Emploi : AuRA renoue avec de fortes prévisions d’embauche, juste derrière l’Ile-de-France

DECRYPTAGE. Alors que la crise sanitaire a fortement impacté le marché du travail, y compris en Auvergne Rhône-Alpes -où le taux de chômage demeure juste au-dessous de la barre des 8%-, les dernières prévisions d'embauches recensées par Pôle Emploi semblent encourageantes. Bien que légèrement inférieur à son niveau d'avant-crise, le nombre de recrutements envisagés place toujours AuRA en bonne place sur l'échiquier national.

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En Auvergne Rhône-Alpes, les entreprises régionales prévoient de recruter près de 324.000 personnes sur l'année à venir, soit un nombre en léger retrait par rapport à l'édition précédente menée avant la crise (-3,7%), mais qui conforte la seconde place de la région, juste après l'Ile-de-France, en termes de volume.
En Auvergne Rhône-Alpes, les entreprises régionales prévoient de recruter près de 324.000 personnes sur l'année à venir, soit un nombre en léger retrait par rapport à l'édition précédente menée avant la crise (-3,7%), mais qui conforte la seconde place de la région, juste après l'Ile-de-France, en termes de volume. (Crédits : DR)

En dépit de la pandémie, les entreprises recrutent. Tel était le message qu'a voulu faire passer l'antenne régionale de Pôle emploi, lors de la publication de sa dernière enquête annuelle Besoins en Main d'œuvre (BMO), qui prend une résonance toute particulière sur l'année 2020.

Car malgré cette année marquée par la crise sanitaire et son impact sur le marché du travail, les entreprises continuent de recruter. Après avoir enregistré un taux de chômage atteignant 7% fin 2020 -selon les derniers chiffres comptabilisés par l'INSEE-, l'institut de statistiques affirmait lui-même qu'Auvergne Rhône-Alpes faisait partie « des quatre régions qui conservent un taux de chômage encore sous la barre des 8 % ». Avec, dès le troisième trimestre 2020, un retour de l'emploi salarié dans le vert (+1,7%) ainsi que des marqueurs de l'emploi intérimaire en plein boom (+ 21,5 %).

Et selon la dernière enquête des Besoins en Main d'œuvre (BMO) menée chaque année par Pôle Emploi, la tendance régionale est également à la relance de l'activité puisque ce sont près de 324.000 projets de recrutements qui sont envisagés sur l'année à venir par les entreprises auralpines.

Un score qui place AuRA en léger retrait par rapport aux intentions enregistrées lors de l'édition de 2019 menée avant la crise (-3,7%) même si elle demeure, avec l'Ile-de-France, parmi les régions qui envisagent de recruter le plus.

"Nous avons préféré comparer les chiffres actuels avec l'édition 2019, car l'exercice 2020 a été inédit et particulièrement bouleversée par la pandémie", observe Vincent Giquet, responsable du service statistiques à Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes.

Car début 2020, la précédente enquête tablait sur une croissance du nombre de recrutements par rapport à 2019 qui n'aura finalement jamais vu le jour en raison de la pandémie. "À la lecture des statistiques, nous sommes agréablement surpris du volume d'intention d'embauche car nous pouvions craindre un effondrement du nombre de déclarations, compte-tenu de la crise sanitaire actuelle. Même si ce baromètre ne traduit que les intentions de recrutements formulées à un instant T, cela représente toutefois un climat assez positif", note Vincent Giquet.

Des recrutements toujours jugés "difficiles" à réaliser

Mais selon les chiffres de cette nouvelle enquête, récoltés auprès des entreprises lors du 4e trimestre 2020 en prévision de l'année à venir, le climat était plutôt à l'espoir d'une reprise en 2021. Près d'un quart des sociétés auralpines interrogées envisageraient en effet de recruter (26%).

Alors que les effets de la crise sanitaire ont cependant démontré des effets variés en fonction des secteurs d'activités ciblés, c'est la même chose du côté des secteurs qui recrutent, où l'on note encore de grands écarts.

Avec, en tête des intentions d'embauche, des domaines comme l'agriculture et l'industrie agro-alimentaire (14%), le support aux entreprises (13%), l'hébergement et la restauration (12%), la santé et l'action sociale (12%) ou encore commerce (12%). Et ceux, au contraire, qui demeurent un peu plus prudents, comme la construction (8%) ou de l'industrie (7%).

Mais comme précédemment avant la pandémie, les employeurs auralpins s'attendent toujours à connaître des difficultés à pouvoir leurs offres, malgré un vivier de demandeurs d'emplois qui s'est gonflé durant la crise sanitaire.

Selon les chiffres de Pôle Emploi, on dénombrait en effet 675.800 inscrits au sein des catégories A, B et C en mars dernier, soit une hausse de +0,9% sur un trimestre et de +6,7% au niveau régional sur une année.

Du côté des secteurs qui semblent les plus en tension, on retrouve la construction, suivi de la santé et l'action sociale, ainsi du transport et la logistique, où les projets de recrutement sont anticipés comme « difficiles » par les recruteurs régionaux, sur une proportion des offres allant de 70% à 51%.

D'autres secteurs talonnent toutefois ce top 3, avec notamment l'industrie (49%), le support aux entreprises (49%) et l'hôtellerie et la restauration (40%), qui anticipent eux aussi des difficultés à pouvoir les postes à venir en 2021.

Avec désormais comme freins clairement identifiés, outre le manque numéraire de candidats, des enjeux comme « le manque de qualification et des problèmes de savoir-être » soulevés par les entreprises. "Cette perception ne semble pas avoir évolué avec la crise actuelle", confirme Vincent Giquet, qui note toutefois que le nombre global de recrutements jugés difficiles est en baisse de -8% en AuRA comparé à 2019.

Un volume d'offre toujours tiré par les principales agglomérations

En termes de bassins d'emplois, ce sont sans surprise les principales agglomérations de la région qui tireront l'activité en 2021, à savoir Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Annecy, Chambéry, Saint-Etienne et Valence, en concentrant à nouveau la part la plus importante des intentions de recrutement.

Dans une région fortement marquée par le tourisme, l'emploi saisonnier se posera cette année encore, comme un marqueur de taille, puisqu'il représentera 34% des offres émises, notamment à destination de certains territoires touristiques, agricoles voire industriels, comme les vallées de la Tarentaise ou de l'Arve, la région de Villefranche, ou encore la Drôme, l'Ardèche.

Avec, globalement un top 5 des emplois les plus recherchés (tous types de contrats confondus) au niveau régional qui se décline comme suit : viennent d'abord les offres adressées aux viticulteurs et aboriculteurs pour renforcer les effectifs de l'agriculture (25.570 postes, dont 96% en emplois saisonniers), suivis des serveurs nécessaires à la réouverture des cafés et restaurants (11.900), puis des professionnels de l'animation socioculturelle (11.300), des aides-soignants (10.590) toujours très demandés en cette période de crise sanitaire, ou encore des aides et apprentis de cuisine (10.500) pour relancer les services de restauration.

La stratégie de Pôle Emploi pour l'année à venir

Dans ce contexte, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes a affirmé qu'il allait « intensifier » sa mobilisation pour rapprocher entreprises et demandeurs d'emploi. Sur fond de plan de relance et de plan d'investissement dans les compétences, les équipes de Pôle emploi souhaitent encore réduire l'écart entre offres et demandes d'emploi dans la région. Dans toute la région, ce sont ainsi près de 737 conseillers qui interviennent au quotidien auprès des entreprises

« Dans le même temps, le plan de relance est marqué par une montée en charge des dispositifs d'insertion pour aider les plus fragiles face à la crise », précise l'antenne régionale de Pôle Emploi, qui cite en exemple le dispositif  #1jeune1solution qui serait accompagné, en Auvergne Rhône-Alpes, d'un dispositif de 2.000 Emplois francs et 3.021 Contrat Initiative Emploi (CIE jeunes).

L'antenne régionale mise également en parallèle sur une meilleure adaptation des compétences disponibles aux besoins des employeurs, avec le Plan d'Investissement dans les Compétences 2019-2022 que Pôle Emploi coordonne lui-même en AuRA aux côtés de l'Etat, en lieu et place de la Région.

Objectif : « permettre aux publics les plus éloignés de l'emploi, inscrits ou non à Pôle emploi, d'intégrer des parcours de formations qualifiantes et certifiantes, répondant aux besoins en compétences des entreprises. »

A l'échelle de la région, ce plan a permis, au cours du 1er semestre 2021, de programmer 1.420 parcours à destination de demandeurs d'emploi peu ou pas qualifiés, en vue de répondre aux besoins en main d'œuvre de 13 domaines d'excellence identifiés dans la région. Avec, parmi eux, l'industrie du futur, la plasturgie, l'aéronautique, le BTP ou encore l'agriculture, le numérique, les mobilités, le sport et montagne, ou les métiers de bouche.

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