Relance : le plan de Saint-Etienne Métropole pour accélérer la relance de ses communes

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Au-delà de la relance par la commande publique de ses communes, Saint-Etienne métropole a préparé un plan à 320 millions d'euros. (Crédit photo : Saint-Etienne Métropole)
Au-delà de la relance par la commande publique de ses communes, Saint-Etienne métropole a préparé un plan à 320 millions d'euros. (Crédit photo : Saint-Etienne Métropole) (Crédits : DR)
Saint-Etienne Métropole débloque une enveloppe de 70 millions d'euros, sur trois ans, pour booster la commande publique de ses communes. Un effet levier de quatre à cinq fois ce montant est attendu pour accompagner les entreprises du BTP vers le rebond d'ici 2023.

L'enveloppe avait été annoncée dès le mois de juin 2020, elle est désormais débloquée. 70 millions d'euros, en plus du budget habituel, sont ainsi mis à disposition des communes membres de la métropole pour soutenir et accélérer leurs projets d'équipements et d'infrastructures publiques.

"Nous espérons un effet levier de quatre à cinq fois notre abondement, et ce dans un calendrier resserré car nous voulons impulser une reprise franche. Ce fonds de concours est donc mobilisable d'ici à fin 2023", signale Gaël Perdriau, maire (LR) de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole.

"Nous savons que la commande publique représente près de 70% de l'activité de nos entreprises locales du secteur du BTP. Cette enveloppe aura donc un impact très concret sur la reprise économique tout en permettant d'améliorer les équipements publics au bénéfice de nos citoyens", insiste le président de Saint-Etienne Métropole, soulignant au passage que cette enveloppe est possible en raison "de la bonne gestion des finances les années précédentes".

Un investissement à mettre en regard avec le budget primitif 2021 de SEM voté ce jeudi 25 mars et établi à 379,17 millions d'euros, dont 127 pour les dépenses d'investissement. En 2020, ce budget s'établissait à 347 millions d'euros dont 112,7 millions pour les dépenses d'investissement.

Des projets d'équipements en premier lieu

Dans le détail, l'essentiel de cette enveloppe destinée à la relance par la commande publique des communes, sera consacré aux projets d'équipement (53 millions d'euros). Les 53 communes pourront y recourir, à hauteur maximale de 3 millions d'euros chacune.

Le montant de l'apport de la Métropole ne pourra néanmoins dépasser la part de financement assuré, hors subvention, par la commune elle-même. En parallèle, l'enveloppe voirie des communes se voit abondée à hauteur de 10 millions d'euros supplémentaire pour 2021/2022/2023, avec la règle suivante : celles bénéficiant habituellement d'un budget voirie annuel de moins de 80.000 euros bénéficieront d'un doublement de la mise. Pour les autres, le budget sera augmenté de 50%.

Enfin, dernier tiroir de cette action commando sur la relance publique : sept millions seront consacrés à des travaux sur 134 ouvrages d'art situés sur le territoire de Saint-Etienne Métropole.

Vigilance et contreparties

" Grâce à cet effort de la métropole, ce sont 70 millions d'euros qui iront directement à nos entreprises du BTP", poursuit l'édile, reconnaissant néanmoins que les contraintes réglementaires des marchés publics ne permettent pas de cibler précisément les entreprises bénéficiaires de ces commandes.

"Chaque commune restera cependant maître d'ouvrage de ses chantiers. Chaque maire devra être vigilant sur ces points afin que notre tissu économique profite au maximum des retombées de ces commandes publiques".

Gaël Perdriau s'est également engagé à ce que "chaque projet fera l'objet d'une délibération de SEM, nous nous assurerons que le meilleur est demandé, notamment en matière de développement durable par exemple. Et sur ce point, on sait que nos entreprises locales seront bien positionnées. Les marchés devront également respecter les clauses d'insertion définies".

Sollicitée pour réagir à l'impact de ce plan de relance sur la filière locale, la Fédération du BTP n'a pas donné suite.

D'autres volets de la relance à venir

Au-delà de la relance par la commande publique de ses communes, Saint-Etienne métropole a préparé un plan à 320 millions d'euros.

Dans le panier : 170 millions pour soutenir les politiques prioritaires de SEM (20 millions chacune pour la cohésion sociale, la rénovation urbaine, la transition énergétique, ainsi que pour l'enseignement supérieur d'une part et le soutien à l'innovation d'autre part), et 150 millions en garantie d'emprunt offerte aux communes du territoire pour augmenter leurs capacités de financement et ainsi continuer d'investir dans la relance. Ces enveloppes seront débloquées "prochainement".

"Nous attendons le nouveau Contrat de Plan Etat-Région afin de ne pas doublonner", explique le président de la métropole stéphanoise.

Au-delà de ses capacités propres, SEM espère bénéficier d'un soutien national dans sa démarche territoriale de relance.

Sur ce point, Gaël Perdriau explique avoir pu échanger favorablement avec le président de la Région Laurent Wauquiez, dans le cadre de l'élaboration du futur contrat de plan Etat-Région (CPER) mais ne pas avoir de visibilité sur les intentions de l'Etat.

A ce stade donc, pas d'accord de relance territoriale en cours de négociation contrairement à la Métropole lyonnaise qui a dévoilé en début de semaine un accord de relance territorial de 216 millions d'euros signé avec l'Etat.

Lire aussi : Relance : un accord finalement conclu entre la Métropole de Lyon et l'Etat

Mais, explique Gaël Perdriau, une réunion est programmée ce 29 mars avec les services de l'Etat. "Peut-être que ce sujet sera à l'ordre du jour. Il faudra que ce soit de l'investissement réel, pas de l'argent recyclé", tacle-t-il. Ces accords territoriaux font suite à une circulaire de Jean Castex, relative à une mise en œuvre territorialisée du plan de relance, au-delà de la conclusion obligatoire d'accords régionaux.

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