région, etc), et qui permet à la filière de retrouver jusqu’à 85% de sa moyenne décennale, même si elle demeure surtout tirée par les enveloppes fléchées vers les remontées mécaniques.
Mais alors que la fermeture des remontées mécaniques, ce sont près de 268 millions d'euros qui auront tout de même été investis en 2021 sur l'ensemble des stations françaises, selon le dernier bilan tiré par Montagne Leaders, Domaines skiables de France et Atout France.
Mais alors que la fermeture des remontées mécaniques, ce sont près de 268 millions d'euros qui auront tout de même été investis en 2021 sur l'ensemble des stations françaises, selon le dernier bilan tiré par Montagne Leaders, Domaines skiables de France et Atout France. (Crédits : Licence CC0)

Depuis plusieurs mois, on craignait que la saison blanche enregistrée par les stations ne se traduise à nouveau dans les chiffres. C'est pourquoi le résultat communiqué cette semaine par la filière semble pour le moins inattendu, voire même « inespéré » sur le terrain économique.

Après des pertes sèches estimées à 8 milliards d'euros pour l'économie de montagne, c'était sur le terrain des investissements annuels que les craintes demeuraient fortes chez les acteurs de la montagne, qui avaient observé un décalage voire un gel des investissements au long cours sur leurs équipements. Et ce, alors que ce poste représentait, en 2019, un budget global de 379 millions d'euros.

Finalement, le constat par les chiffres se fera en deux temps pour les professionnels de la filière :

Avec en premier lieu, un niveau d'investissements des stations qui aura chuté de 237 millions d'euros (soit -30%) sur l'ensemble de l'année 2020, après l'interruption prématurée de la saison hivernale 2019/2020, correspondant à l'arrivée du Covid-19 au sein de l'Hexagone.

Mais alors que la fermeture des remontées mécaniques, décidée par l'Etat français en novembre 2020, avait menacé directement les finances (et les investissements prévus) sur l'exercice 2021, le dernier bilan tiré par le magazine Montagne Leaders en partenariat avec Domaines skiables de France et Atout France, se veut plutôt rassurant à ce sujet :

En 2021, et malgré une saison blanche pour les remontées mécaniques, les stations de ski auront toutefois continué d'investir à hauteur de 268 millions d'euros d'investissements. « Soit près de 85 % de la moyenne annuelle à l'échelle de la décennie 2011-2020 », souligne la filière.

La traduction de l'effort « conjugué » des entreprises et collectivités

Du côté de la délégation Montagne d'Atout France, Damien Zisswiller estime que « ces indicateurs nationaux témoignent d'un bon dynamisme, compte-tenu de la saison blanche 2020-2021 des exploitants de domaines skiables. Pour mémoire, le chiffre d'affaires des domaines skiables français, au cours de la saison hivernale passée, s'est élevé à moins de 1% du CA avant la pandémie ».

Le président de Domaines Skiables de France, Alexandre Maulin, qui avait fait partie des chefs de file pour défendre la réouverture des stations françaises, il convenait de prendre en compte les deux exercices de 2020 et 2021 pour avoir une vision globale sur les impacts de cette crise. « Que voit-on ? Que l'investissement a reculé n'a reculé que de 30% par rapport à l'avant-crise. C'est assez remarquable lorsque l'on sait que l'indemnité perçue en 2021 par les exploitants des remontées mécaniques n'a couvert qu'une partie des frais fixes engagés », se félicite-t-il.

Et pour expliquer cette remontada, Alexandre Maulin entrevoit notamment deux facteurs : « Les efforts des entreprises publiques et privées de domaines skiables d'une part, qui n'ont pas baissé les bras dans l'adversité, et le soutien des collectivités locales d'autre part : Régions, Départements et communes qui veulent consolider l'atout tourisme de leur territoire. »

On se souvient en effet des différents plans d'aides d'urgence mis en place par l'Etat français et la Région Auvergne Rhône-Alpes dans un premier temps, mais aussi et surtout de l'acte II lié aux plans d'investissements Avenir Montagnes et au plan régional Montagne II sur la mandature à venir, annoncés tous deux courant 2021.

Les grandes tendances de l'investissement 2021

Que traduit pour autant ce dernier bilan des investissements de la filière ?

Lorsqu'on regarde dans le détail, on y voit par exemple que le secteur des remontées mécaniques aura tiré l'essentiel de cette dynamique en 2021, avec 136 millions d'euros d'investissements réalisés, en particulier dans le massif des Alpes, où se sont concentrés plusieurs projets de nouvelles installations.

Car même si la réalisation de plusieurs lignes de télécabines et d'appareils structurants se sera parfois étalée « sur deux voire trois exercices », les projets de remontées mécaniques pèsent encore très lourd dans l'investissement des stations, engageant encore près de la moitié de l'enveloppe investie l'an dernier dans le secteur de la montagne.

Un phénomène qui n'est cependant pas tout à fait "habituel" puisqu'il ne se sera produit qu'à deux reprises (durant les exercices de 2005 et 2014) à l'échelle des deux dernières décennies, comme le souligne Atout France. Ce niveau d'investissement reste toutefois inférieur de -1,2% par rapport à la moyenne décennale, et porté en grande partie par les investissements nécessaires à un projet phare : celui de la liaison d'Orelle  - Val Thorens à 43 millions d'euros.

A noter également « qu'aucune installation cablée n'aura été réalisée en dehors des Alpes » durant l'année écoulée.

La diversification et la billetterie, plus à la marge

Les investissements sur le terrain de l'activité ski auront cependant chuté sur la branche jusqu'ici en croissance de la « descente » (entretien des pistes, sécurité, damage, neige de culture, etc), avec seulement 60 millions d'euros investis, ce qui correspond à seulement la moitié du budget annuel moyen calculé sur les deux dernières décennies.

Avec, à l'intérieur de ce segment, des postes comme le damage ou la billeterie -directement impactés par l'arrêt des remontées mécaniques- et qui dévissent en 2021 de -75%, toujours par rapport à leur moyenne décennale.

Les activités de loisirs et de diversification de la montagne, dont la nécessité avait pourtant été particulièrement mise en avant par cette crise, n'auront représenté que 6,4 millions d'euros sur l'enveloppe totale de 268 milllions... Soit un segment qui, jusqu'ici en développement, affiche désormais une baisse de 20% par rapport à sa moyenne décennale.

D'ailleurs, 4 des 50 nouvelles installations prévues dans ce domaine ont occupé les deux tiers de l'enveloppe : il s'agit de la tyrolienne des Arcs, l'amélioration du golf de la Rosière et de l'Alpine Slag de Valberg, ainsi que le dispositif d'éclairage dédié à la glisse nocturne à la Clusaz.

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