Comment les Vins de Savoie comptent mettre le paquet sur l’été

L'hiver a été difficile pour la filière des Vins de Savoie. Car la fermeture des restaurants et des remontées mécaniques aura paralysé le premier débouché des producteurs viticoles locaux : les stations de sports d’hiver. Et comme ces dernières, la filière viticole tente de rebondir sur le tourisme estival, afin de desserrer sa dépendance aux ventes hivernales. Avec à la clé, une campagne de communication inédite et une enveloppe de 300.000 euros.

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Nous ne pouvons pas jouer sur la quantité, notre salut ne passera que par la qualité, estime le directeur du Syndicat régional des Vins de Savoie qui compte, entre autres, sur la progression du segment du bio. Mais pas seulement.
"Nous ne pouvons pas jouer sur la quantité, notre salut ne passera que par la qualité", estime le directeur du Syndicat régional des Vins de Savoie qui compte, entre autres, sur la progression du segment du bio. Mais pas seulement. (Crédits : CIVS)

Ce sont 300.000 euros que l'AOC des Vins de Savoie s'apprête à mettre sur la table. Objectif : financer la plus grande campagne de communication que la filière viticole locale a jamais organisé.

Au bord des lacs comme en centre-ville, les dégustations seront partout en Savoie et en Haute-Savoie cet été, grâce à ce financement obtenu auprès de l'Union européenne, de la Région Auvergne Rhône-Alpes et du Conseil Savoie Mont Blanc.

Il faut dire que l'hiver dernier, les producteurs de l'AOC ont enregistré une perte moyenne de chiffre d'affaires de l'ordre de -30 à -35% sur cette période qui est pourtant la plus importante pour la filière, précise Alexis Martinod, le directeur du Syndicat régional des Vins de Savoie.

Car ces viticulteurs réalisent habituellement les deux tiers de leurs ventes sur l'hiver. C'est essentiellement la fermeture des restaurants en stations qui a coupé le robinet des ventes : « Certains commercialisent à 90% auprès des cafés-hôtels-restaurants (CHR), pour eux, ça a été très dur », souligne Alexis Martinod, qui rappelle également que le fort épisode de gel en mars dernier va faire chuter les récoltes cet automne.

La bonne nouvelle de 2020 aura cependant été la révélation du potentiel estival. L'afflux de touristes au bord des lacs et en montagne avait dopé l'activité des restaurants... et des viticulteurs. C'est donc sur cette nouvelle saison d'été 2021 que les Vins de Savoie comptent miser encore plus cette année, en vue de récupérer une partie du retard accumulé l'hiver dernier. Mais aussi pour s'ouvrir de nouvelles voies.

Une qualité à faire (re)connaître

Car au-delà de l'aspect purement quantitatif, c'est aussi l'image des vins locaux que la filière veut redorer. « Nous souffrons encore d'un a-priori auprès de touristes, et même du public local, qui remonte trente ans en arrière », regrette Alexis Martinod.

Cet a priori est celui qui prétendrait que les vins savoyards ne seraient pas bons. Pourtant, la filière a considérablement évolué, affirme le directeur du Syndicat régional des Vins de Savoie. « Quand on va sur des salons en France comme à l'étranger, la qualité de nos vins est saluée », martèle-t-il.

Nichés sur les coteaux des montagnes de Savoie et de Haute-Savoie, les Vins de Savoie pâtissent d'un manque de notoriété, lié au faible volume produit annuellement, de l'ordre de 115.000 hectolitres... soit trente fois moins que les Côtes du Rhône.

Et c'est d'ailleurs cette notoriété que la filière viticole locale entend bien renforcer, en appuyant sur la qualité amenée au fil des années :

« Nous resterons petits, nous ne ferons jamais des centaines de milliers d'hectolitres, pointe Alexis Martinod. Nous ne pouvons pas jouer sur la quantité, notre salut ne passera que par la qualité. »

Pour cela, la filière entend miser sur ses caractéristiques propres, à savoir la variété existante de cépages autochtones, comme jacquère et mondeuse. Mais aussi, la réintroduction de cépages anciens pour affirmer l'identité du vignoble savoyard.

Et la filière accompagne la tendance vers la production biologique. « Aujourd'hui, les jeunes ne s'installent qu'en bio », constate Alexis Martinod. Aujourd'hui, le bio représente ainsi 10% des surfaces cultivées et 12% des volumes en Vins de Savoie. Des chiffres qui ont doublé au cours des cinq dernières années.

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