Ces chiffres qui confirment que la reprise est bien là en Auvergne Rhône-Alpes (sauf celle des permis de construire)

CONJONCTURE. Après la révision à la hausse de la croissance française à 6,25% pour 2021, assortie de tensions toujours fortes sur le marché du recrutement, la reprise tant attendue semble néanmoins se traduire en actes en Auvergne Rhône-Alpes. Dans une région qui se distingue régulièrement pour son dynamisme économique sur le plan national, les derniers indicateurs confortent en effet la position de "premier de la classe" du tissu auralpin sur (presque) tous les fronts... même si la prudence reste toujours de mise.

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Les logements collectifs et résidences, souvent situés en métropoles et couronnes urbaines, sont à la fois ceux qui pèsent le plus dans le total régional (56%), mais aussi ceux dont les permis de construire ont le plus dévissé le plus au cours des douze derniers mois (- 13 %).
Les logements collectifs et résidences, souvent situés en métropoles et couronnes urbaines, sont à la fois ceux qui pèsent le plus dans le total régional (56%), mais aussi ceux dont les permis de construire ont le plus dévissé le plus au cours des douze derniers mois (- 13 %). (Crédits : DR)

« La croissance est forte, elle est solide, elle est dynamique. Nous réviserons donc la prévision de croissance pour 2021, de 6 à 6,25 %. Nous retrouverons en décembre 2021 le niveau d'activité d'avant-crise », affirmait le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, devant l'Assemblée nationale il y a quelques jours.

Alors que le Fonds monétaire international (FMI) a quant à lui décidé de rabaisser très légèrement ses propres prévisions, qui s'établiraient désormais à une croissance mondiale du PIB de +5,9% cette année (contre 6% anticipés cet été), qu'en est-il en Auvergne Rhône-Alpes, seconde région française en matière de PIB, et première région industrielle de l'Hexagone ?

Souvent habituée à occuper le haut des classements en matière de dynamisme économique, la région AuRA ne semble pas vouloir céder sa place en cette rentrée.

Ainsi, d'après le tout dernier tableau de conjoncture publié cette semaine par l'INSEE Auvergne Rhône-Alpes, et portant sur les derniers jeux de données du deuxième trimestre 2021, bonne nouvelle : la tendance est largement au vert à l'échelle régionale.

Et ce, sur un grand nombre d'indicateurs économiques : à commencer par l'emploi salarié, le nombre de créations d'entreprises, la reprise des mises en chantiers de la construction neuve, les autorisations à bâtir des logements individuels, ou encore le nombre de nuitées enregistrées dans le secteur de l'hôtellerie...

Avec, sur le terrain de l'activité économique pour commencer, un volume d'heures rémunérées qui se redresse et se rapproche du niveau d'avant-crise (+ 0,4 % en juin 2021 par rapport au même mois de 2019). « Seule l'activité de l'industrie demeure très légèrement en deçà du niveau d'avant-crise (entre - 4 % et - 1 %), tandis que le secteur de la construction garde un bon rythme (jusqu'à + 3 % en juin )», souligne ainsi l'INSEE.

Emploi : un retour à la normale en AuRA, sur fond de tensions de recrutements

Sur le terrain de l'emploi, où les tensions en matière de recrutements restent fortes à l'échelle régionale, un retour à la normale semble lui aussi se profiler depuis l'été.

D'un côté, l'emploi salarié global qui progresse de +1,3 % au deuxième trimestre 2021 par rapport à à la même période en 2019, porté avant tout par le secteur privé (+1,4%) qui affiche un meilleur score que le plan national (+0,9%), tandis que de l'autre, l'emploi public demeure dynamique également (+ 1,0 %).

« Il est cependant encore difficile d'évaluer si le terrain perdu le restera à la fin de la crise sanitaire ou de confirmer dans le temps un éventuel rebond de l'emploi », note l'INSEE, qui préfère à ce stade demeurer prudente.

D'ailleurs, tous les secteurs ne sont pas égaux : l'emploi industriel peine par exemple à retrouver son volume d'emploi d'avant-crise puisqu'en l'espace de deux ans, le nombre de salariés recule de -0,4 % dans la région, rapporte l'INSEE, même si ce repli est toutefois moins marqué qu'en France (- 1,1 %).

L'agroalimentaire (+ 4,7 %) et l'énergie (+ 2,4 %) ont repris des couleurs, sans oublier le secteur du bâtiment (+5,8%), alors que d'autres secteurs demeurent encore dans des situations plus délicates, comme la fabrication de matériel de transport (- 3,3 %).

Et ce, alors que d'un autre côté, les tensions en matière de recrutement s'avèrent toujours fortes du côté des employeurs : selon le dernier baromètre mensuel de la CCI Lyon Saint Etienne Roanne, publié lui aussi récemment, 62% des dirigeants interrogés affirment ainsi faire encore face à des difficultés à recruter, soit 5 points de plus qu'en juillet/août dernier. Et ce chiffre grimpe même à 91% des employeurs de l'industrie et 75% de ceux du transport.

Le redressement du tourisme et de l'emploi se confirment

Après des mois difficiles, l'autre bonne nouvelle provient des secteurs du tourisme, de l'hébergement et de la restauration, dont les niveaux d'activité s'avèrent désormais encourageants : alors que les volumes d'heures travaillées pour l'hébergement et la restauration avaient par exemple été réduits de -69% et -64% en avril dernier, il a commencé à se redresser (à - 20 % et - 10 %) dès le mois de juin.

Mais surtout, dès le début de l'été 2021, le secteur de la restauration en AuRA « devrait atteindre son niveau d'activité de juillet 2019, voire le dépasser franchement en Savoie, en Haute-Loire ainsi qu'en Ardèche. En revanche, dans le Rhône, le Puy-de-Dôme ainsi que dans l'Isère, la situation ne reviendrait pas à la normale », évoque l'INSEE, selon des données encore provisoires.

De quoi alimenter également un taux de chômage qui s'affiche légèrement meilleur que la moyenne française, puisqu'il atteignait 7,1% en Auvergne Rhône-Alpes au deuxième trimestre 2021 : soit 0,9 point de moins qu'au sein de l'Hexagone, et 0,2 points de moins que son propre niveau d'avant-crise, même si la « remontada » est progressive.

D'ailleurs, bien que le nombre de demandeurs d'emploi poursuit sa baisse (-3,5%) notamment chez les demandeurs de catégorie A (contre -1,3% au national), cette embellie n'est pas encore suffisante pour retrouver le niveau de 2019, puisque le volume de demandeurs d'emploi demeure supérieur de + 5,2% à celui du "monde d'avant" en AuRA.

« La crise sanitaire semble entraîner un ancrage plus long dans les processus de recherche d'emploi », relève l'INSEE, mettant en avant le fait que pour l'ensemble des catégories A, B et C, le volume d'inscrits s'avère stable mais en hausse de cinq points par rapport à 2019.

Des créations régionales plus uniquement portées par la microentreprise

Autres indicateurs encourageants : le nombre de créations d'entreprises régionales n'a pas faibli (+4,3%), alors que la moyenne française se situe seulement à +1,3%.

Une tendance qui se traduit très concrètement par 29.900 entreprises créées au sein de la région au deuxième trimestre 2021. « Soit un niveau à peine en deçà du record atteint fin 2020 », remarque l'INSEE.

On les retrouve notamment dans les domaines des services pour la moitié d'entre elles, mais aussi du commerce (28%), de la construction et l'industrie (10% chacun).

De quoi permettre aussi aux microentrepreneurs de ne plus remporter la palme (+1%) du nombre d'entreprises créées, puisque les créations d'entreprises dites « classiques » progressent désormais très nettement ce trimestre (+ 10,6 %), franchissant ainsi un seuil de 10.000 nouvelles créations, grâce aux secteurs des services et l'industrie.

D'un autre côté, le nombre de défaillances d'entreprises, scruté de près depuis plusieurs mois, demeure toujours globalement bon puisque, selon le dernier baromètre publié par le cabinet Altarès, il réduit pour l'instant encore de -20% au 3e trimestre 2021 par rapport à l'année précédente, en Auvergne-Rhône- Alpes. Même si l'on sait déjà que le Rhône et la Drôme sont plus proches de l'état d'alerte, puisque ces deux départements parviennent "plus difficilement" à stabiliser leurs niveaux de défaillances.

A ce titre, "le dernier trimestre 2021 sera déterminant pour de nombreuses entreprises", note Altarès, qui évoque le croisement des procédures de recouvrement forcé et les assignations n'ayant toujours pas repris, en AuRA comme ailleurs, ainsi que le démarrage des premières échéances de remboursement des PGE, attendues pour le printemps 2022.

Le bâtiment partagé entre la reprise des chantiers, et les autorisations qui tardent

Du côté de la construction neuve, les mises en chantiers en Auvergne Rhône-Alpes sont reparties à la hausse (+5,8%) au cours des douze derniers mois (juillet 2020- juin 2021), pour un total de 52.200 nouveaux logements dont les travaux ont été engagés.

Pour autant, « ce chiffre demeure bien en-dessous l'évolution constatée en France », note l'institut national de la statistique, qui évoquent la situation de plusieurs régions qui flirtent avec les +10 %.

En réalité, le tissu régional d'AuRA reste partagé entre des départements où le nombre de chantiers en phase de démarrage demeure très fort (supérieur à 15% comme dans la Loire, la Haute-Loire, l'Ain et l'Ardèche), et d'autres qui demeurent stables (Haute-Savoie, Drôme), tandis que seuls le Puy-de-Dôme et le Cantal sont dans le rouge.

Mais du côté des autorisations à bâtir cette fois, c'est une autre histoire : Auvergne Rhône-Alpes fait partie des mauvais élèves puisque, là où l'ensemble de l'Hexagone enregistre des volumes en progression de +5,3%, le tissu régional a quant à lui glissé de -2,7% en matière de projets de logements autorisés, par rapport à l'année précédente.

Au niveau départemental, les plus fortes chutes se retrouvent d'ailleurs en Haute-Savoie (- 19,1 %) et dans le Rhône (- 9,7 %) mais aussi plus précisément dans la typologie des logements eux-mêmes suscitant un permis de construire.

Les logements collectifs et résidences -pour la plupart situés en métropoles et couronnes urbaines-, sont à la fois ceux qui pèsent le plus dans le total régional (56%), mais aussi ceux dont les permis de construire ont le plus dévissé au cours des douze derniers mois (- 13 %).

Tandis que sur le plan des logements individuels, le nombre d'autorisations de construire a, à l'inverse, progressé très nettement (+ 14 %).

De quoi nourrir le constat que les Français (et les auralpins) semblent de plus en plus attirés par la maison individuelle, malgré des préoccupations environnementales qui se renforcent, et des projets de réglementations à venir qui veulent désormais se saisir de cet enjeu.

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Commentaire 1
à écrit le 16/10/2021 à 11:45
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Sur BFM business qui n'est pas une chaine de dangereux révolutionnaires a été dit "Heu... il va falloir que ceux qui possèdent des maisons baissent les prix car ça ne se vend plus." Me faisant penser que j'ai rencontré des gens qui ne vivaient plus q...

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