Salons professionnels : après un premier « test » à Rennes, l'horizon de GL Events se dégage

Depuis quelques jours, la fin du tunnel se matérialise enfin pour le groupe GL Events. Et avec lui, l’ensemble du secteur événementiel, qui reprend peu à peu vie à compter de cette 3e phase de déconfinement. La tenue du premier salon professionnel post-Covid à Rennes, le CFIA, aura été l’occasion, pour le géant de l’événementiel lyonnais, de tester à grande échelle ses nouveaux protocoles en lien avec le pass sanitaire. Avec désormais, un ciel qui se veut « dégagé » pour sa quinzaine de salons professionnels à venir d’ici la fin de l’année.

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Alors que le secteur de l'événementiel entreprend une reprise encore progressive, la branche Exhibitions de GL Events envisage d'ores et déjà un retour de l'activité « à la normale » sur le terrain des salons professionnels « à compter de 2022 ».
Alors que le secteur de l'événementiel entreprend une reprise encore progressive, la branche Exhibitions de GL Events envisage d'ores et déjà un retour de l'activité « à la normale » sur le terrain des salons professionnels « à compter de 2022 ». (Crédits : DR/GL events)

C'est avec le sourire que Sébastien Gillet, directeur des salons professionnels au sein de la branche Exhibitions de GL Events, était en passe de clôturer son premier salon post-Covid, le CFIA, qui se tenait la semaine dernière à Rennes.

Un rendez-vous symbolique, et très attendu pour un événement dont l'édition 2020 n'avait finalement pas pu se tenir en pleine crise sanitaire. Autant dire que le groupe s'estime chanceux d'avoir pu conserver (voire replanifier) certains salons en juin, une période qui coïncide avec les dernières étapes de déconfinement annoncée par Emmanuel Macron sur le plan sanitaire.

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Car désormais, le protocole annoncé par le gouvernement prévoit deux cas de figure pour l'événementiel à ce jour : « Les salons qui accueillent moins de 1000 personnes par hall n'ont pas besoin de pass sanitaire, mais doivent continuer à respecter les gestes barrières, le port du masque, le gel hydroalcoolique, etc. Tandis que ceux qui se situe au-dessus de cette jauge de 1.000 visiteurs par hall sont soumis au pass sanitaire, qui requiert soit d'avoir reçu deux doses de vaccin depuis plus de 15 jours, soit de disposer d'un test PCR ou antigénique de moins de 48 heures », détaille Sébastien Gillet.

Alors que le nombre total de visiteurs ne doit cependant pas excéder 5.000 personnes par hall (ou 50% de la jauge normalement accueillie), tandis que ce seuil devrait ensuite être levé au 30 juin prochain, mais toujours, en respectant le pass sanitaire pour les événements de plus de 5.000 personnes par hall.

C'est donc avec une relative confiance que le directeur des salons professionnels de GL Events aborde la suite, et notamment la quinzaine de salons qui l'attend d'ici la fin de l'année. « Nous allons pouvoir commencer à revivre », glisse-t-il, même s'il reconnaît que ces jauges n'ont pas le même impact sur le modèle économique des événements, en fonction de la taille des équipements utilisés.

« Cela donne effectivement de grandes différences d'une région à l'autre, notamment lorsqu'on a le parc de Villepinte -qui dispose d'une surface d'exposition de 242 200 m2 pour 9 halls, ndlr- ». Reste que l'organisation d'un salon professionnel où près de 90% des visiteurs sont déjà pré-enregistrés, demeure plus simple à gérer, compte-tenu des contraintes sanitaires,  qu'une foire ou un événement grand public.

Le retour en présentiel attendu, même si l'hybride demeure

Le pari du groupe, qui a choisi de décaler une grande partie de ses événements des derniers mois à compter de la mai-juin semble donc avoir été payant, même si le second second semestre 2021 sera rempli d'autres défis, en matière de programmation.

« Nous pouvons nous attendre à connaître un embouteillage de salons sur entre septembre et décembre, ce qui représente à la fois un phénomène positif et négatif pour notre secteur, car les exposants ne pourront pas être présents partout, mais qui va aussi permettre de générer à nouveau de l'activité », reconnaît Sébastien Gillet.

Avec, comme point d'orgue pour la branche des salons professionnels de GL Events, le salon Global Industrie de Lyon, qui se tiendra à Eurexpo du 6 au 9 septembre 2021, suivi du salon Prod& pack du 16 au 18 novembre prochains.

Même si GL Events l'a déjà annoncé : le Global industrie, qui se pose habituellement comme le « plus grand salon industriel de France » avec ses ses 45.000 visiteurs et 2.500 exposants en 2019, se tiendra cette année encore en format « semi hybride ». Il n'empêche : mieux vaut commencer à retravailler et à générer de l'activité « à la fois pour le groupe et pour la filière », plutôt que d'être au point mort.

GL Events a donc choisi de voir le verre à moitié plein et s'attèle à tenter de surfer sur l'envie de rencontres humaines, post-confinement, pour tenir ses salons dans les meilleures conditions possibles. « Déjà nous sommes rassurés, car les salons ne sont pas mort. On constate que les gens en ont toujours envie et besoin, que ce soit du côté des visiteurs ou des exposants », résume le directeur des salons professionnels de GL Events.

Le coût des mesures sanitaires additionnelles

Même si dans cette ère post-pandémie, le nombre de déplacements deviendra peut-être plus limité, le géant de l'événementiel ne s'en formalise pas et mise déjà sur un format hybride, qui peut avoir ses avantages :

« Sur un salon comme Global Industrie, nous étions sur une moyenne de 40.000 visiteurs, là où un événement hybride peut, de fait, nous amener une fréquentation largement supérieure allant jusqu'à 200.000 participants », détaille-t-il.

Soit un gain de visibilité pour le salon, ainsi que pour ses exposants, mais aussi une manière d'inciter de nouvelles entreprises à se rendre physiquement sur le salon l'année suivante.

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Bien que le modèle du digital demeure principalement axé, d'un côté sur une forme de gratuité pour ses participants, et de l'autre, sur une légère réévaluation des tarifs exposants, qui bénéficient en contrepartie d'une visibilité additionnelle, l'essentiel n'est pas là pour le groupe : « Il nous fallait commencer par reprendre l'activité d'une manière ou d'une autre, tester nos protocoles, etc », reprend Sébastien Gillet.

Car si le déconfinement de 2021 ne ressemble pas tout à fait à celui de 2020, avec l'instauration de son pass sanitaire et de la vaccination, il contraint tout de même les acteurs de l'événementiel à revoir une nouvelle fois leurs plans, pour d'ultimes adaptations.

« Tout dépend des sites : ainsi, à Rennes, la gestion Covid est plus complexe car il faut pouvoir équiper 4 entrées différentes au sein du même parc Expo, ce qui multiplie les enjeux et les coûts, alors qu'à Eurexpo par exemple, on est sur de plus grands halls, mais avec une seule entrée à gérer ».

Résultat ? Les postes de coûts, comprenant le dispositif de contrôle des pass sanitaires, de même que l'achat de gels et masques, le nettoyage de espaces communs plusieurs fois par jour, la mise sur pied de brigades « anti-covid » qui sillonnent le salon, peuvent rapidement faire flamber la facture.

« Cela représente jusqu'à 80.000 à 100.000 euros supplémentaires en fonction de la taille et de la manière dont le site est constitué, avec un ou plusieurs halls, entrées, etc , ce qui n'est pas neutre ».

Au CFIA, GL Events a par exemple choisi de mettre sur pied un stand de test rapide, en partenariat avec l'antenne régionale de l'ARS, afin de faciliter les démarches de ses visiteurs.

Une reprise progressive, et des objectifs pour 2022

D'autant plus que ces évolutions s'ajoutent parfois à d'autres dispositifs déjà additionnels en matière de sécurité : « Avant, on arrivait à l'entrée d'un salon et l'on n'avait qu'à biper son badge. Aujourd'hui, on a tendance à avoir un premier filtre avec le Plan Vigipirate, puis un second filtre avec l'aspect sanitaire, et enfin le contrôle des billets », note Sébastien Gillet, qui se résout à développer de nouvelles habitudes.

Il confirme cependant que cela n'aura pas entamé la détermination des visiteurs et des exposants de ce dernier salon à Rennes à se déplacer :

« Nous accueillons habituellement 22.000 visiteurs au CFIA et selon toute logique, nous serons plutôt sur une cible de 15.000 cette année. Mais cela nous a permis de tester et valider nos protocoles, de faire revenir la confiance, etc. Sans compter que du côté des retombées économiques indirectes, nous avons contribué à faire revenir les gens dans les hôtels : il n'y avait plus une chambre de disponible à 50 km à la ronde...».

Alors que le secteur de l'événementiel entreprend une reprise encore progressive, la branche Exhibitions de GL Events envisage d'ores et déjà un retour de l'activité « à la normale » sur le terrain des salons professionnels « à compter de 2022 », et prévoit des perspectives encourageantes d'ici la fin d'année sur son segment, qui devrait lui permettre d'assurer 80% du volume habituel, si les conditions sanitaires se maintiennent au niveau actuel.

Pour l'heure, la confiance est de mise puisque 90% de ces salons professionnels se tiennent habituellement en France. De quoi limiter les turbulences des voyages internationaux, contrairement à d'autres grands salons et événements, qui demeurent à ce jour dans l'incertitude concernant les conditions de reprise des voyages moyens et longs courriers. Et de décisions internationales attendues, telles que celles des JO de Tokyo, toujours reprogrammés officiellement en juillet prochain.

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