Ces startups qui signent le renouveau du vélo stéphanois

Saint-Etienne voit émerger, depuis quelques mois, des startups en lien avec le monde du vélo. Et si la flamme pour la "petite reine" de l'ancien capitale du cycle se ravivait ?

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(Crédits : DR)

Il y a 100 ans, Saint-Etienne était la capitale du cycle. C'est ici, en s'inspirant d'une invention anglaise, que les Frères Gauthier avaient donné naissance, en 1886, au premier vélo français. Manufrance en avait ensuite fait ses choux gras pendant près d'un siècle, faisant vivre des dizaines d'armuriers locaux qui avaient trouvé dans la fabrication du cycle une complémentarité à leur activité traditionnelle.

Aujourd'hui, l'activité a quasiment disparu du territoire stéphanois. Le Musée d'Art et d'Industrie ainsi que quelques professionnels maintiennent tant bien que mal la mémoire de ce savoir-faire stéphanois d'antan. Il semblerait néanmoins que la flamme de Saint-Etienne pour le vélo ne soit pas complètement éteinte. Depuis quelques mois, plusieurs jeunes entrepreneurs se lancent sur ce secteur. Sous des formes diverses, mais avec le même accueil un brin nostalgique des acteurs économiques locaux et des Stéphanois. C'est le cas notamment des startups TUTOVELO et 1886.

1886 : le vélo haut-de-gamme, facile à réparer

Ingénieur en environnement, le Ligérien Benoit Richard a décidé de se reconvertir. Il a créé en 2017 l'entreprise 1886, un nom choisi pour rendre hommage aux frères Gauthier. Son credo : la fabrication de vélos confortables, élégants, et surtout faciles à réparer. La commercialisation a été lancée tout récemment, pour des premières livraisons dans les prochaines semaines.

"Je pratique le vélo et j'avais commencé à faire des petites réparations pour des amis. Je me suis vite rendu compte que les cyclistes attendaient un vélo fiable, sans transmission à revoir sans cesse. Après une étude de marché, j'ai constaté qu'une seule marque proposait ce type de vélo en France, et qu'il s'agissait d'une marque étrangère... Cela a frappé mon égo en quelque sorte. Il n'était pas normal que nous, patrie du cycle, ne soyons pas capables de proposer ces vélos particuliers", sourit l'entrepreneur quadragénaire.

Après quelques mois de recherche, il commercialise donc une première gamme. D'autres lignes arriveront dans les prochains mois.

"Il s'agit de vélos simples, faciles à réparer. La chaine est remplacée par une courroie en fibre de carbone. Et le moyeu à vitesses intégrées peut accueillir 2 à 11 vitesses en protégeant la transmission des intempéries".

Benoit Richard a également installé dans le cadre une signalisation escamotable et rechargeable par USB. Avec un tarif à 1990 euros, l'enseigne cible les passionnés.

"Les vélos sont conçus et assemblés en France mais fabriqués en Asie. Je voulais du 100% Made in France mais les coûts ne le permettent pas pour l'instant", concède l'entrepreneur.

Son ambition : vendre une trentaine de vélos cette année, une centaine dès l'année prochaine. Une levée de fonds est envisagée pour accélérer le développement des gammes.

TUTOVELO : le digital au service des cyclistes

Dans un tout autre registre, Aurélie Riocreux et Christophe Cabos se sont également lancés sur le secteur du vélo, il y a quelques mois, avec la création de la startup TUTOVELO. Leur site internet est actuellement en version béta, il sera complètement opérationnel d'ici à quelques mois.

"Notre objectif est d'aider les heureux propriétaires de vélos à les réparer eux-mêmes grâce à des tutoriels vidéos simples et clairs", explique Christophe Cabos.

Leur business model est pour l'instant basé sur une gratuité d'accès aux particuliers mais sur des partenariats payants avec les professionnels, notamment pour la formation de leurs salariés. Encore en phase d'installation, ils préfèrent ne pas communiquer sur leurs ambitions de chiffre d'affaires. Mais annoncent des discussions avec des "gros du secteur".

Originaire de Montpellier, Christophe Cabos s'était forgé depuis 2013 une belle réputation sur Youtube, auprès de plus 30 000 fans. Le youtubeur a désormais franchi une étape en s'associant avec la professionnelle altiligérienne de la communication, Aurélie Riocreux. Accompagnés par le Réseau Entreprendre Loire et Saint-Etienne Métropole, ils ont su convaincre plusieurs figures de l'écosystème stéphanois d'investir à leur capital.

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