CCI Lyon Saint-Etienne Roanne : Philippe Valentin, le visage de l'union CPME-Medef (et unique candidat)

Contrairement à d’autres territoires, peu de suspense en vue à l’occasion des prochaines élections consulaires à la CCI Lyon Saint-Etienne Roanne. Cette année encore, Medef et CPME ont choisi de poursuivre la tradition « d’union à la lyonnaise » en présentant un seul et même candidat, à la tête de la plus grande CCI métropolitaine de France, fusionnée en 2016. Il s’agira du président sortant, Philippe Valentin, un « homme de consensus », qui aura la charge de poursuivre la mutation de l’organe consulaire, engagé dans une transition vers un nouveau modèle économique, axé sur les services.

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Si Philippe Valentin devrait se retrouver seul en lice, son principal combat sera, comme pour d'autres CCI, celui de la participation. Car au cours des dernières années, le taux de participation n'avait pas décollé d'un plafond de 8 à 10%.
Si Philippe Valentin devrait se retrouver seul en lice, son principal combat sera, comme pour d'autres CCI, celui de la participation. Car au cours des dernières années, le taux de participation n'avait pas décollé d'un plafond de 8 à 10%. (Crédits : DR)

Un mandat après la fusion des chambres de Lyon Saint-Etienne Roanne en un seul et même organe, les organisations patronales se retrouvent à nouveau dans la cadre des élections consulaires, qui auront lieu du 27 octobre au 9 novembre prochains.

« C'est une tradition qui s'est constituée sur un socle d'intelligence réciproque, et qui veut qu'au lieu de se battre, le Medef et la CPME unissent leurs forces dans l'intérêt des entreprises. On a l'habitude de le faire à Lyon pour d'autres organes comme le tribunal de commerce ou encore la juridiction des Prud'hommes », explique François Turcas, l'actuel président de la CPME du Rhône.

Un accord également placé sous le signe de l'équilibre puisque, jusqu'ici, la présidence de la CCI territoriale était tenue par un représentant CPME, tandis que celle de la CCI régionale l'était par un acteur du Medef (Philippe Guérand). Même si, comme le souligne François Turcas, "l'idée n'est pas de trouver une étiquette, mais de rechercher ensemble la meilleure personne qui puisse représenter l'ensemble des chefs d'entreprises".

Et cette fois encore, c'est une liste ("Unis pour l'entreprise") et une candidature commune qu'elles ont choisi de présenter à la CCI métropolitaine, aux enjeux pourtant forts puisqu'il s'agit, de par son périmètre et son budget (50 millions d'euros, 118.000 adhérents) de « la plus grande CCI territoriale de France » (la CCI Ile-de-France étant considérée comme une CCI régionale, ndlr).

Une tradition d'union déjà engagée de longue date, et qui n'avait pas connu de revers ou presque : car même lors du départ précipité d'Emmanuel Imberton (déjà représentant CPME) pour « raisons personnelles » à la présidence de l'organe consulaire en 2019, c'est un candidat commun et « validé » par les associations patronales qui avait été désigné : Philippe Valentin. Et deux ans plus tard, le choix semble entériné puisque Medef et CPME viennent d'annoncer que ce serait en effet le président sortant, qui conduirait à nouveau leur liste commune en vue des prochaines élections consulaires.

Un seul candidat à la présidence

Avec, face à lui, un boulevard puisqu'aucune autre liste n'a été déposée, seule une poignée de candidatures individuelles à certaines suppléances seront à départager, à la marge, par les adhérents.

A 57 ans, Philippe Valentin pouvait justifier à la fois d'une expérience de chef d'entreprise à la tête d'une holding (Groupe Valentin) dans le domaine du bâtiment, après avoir occupé les fonctions de vice-président à la CPME du Rhône. Restait pour lui à passer de l'ombre à la lumière depuis de son intronisation à l'unanimité en septembre 2019, dans un contexte de profondes mutations de la CCI Lyon Saint-Etienne Roanne.

Car celle-ci faisait face, comme d'autres CCI, à des baisses de dotations drastiques de la part de l'Etat puisque leur budget, à l'échelle nationale, avait chuté de 1,4 milliards d'euros en 2012 à 500 millions d'euros en 2017. Avec une réduction, à l'échelle locale de la CCI Lyon saint-Etienne Roanne, de -75 % des ressources qui lui étaient apportées par l'Etat enregistrée au cours des dernières années.

Résultat : la CCI territoriale a acté, au cours de son dernier mandat, un plan de 100 départs depuis l'arrivée de Philippe Valentin, pour un effectif total désormais établi à 350 collaborateurs sur ses trois territoires. « C'était une démarche lourde, je n'avais jamais réalisé cela dans une telle volumétrie, mais c'était nécessaire. Nous avons mis un système de formation en place et une cellule psychologique », a ainsi justifié l'actuel président devant à la presse.

Vers la réinvention des chambres consulaires

L'homme est d'ailleurs salué, des deux côtés du patronat, pour son sens du « consensus » et du dialogue. « Philippe a su structurer derrière lui et a mouillé la chemise pour y arriver, dans une période difficile où l'Etat a ponctionné une large part des recettes fiscales et qu'il a également fallu gérer une situation critique sur le plan de la crise sanitaire », a estimé François Turcas, l'actuel président de la CPME.

De quoi lui faire dire que, lorsque cela est nécessaire, Philippe Valentin « est un homme de consensus et de dialogue, qui sait arrondir les angles mais être également un bulldozer lorsque cela est nécessaire ».

Tandis qu'au Medef Lyon-Rhône, son président Gilles Courteix, saluait une « transformation » et un « changement de modèle » de la chambre accomplies, malgré les contraintes budgétaires. Elu Medef à la CCI territoriale, Philippe Malaval, évoque lui aussi le rôle de Philippe Valentin comme « un homme de consensus, de dialogue et de volonté », « qui ne s'est pas contenté de bénéficier d'un travail de défrichage, mené par son prédécesseur et a su franchir un échelon supplémentaire ».

Pour Philippe Malaval, le plan de réduction des effectifs de la chambre « n'est en effet jamais une chose évidente, mais cela a été géré intelligemment, dans le respect des personnes, avec des équipes fantastiques qui ont su se mobiliser de manière exceptionnelle durant le Covid, même si certaines savaient qu'elles allaient ensuite devoir partir ».

Et le président sortant Philippe Valentin entend bien porter et poursuivre sur la même ligne, avec la notion de « réinvention » nécessaire des chambres consulaires, qui passe à la fois par une nouvelle philosophie de la structure, « se mettre au service de », mais aussi, par le développement d'une plus large gamme de services, destinés à rendre le fonctionnement et le budget de la CCI plus autonome.

En début d'année déjà, Philippe Valentin évoquait, dans une interview à La Tribune, sa volonté de faire raisonner l'organe consulaire désormais comme « une entreprise », en proposant des services et des prestations, partant désormais plus étroitement des besoins des entreprises.

Avec parmi ses projets, l'essentiel retour à l'équilibre de la CCI Lyon Saint-Etienne Roanne d'ici au « premier semestre 2023 », et nourrit par exemple de nouveaux projets comme l'installation d'un pôle d'excellence européen de la défense à Ecully, en lieu et place des anciens locaux de l'EmLyon qui demeurent propriété de la CCI.

Le combat du taux de participation

Si Philippe Valentin devrait se retrouver seul en lice, son principal combat sera, comme pour d'autres CCI, celui de la participation. Car au cours des dernières années, le taux de participation n'avait pas décollé de 8 à 10%, en moyenne...

« On vient de gagner la chambre des métiers et de l'artisanat alors que toutes les autres régions sont passées à l'U2P, je demande un retour de bienveillance », a évoqué François Turcas.

Car pour lui, les entrepreneurs lyonnais ne devront pas oublier, au moment du vote, les actions entreprises au cours des derniers mois en faveur du tissu économique. Une déclaration aux allures de mise en garde : « Il y a eu 40.000 entreprises qui ont eu à faire à la CCI et qui ont bénéficié de ses avantages durant cette criseIl serait bien de penser aussi à cela lorsqu'il sera venu le moment de voter ».

Pour Philippe Valentin également, l'enjeu sera le vote : « Voter, c'est une question d'éthique et le minimum qu'on puisse demander si vous êtes satisfaits de notre accompagnement », a-t-il affirmé devant la presse, à l'occasion du lancement de sa candidature.

De son côté, Philippe Malaval retient aussi un autre enseignement de cette période de crise, notamment à destination du gouvernement, "qui pouvait se demander jusqu'ici quel rôle pouvaient encore jouer les corps intermédiaires : de par l'accompagnement mené pour se mettre au service des entreprises, on a vu que le gouvernement a depuis légèrement freiné la baisse des dotations qui était envisagée au départ. Nous devons rester vigilants et démontrer notre utilité".

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Commentaire 1
à écrit le 26/10/2021 à 19:45
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La bonne tradition lyonnaise : on se partage les postes avec des petits arrangements entre amis. Rien ne bouge, chacun est content avec son titre de président d'opérette. La grande oubliée : l'entreprise et les entrepreneurs qui ne se sentent absolum...

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