Evénementiel : le grand soulagement de GL Events, tête de pont d'une filière qui se relève

Alors que le salon international de la gastronomie (SIRHA) ouvre ses portes ce jeudi, son organisateur GL Events affiche les couleurs de la reprise. Car depuis début septembre, le géant lyonnais enchaîne les salons dans son fief de Lyon, mais aussi bien au-delà. Pour ce poids lourd de 4.500 salariés, tête de pont d’un large réseau de fournisseurs, la remontée permise par le pass sanitaire doit encore se confirmer sur la fin d’année. Mais déjà, la « confiance » et « l’envie » sont de mise.

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Le salon Global Industrie a donné le coup d'envoi d'une succession de salons au sein du fief lyonnais de GL Events, mais également au-delà, puisque le groupe lyonnais a déjà tenu de grands rendez-vous comme la Foire de Toulouse et de Strasbourg. Avec un dernier trimestre qui s'annonce décisif pour entériner la reprise du secteur événementiel, à l'issue de 18 mois de crise sanitaire.
Le salon Global Industrie a donné le coup d'envoi d'une succession de salons au sein du fief lyonnais de GL Events, mais également au-delà, puisque le groupe lyonnais a déjà tenu de grands rendez-vous comme la Foire de Toulouse et de Strasbourg. Avec un dernier trimestre qui s'annonce décisif pour entériner la reprise du secteur événementiel, à l'issue de 18 mois de crise sanitaire. (Crédits : DR)

« Le principal élément que l'on retient désormais, c'est que ça repart ». Pour Anne-Marie Baezner, directrice générale des sites lyonnais du groupe, la reprise en force des foires et salons professionnels en ce début de rentrée représente enfin le bout du tunnel, après de longs mois de crise sanitaire, où son industrie a été mise totalement à l'arrêt.

Pour la première fois deux son histoire, le groupe avait en effet enregistré son premier exercice de pertes (à hauteur de 74 millions d'euros en 2020), ainsi qu'un PGE de 164 millions d'euros pour conforter sa trésorerie. A ses côtés, toute la filière de l'événementiel avait sonné l'alerte rouge.

Mais depuis la mise en place du pass sanitaire en juillet dernier, le climat est à nouveau au beau fixe pour le groupe lyonnais, et à plus d'un titre :

En plus de permettre le retour des visiteurs dans les parcs d'expositions, l'instauration du pass sanitaire aura également permis de supprimer les jauges qui grevaient les comptes de ces grandes infrastructures, habituées à recevoir plusieurs dizaines de milliers de visiteurs.

Ces deux signaux positifs ont conduit le groupe Lyonnais à sortir l'ensemble de ses salariés du dispositif de chômage partiel engagé depuis mars 2020 -qui avait touché jusqu'à 70 % de ses collaborateurs-, et à recommencer à se projeter.

Avec face à lui, désormais le défi de la relance d'une programmation particulièrement dense en cette fin d'année, et ce, aux quatre coins de l'Hexagone : Foires de Toulouse et Strasbourg, salons Expobiogaz à Metz, Salons des Vins et de la Gastronomie à Biarritz et au Havre, Made In France - Première Vision à Paris, etc.

A Lyon comme ailleurs, une forte reprise des salons

A Lyon, fief du groupe, les dates se succèdent aussi à un rythme effréné, au parc des expositions d'Eurexpo, mais aussi sur d'autres lieux, comme la Cité internationale.

Avec, du côté des salons professionnels, une rentrée qui a été marquée par de grands rendez-vous, comme le salon Global Industrie dès le 6 septembre, suivi par le salon mondial de la gastronomie (Sirha) qui s'ouvre ce jeudi (jusqu'au 27 septembre), puis par le second plus important salon d'Eurexpo (Pollutec) (12 au 15 octobre)...

Du côté des manifestations grand public, Eurexpo accueillera aussi à nouveau le plus important salon consacré au cheval, Equita Lyon (27 au 31 octobre), suivi par celui de la voiture ancienne Epoq'Auto (5 au 7 novembre). Sans oublier ensuite le grand rendez-vous du véhicule industriel et urbain Solutrans (16 au 20 novembre), ou encore l'événement dédié à la performance énergétique, BePositive (14 au 16 décembre)...

Anne-Marie Baezner remarque qu'un nouveau salon, Construction Days, a même réussi à se faufiler entre les gouttes à Lyon, tandis qu'à l'échelle régionale, le Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand, annulé à la dernière minute l'an dernier, nourrit déjà de fortes ambitions :

« Cette année, le Sommet de l'élevage bénéficiera d'une conjonction de deux événements favorables, puisqu'il passera de trois à quatre jours, alors qu'un second hall de 10.000 m2 supplémentaire, financé par la Région ainsi qu'Auvergne Evénements, nous permettra d'accueillir davantage d'exposants ». De quoi permettre à GL Events de miser sur l'accueil de de 2.000 animaux, 1.500 exposants et autour de 100.000 visiteurs sur ce nouveau format cette année (contre 95.000 en 2019).

Un changement de paradigsme

Et même si l'on ne connaît pas encore les chiffres de fréquentation des premiers événements ayant ouvert la saison (le salon Global Industrie ainsi que le SIRHA, qui ouvrira ses portes cette semaine), Anne-Marie Baezner retient déjà le positif : « on sait déjà que la fréquentation a été au niveau attendu par les organisateurs ».

Soit, pour le salon Global Industrie, un format qui était attendu de 35.000 visiteurs contre 45.000 lors de la dernière édition. Tandis que du côté des foires grand public organisées par le groupe, les fréquentations s'avéreraient déjà, pour leur part, "supérieure" aux dernières éditions concernant notamment la Foire Européenne de Strasbourg et la Foire de Toulouse.

« Ce que l'on retient, c'est un changement de paradigme, car on a remarqué que les salons qui se tiennent après cette crise sanitaire ont fait preuve d'une très bonne qualité de visiteurs, par rapport aux attentes des exposants ». En d'autres mots, les intentions d'achats ainsi que les relations commerciales qui en découlent semblent en effet reparties à la hausse, après plusieurs mois de veille.

« C'est un peu la même chose d'après la crise de 2008 - 2009, où l'on a connu des salons avec moins d'exposants, mais où ceux qui étaient présents étaient très satisfaits car ils parvenaient à gagner des parts de marché, même en période de crise », souligne la directrice générale des sites lyonnais de GL Events.

Première étape : le retour de l'Europe

Autre enseignement, selon elle : le média salon n'est pas mort dans cette crise, bien au contraire. « Même si le digital et le webinaire ont été une bonne formule, notamment pour les congrès et conventions, on ne peut pas nier la force du présentiel pour un salon, car c'est tout simplement la vie, les rencontres, que l'on ne peut pas égaler ».

Preuve néanmoins de ce virage post-crise, GL Events remarque déjà que les visiteurs sont désormais beaucoup plus friands de badges et de solutions d'accès digitalisées. « Le recours aux applications mobiles a bondi, et le papier n'est aujourd'hui plus. On le voit également sur le salon du SIRHA, où l'ensemble de l'offre en matière de digitalisation s'est accrue et devient même portée par les exposants », note Anne-Marie Baezner.

Côté international, les délégations étrangères sont annoncées en baisse, en raison des restrictions qui continuent de peser sur certains pays. Même si, dans les faits, des événements comme le SIRHA ont permis d'attirer 22 pays à travers notamment son concours du Bocuse d'Or.

« Bien entendu, on se recentre sur l'Europe. Nous verrons comment les choses évoluent d'ici le Salon de la piscine (Piscine Global Europe) qui se déroulera l'an prochain (en novembre 2022, ndlr), et qui demeure notre salon au taux d'internationalisation le plus fort », glisse la directrice générale des sites lyonnais.

Autre grand rendez-vous pour GL Events : le salon Global Industrie de Paris, qui se tiendra quant à lui au printemps prochain.

Tout porte donc à croire que ce dernier trimestre 2021, ainsi que le printemps qui suivra, seront déterminants pour relancer la grande machine que représente GL Events pour l'écosystème régional et national.

Un écosystème qui se relève doucement

Même si le groupe lyonnais demeure discret sur les chiffres, il a déjà confirmé que « cette reprise va s'accélérer dans les semaines à venir », s'appuyant sur « une prévision d'activité très concentrée sur les derniers mois de l'année 2021 ».

Anne-Marie Baezner ajoute : « La confiance est revenue et ce n'est pas rien, car nous ne l'avions pas eue durant 18 mois. On constate également que l'envie est toujours là et que les tendances sont positives ».

Du côté de la filière, le principal syndicat des professionnels de l'événementiel, l'Unimev, confirme à La Tribune que le premier bilan enregistré, pour l'heure, au sein de la filière à l'échelle nationale, évoque 20% de défaillances d'entreprises à l'échelle nationale, principalement depuis le printemps 2021. Mais "sans les aides de l'Etat, cela aurait pu être pire, concède l'Unimev. Nos sondages et prévisions de fin d'année 2020 tablaient plutôt sur 40 à 50% de faillites à six mois".

Car après 18 mois d'inactivité pour l'ensemble des entreprises de la filière événementielle, une baisse de chiffre d'affaires de de 70 à 80% avait été observée sur l'exercice 2020 par rapport à 2019 (et presque de 100% entre mars 2020 et mars 2021).

Du côté de la filière lyonnaise, qui s'était regroupée au sein du collectif Event Again en marge de la crise sanitaire, ses représentants estiment que l'ensemble des entreprises sont toujours là, avec des difficultés cependant inédites concernant désormais ses recrutements, qui handicapent sa reprise :

"Les projets sont toujours là, mais nous rencontrons des problématiques de recrutement inattendues, que ce soit sur des métiers liés à l'hôtellerie-restauration, mais aussi au niveau des loueurs par exemple", souligne un membre de ce collectif lyonnais.

« Ce que l'on a vécu a été incroyable, mais aura eu le mérite de démontrer que notre filière est une véritable industrie, nécessaire à l'économie, et qui n'est pas uniquement composée de paillettes. Le point positif, c'est que cette crise a aujourd'hui révélé le côté incontournable de notre filière », estime toutefois Anne-Marie Baezner.

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