France Relance : les 23 projets lauréats en Auvergne Rhône-Alpes

Alors que le ministre de l’économie Bruno Le Maire et la ministre déléguée à l’industrie Agnès Pannier-Runacher, tiraient hier un premier bilan des dossiers lauréats du fonds de soutien à la modernisation et à la diversification des filières automobile et aéronautique, la région Auvergne Rhône-Alpes tire son épingle du jeu. Sur les 110 projets retenus, on dénombre ainsi 23 dossiers issus de la région AuRA, en grande majorité issus de la vallée de l’Arve, berceau du décolletage.

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(Crédits : Reuters)

Les noms des 110 premiers projets lauréats des deux fonds à modernisation et à la diversification des filières automobile et aéronautique sont désormais connus. A raison d'une répartition équilibrée (avec 55 projets dans l'aéronautique et 55 dans l'automobile), ces entreprises récolteront une enveloppe de plus de 88 millions d'euros de la part de l'Etat, pour un investissement productif de plus de 190 millions d'euros au total.

Et notre territoire absorbera une partie de ces investissements, puisque sur 110 projets retenus, 23 provenaient d'Auvergne Rhône-Alpes (dont 11 pour le secteur aéronautique et 12 pour l'automobile). Elles recevront ainsi un soutien de 15 millions d'euros au titre des deux fonds, ce qui représentera, au total, grâce aux investissements productifs réalisés, un effet levier de 31 millions d'euros.

Il faut dire que la région AuRA se taillait jusqu'ici une place de choix sur l'échiquier national dans le domaine industriel, puisqu'elle compte près de 550 sous-traitants de l'aéronautique, de rang 1 et 2, qui génèrent ainsi près de 30.000 emplois et 3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. La tendance n'est pas passée inaperçue du côté de l'entourage de la ministre Agnès Pannier-Runacher, qui confirme que "les premiers chiffres dénotent un certain dynamisme des industriels régionaux en AuRA", et ne cachait pas que d'autres dossiers régionaux puissent se dégager, lors de la seconde vague d'étude des dossiers encore sur la table.

La Haute-Savoie, fortement touchée et soutenue

Le département de la Haute-Savoie, connu pour la densité de son tissu de PME industrielles sous-traitantes pour la filière aéronautique et automobile au sein de la vallée de l'Arve, tire sans conteste son épingle du jeu, en regroupant à lui seul près de 12 projets d'investissements. Considérée comme le royaume du décolletage -un procédé de fabrication qui consiste à fabriquer des pièces de faible diamètre en les usinant directement les unes à la suite des autres-, c'était aussi l'un des territoires les plus touchés par les baisses de commandes et d'activités, provoquées par le ralentissement des activités des grands donneurs d'ordres suite à la crise sanitaire.

Avec, par exemple, l'entreprise SIS Industrie, créée en 1957, qui se spécialise dans l'usinage des aciers inoxydables pour le marché principal de l'aéronautique. Elle souhaite désormais, à travers son projet DCE, moderniser son outil de production avec l'acquisition d'un centre d'usinage robotisé, d'un équipement de mesure 3D et d'un logiciel de pilotage de production qui devraient lui permettre de se positionner sur de nouveaux marchés, tels que le ferroviaire, le sport de montagne ou encore les équipements sanitaires.

Même ambition pour la PME Haut-Savoyarde Arcom industrie qui, habituellement spécialisée dans la fabrication de composants thermiques et électriques pour les moteurs dédiés à l'industrie automobile, veut acquérir de nouveaux équipements d'écroux et vis à bille pour se développer sur le secteur médical.

Des relocalisations et modernisations projetées

Autre fait notable, l'enjeu de la relocalisation, qui est directement présent dans 5 des 23 projets présentés. A l'image de la PME ligérienne Loire Etude, qui fabrique des outils de mise en forme des matériaux pour réduire le poids de différents véhicules (automobile, aéronautique, poids lourds, etc). A travers les aides apportées par le fonds de modernisation, elle souhaite ainsi automatiser une activité d'usinage en pièces unitaires, qui lui permettra de réinternaliser une activité, jusqu'ici réalisée en Roumanie depuis 2005.

Même chose pour le Rhôndanien Sunaero, leader mondial de la détection des fuites, au moyen d'un gaz traceur, dont les technologies visent à réduire le temps d'immobilisation des hélicoptères et avions. La PME vise à créer un atelier de réparation innovant, intégrant une approche du numérique à travers le développement de nouvelles technologies sur son site de Genas (69), en vue de combler « la quasi absence de prestataires français » dans ce domaine et de « limiter le monopole de certains acteurs étrangers ».

Si la plupart des projets présentés à l'échelle du territoire intègrent des composantes d'innovation, ils pourront également permettre, pour certaines d'entre eux, de moderniser voire de décarbonner l'industrie. C'est par exemple le cas du projet porté par le fabricant de fours industriels ECM technologies, qui vise à concevoir et commercialiser, d'ici fin 2021, un four de cémentation basse pression nouvelle génération afin de se substituer aux technologies existantes. Avec, à la clé, une réduction des émissions de CO2 de 80%, ainsi qu'une réduction de la consommation énergétique tout en générant jusqu'à 15 emplois directs.

Preciforge, une PME auvergnate qui conçoit des pièces forgées pour le secteur automobile, prévoit quant à elle de moderniser sa ligne de traitement thermique pour répondre aux nouvelles exigences du marché des véhicules hybrides notamment. Un projet qui doit lui permettre de réduire son empreinte carbone (performance non précisée) ainsi que de maintenir l'activité de deux lignes de production employant 10 personnes, qui pourrait aller jusqu'à créer 3 emplois.

Deux filières particulièrement impactées

Ces deux fonds de soutien destinés aux filières automobile et aéronautique visent ainsi à accompagner les acteurs à « diversifier leur activité, de moderniser et automatiser leurs procédés de fabrication ou encore de développer de nouveaux procédés en France ».

Au total, l'Etat avait annoncé une dotation de 600 millions d'euros sur trois ans pour la filière automobile, ainsi que de 300 millions d'euros sur la même période pour la filière aéronautique. Les candidatures demeurent par ailleurs ouvertes jusqu'au 17 novembre prochain. Pour l'heure, plus de 760 projets ont été reçus suite à la publication de l'Appel à Manifestation d'Intérêt lancé le 23 juin dernier, pour le premier, contre plus de 1.000 dossiers pour le second.

Outre leur enjeu stratégique pour l'économie française, les filières automobile et aéronautique représentent également deux poids lourds en matière d'emploi, puisqu'elles regroupent près de 400.000 et 300.000 salariés à l'échelle nationale. Elles ont, comme le rappelle le gouvernement français, été particulièrement impactées par la crise sanitaire, compte-tenu de la forte baisse du marché automobile en Europe et du coup d'arrêt massif et brutal porté au transport aérien.

« L'un des enjeux de la relance de ces secteurs réside dans le maintien de la faculté des entreprises à fabriquer les prochaines générations d'aéronefs et de véhicules électriques, hybrides et à hydrogène », ajoute le ministère de l'économie et des finances.

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Retrouvez ici les noms des 23 PME retenues en région AuRA :

Avec, en Haute-Savoie (Clufix, DVF Decolletage, Bonioni, Arcom Industrie, Bontaz, Roch mécanique de précision, Sunap SAS, SIS Industrie, MGB SA (2 projets), le Créneau industriel, Decoral), en Isère (ECM Technologies, Poral, FSPone), dans la Loire (Saint-Etienne Automotive Components, Loire Etude, Tivoly), dans le Rhône (TDS, Sunaero), en Ardèche (Manufacture Fichet SAS), dans l'Ain (Duqueine), et le Puy-de-Dôme (Preciforge).

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