CCI Lyon Saint-Etienne Roanne : la recette du retour à l'équilibre, anticipé dès 2022

Pour la première fois depuis très longtemps, la chambre consulaire devrait afficher un résultat d'exploitation 2022 à l'équilibre. Une bonne nouvelle que s'est réjoui d'annoncer son président réélu, Philippe Valentin, à l'occasion de la présentation du plan de match pour 2022. Cette nouvelle feuille de route doit consolider la lourde transformation engagée en 2021, tant sur le plan organisationnel que financier, et aboutir même à un modèle basé désormais sur un système d'abonnements proposé à ses entreprises "clientes".

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Après une réduction drastique de sa masse salariale et la remise à plat de ses rentrées d'argent en vue de développer une culture de services proposés aux entreprises, la CCI Lyon Saint-Etienne Roanne se tourne désormais vers une prochaine étape : le déploiement d'une offre d'abonnements visant à rendre l'offre plus lisible.
Après une réduction drastique de sa masse salariale et la remise à plat de ses rentrées d'argent en vue de développer une culture de services proposés aux entreprises, la CCI Lyon Saint-Etienne Roanne se tourne désormais vers une prochaine étape : le déploiement d'une offre d'abonnements visant à "rendre l'offre plus lisible". (Crédits : DR)

Philippe Valentin, le président de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne réélu à l'automne dernier, le mentionne fièrement mais prudemment, à l'occasion de la présentation de son plan de match pour 2022 : "pour la première fois depuis des décennies", la chambre consulaire devrait afficher en 2022 un résultat d'exploitation très proche de l'équilibre, avec un budget de l'ordre de 50 millions d'euros.

"Sans apport de dividendes, nous serons à l'équilibre structurel. C'est-à-dire que notre performance sera alignée sur nos ressources. C'est essentiel pour assurer notre pérennité pour les années à venir et nous permettre de réinvestir dans des projets structurants".

Baisse de la masse salariale et valorisation des actifs

En 2021, le résultat d'exploitation affichait pourtant un déficit de 15 millions d'euros. 15 millions qui devraient donc être complètement effacés sur le prochain exercice.

Comment ? Grâce d'une part à une réduction drastique de la masse salariale. Elle représentait plus de la moitié du budget de la CCI (soit 26 millions d'euros environ), elle a été abaissée de 6 millions d'euros dans le cadre d'une restructuration d'importance (100 départs environ) ramenant l'effectif actuel à 300 personnes.

Une réorganisation que Philippe Valentin qualifie de "douloureuse" mais "nécessaire" en raison de la chute de 75% en 5 ans des dotations de l'Etat. "Nous avons travaillé sur les frais fixes et les frais généraux également. Le travail n'est pas encore terminé mais nous sommes déjà bien engagés".

Rappelons que la bascule antérieure de la Maisons des Tissus avait déjà permis d'alléger le fardeau de la chambre de commerce et d'industrie d'1,7 million d'euros.

En parallèle, la CCI s'est concentrée sur un autre levier d'amélioration de son résultat d'exploitation : les rentrées d'argent. "Nous disposons d'un certain nombre d'actifs, c'est une chance. Nous avons investi, rénové pour remettre à la location. Cela représente un montant non négligeable de 1,5 million d'euros par an". A noter également la filialisation de l'activité formation professionnelle.

Mise sur pied d'une offre payante sur abonnement

Autre axe d'importance : la transformation profonde engagée par la CCI en 2021.

"La CCI n'est pas une entreprise", sourit Philippe Valentin, après un lapsus évoquant "l'entreprise" plutôt que l'institution, "mais elle est en passe d'en adopter la culture business. Notre ambition est aujourd'hui d'apporter une réponse à forte valeur ajoutée aux entreprises et aux collectivités locales".

Cette transformation profonde est qualifiée de virage "à 180 degrés" par le président mentionnant le passage d'une organisation en silo à une organisation tournée vers l'entreprise et ses besoins. "Désormais, les entreprises ne sont plus nos ressortissantes, mais nos clientes".

Une cellule commerciale et marketing a ainsi été mise en place, avec une équipe de 11 commerciaux déployés sur le terrain. Pour 2021, la CCI revendique ainsi quelque 9.000 interactions avec des "clients", une communication auprès de 700.000 contacts des 152.000 entreprises du territoire.

Prochaine étape : le déploiement d'une offre d'abonnements claire permettant de "simplifier l'interaction entre la CCI et les clients, de rendre l'offre plus lisible". L'enjeu délicat toutefois étant de placer le curseur au bon endroit entre les missions régaliennes de la CCI et les "plus", sans concurrencer de manière déloyale des acteurs économiques déjà positionnés (veille économique, formation etc).

Philippe Valentin se dit confiant sur le déploiement de ce nouveau modèle économique appuyé sur des abonnements, mais ne souhaite pas dévoiler trop tôt d'ambition chiffrée en matière de chiffre d'affaires.

Dans cette transformation, la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne compte mettre en avant son offre de proximité pour une "CCI plus visible, plus active au contact des entreprises", une offre emmenée par les trois patronnes des territoires : Myriam Bencharaa pour la délégation lyonnaise, Irène Breuil à Saint-Etienne et Véronique Madelrieux à Roanne.

Toutes trois ont été réélues en novembre dernier, derrière Philippe Valentin. Parmi leurs défis pour 2022 : la déclinaison d'un plan d'animation territorial sur un territoire dense, des actions en faveur de l'emploi et de la formation, et enfin l'enjeu de la ZFE pour la délégation lyonnaise ; l'accompagnement des entreprises vers l'industrie du futur, la transition numérique et le déploiement du design pour Saint-Etienne et enfin un investissement renforcé dans les filières stratégiques pour la délégation roannaise.

Deux projets phares : un campus de la sécurité et le déménagement de l'EmLyon

Cet équilibre financier retrouvé doit permettre à la CCI territoriale de s'engager, pour cette nouvelle mandature, dans deux projets structurants.

D'abord, la création d'un campus de la sécurité à Ecully. Un campus se voulant protéiforme en fédérant tous les aspects de la sécurité pour les entreprises : cybercriminalité, sécurité au travail, sécurité sanitaire etc. Une première annonce "d'implantation emblématique" devrait être faite dans les prochaines semaines.

"Je souhaite que ce projet prenne forme durant ce mandat", insiste ainsi Philippe Valentin. Et puis, autre projet d'envergure pour le territoire, la transformation d'emlyon Business School et son intégration dans le nouveau campus de Gerland (sur le site de l'ancienne usine Nexans)

En menant tous ces combats, Philippe Valentin et ses drôles de dames espèrent bien que leur travail gagnera en visibilité.  Et se traduira par une participation plus importante des électeurs aux prochaines élections. Car le taux de participation a été particulièrement faible lors des dernières échéances à l'automne dernier, malgré un budget de 225.000 euros (dont 50.000 euros pour la communication).

"Le taux de participation n'a vraiment pas été brillant, cela me désole. Je constate qu'il y a une déconnexion entre le travail que l'on mène (2.000 entreprises et 880 porteurs de projets accompagnés en 2021) et ce qu'en perçoivent les entreprises du territoire. Tout ce travail de transformation nous permettra, je l'espère, de mieux nous faire connaitre".

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Commentaire 1
à écrit le 26/01/2022 à 18:01
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Avec un taux de participation des entreprises de 5,17% aux dernières élections consulaires, on est en droit de se demander quelle est la légitimité de cette belle assemblée. Et pourtant la CCI avait mis les moyens puisqu'elle a dépensé un demi-mil...

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