Mobilité : Grenoble déploie les trottinettes et vélos électriques de Tier et Pony

La métropole grenobloise poursuit son offensive envers les modes de transport doux. Quelques jours seulement après le second tour des municipales, Grenoble Alpes Métropole vient de donner le coup d’envoi d’un nouveau réseau de trottinettes et vélos à assistance électrique, en partenariat avec les deux opérateurs privés de free-floating, le berlinois Tier Mobility et l’angevin Pony. Avec une cible : lancer 500 véhicules de chaque modèle cet été, pour doubler ce nombre à moyen terme.

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Avec ses vélos cargo, la société de free-floating Pony, originaire d'Angers, compte bien conquérir les rues de Grenoble aux côtés de l'opérateur de trottinettes, Tier Mobility.
Avec ses vélos cargo, la société de free-floating Pony, originaire d'Angers, compte bien conquérir les rues de Grenoble aux côtés de l'opérateur de trottinettes, Tier Mobility. (Crédits : DR)

Depuis le samedi 4 juillet, des trottinettes électriques opérées par Tier Mobility sillonnent les rues de Grenoble, à l'image de Lyon. Ces appareils seront rejoints, d'ici la fin août, par des vélos à assistance électrique deux places de l'opérateur Pony. Avec, aux commandes, la métropole grenobloise, à travers son appel à manifestations d'intérêts, lancé fin 2019.  Avec une double ambition : limiter le recours à la voiture, en apportant "une nouvelle brique de mobilité".

Ces véhicules seront mis à disposition des usagers par le biais d'une application mobile, et pourront être empruntés pour un tarif de 1 euro le déblocage, puis de 0,15 centimes par minute pour les trottinettes Tier, contre 0,19 centimes par minute pour les vélos Pony.

Près de 205 emplacements seront ainsi crées et matérialisés à travers la ville de Grenoble, ainsi qu'à Saint-Martin d'Hères et au parc technologique à Inovallée Meylan, qui comprendra lui-même une trentaine de stations.

"Nous avons pris l'engagement de ne pas altérer l'espace public ni l'espace piéton, ce qui signifie que les emplacements remplaceront des stationnements jusqu'ici réservés aux voitures", confirme Yann Mongaburu, président du syndicat mixte des transports en commun de la métropole grenobloise (SMMAG).

Une initiative qui correspond bien à la feuille de route de la métropole grenobloise, tout en ne lui coûtant pas un centime puisque cet appel à manifestation d'intérêt prévoit que les investissements et l'équipement des stations et des véhicules soient assurés par les opérateurs privés.

Des clauses particulières pour gagner Grenoble

Pour installer leurs vélos et trottinettes dans les rues grenobloises, les opérateurs ont cependant dû se plier à plusieurs exigences.

"Nous avions prévu un certain nombre de règles, et notamment le bridage de la vitesse maximale des véhicules à 20 km/h, la prise en charge des mesures de maintenance et de dispositifs de sécurité sur les véhicules, ainsi que les délais d'intervention resserré sur l'espace public en cas de gêne de stationnement de ses appareils", précise Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole.

Si les zones de stationnements dédiées à ces nouveaux véhicules seront simplement identifiées par du marquage jaune au sol, les opérateurs devront s'engager à assurer leur maintenance ainsi que le rechargement des batteries des appareils. Pour cela, les deux entreprises disposeront d'un site -dont la localisation n'a pas encore été précisée-, et se sont engagées à recruter au minimum 10 à 50 équivalents temps plein au niveau local.

"Nous avions demandé à nos partenaires de prendre certains engagements sociaux et d'assurer notamment un recrutement local afin d'éviter les phénomènes d'ubérisation", confirme Christophe Ferrari.

Par ailleurs, une charte de bonnes pratiques visant à veiller au respect de l'espace public sera mise en place est relayée par les deux opérateurs, Pony et Tier, à destination de leurs usagers. Le non-respect de ses règles pouvant entraîner pour ces derniers une pénalité financière, allant même jusqu'à une exclusion du service.

Si pour l'instant, l'accès à ces véhicules est conditionné à une inscription sur l'application mobile de l'une des deux sociétés, Grenoble Alpes Métropole n'exclut pas la création, à terme, d'un "Pass mobilité" plus large, qui permettrait d'accéder à l'ensemble des moyens de transport à l'échelle de la métropole.

Deux modèles économiques différents

Alors que le marché de la location des trottinettes électriques est en plein boom à travers les grandes villes françaises, où se créent et disparaissent régulièrement différents prestataires, Grenoble veut voir grand. La métropole vise le déploiement rapide de 500 exemplaires de chaque modèle (trottinettes Tier Mobility et vélo double Pony), et pourrait déployer jusqu'à 1 000 exemplaires de chaque appareil, en fonction de l'appétit de ses futurs utilisateurs.

Avec un modèle économique qui diffère cependant entre les deux sociétés. Car si toutes les deux fonctionnent par le biais d'une application mobile de réservation, la société Pony a développé une offre complémentaire, en proposant aussi ses trottinettes à l'achat. L'idée ? Ses utilisateurs pourront ainsi devenir propriétaires d'un appareil, pour un tarif de 1500 € l'unité, qu'il leur sera ensuite possible de louer en retour par le biais de sa plateforme.

"C'est en cherchant à enrichir le bouquet de services mais aussi à faire baisser le taux de vandalisme que nous avons eu cette idée", explique le co-fondateur Paul-Adrien Cormerais, un ancien étudiant de Grenoble INP, qui compte ainsi faire grimper l'engagement auprès de ses usagers.

Le tout, en se positionnant comme "la seule application qui propose d'acheter un bien et de le louer en retour dans la même journée. Et en permettant aux propriétaires de récupérer 50 % du revenu de leur location".

Un taux de dégradation jusqu'ici observé de 0,02 %

C'est aussi à Grenoble que Pony compte tester pour la première fois le déploiement de son vélo cargo, utilisable par deux personnes.

"Nous voulons démontrer que ce type de transport peut convenir aux familles ou aux personnes qui ont besoin de faire leurs sacs de courses".

L'opérateur Tier Mobility, qui propose déjà son application de free-floating à travers 66 villes en Europe, compte pour sa part sur ce contrat grenoblois pour conquérir de nouvelles villes en région Auvergne-Rhône-Alpes et faire valoir ses atouts. Et revendique un taux taux de véhicules dégradés qui n'atteindrait jusqu'ici que 0,02 % à travers ses 67 implantations en Europe.

"En installant nos appareils jusqu'à des zones d'activité comme celle d'Inovallée -qui représente 12 000 emplois-, nous allons pouvoir démontrer comment on parvient à faire baisser les flux d'entrée et de sortie de la ville comme on l'a déjà fait dans certaines couronnes périphériques", estime le porte-parole de la compagnie berlinoise.

Ces annonces interviennent alors que la trottinette avait plus récemment fait parler d'elle concernant des questionnement autour du partage de la voie publique, et avaient conduit à l'adoption d'un décret qui réglemente, depuis octobre 2019, leur circulation en ville.

"Je n'étais au départ pas fan d'un tel équipement, car on en connaissait surtout les nuisances. Mais nous avons finalement trouvé un équilibre, en réfléchissant notamment au partage de l'espace public car il existait un véritable besoin", affirmait le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle.

Le verdict de ce premier déploiement est attendu d'ici quelques mois.

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