Sud Rhône-Alpes : élus et usagers mobilisés pour sauver des TGV

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(Crédits : A.T.)
A la veille de l'action nationale des "Gilets jaunes", qui dénonce la hausse du prix du carburant, les usagers en colère qui comptent reporter leurs déplacements entre Valence TGV et Lyon sur le réseau ferroviaire seront bientôt doublement pénalisés, des dessertes devant être supprimées. Une situation qui n'est pas, non plus, sans inquiéter les élus du territoire. Tous sont mobilisés pour que la SNCF revoit sa copie.

Dirigeante d'une agence de communication, Cécile Tabarin doit se rendre une à deux fois par semaine à Lyon, afin d'assurer des cours en stratégie digitale auprès d'étudiants. Pour ses déplacements, elle a opté pour le train à grande vitesse depuis la gare Valence TGV Sud Rhône-Alpes. Pour s'y rendre, rien de plus simple avec l'autoroute A49 (environ 20 minutes de route depuis son domicile) ou encore la ligne TER Valence-Grenoble. Les raisons de ce choix sont diverses : gain de temps, de fatigue, économies mais aussi le souhait d'utiliser les transports en commun.

Des dessertes supprimées à Valence TGV

Ainsi, la suppression à venir de dessertes au départ de la gare drômoise ne l'enchante guère. D'autant qu'elle n'avait pas été prévenue lors de l'achat de son abonnement annuel en septembre dernier.

Une situation due, selon la SNCF, aux travaux "de grande envergure" de la gare de Lyon Part-Dieu. Avec deux voies sur onze indisponibles, l'entreprise ferroviaire indique être contrainte de réduire son plan de transport. Jusqu'alors, dans le sens Valence TGV/Lyon, trois trains arrivaient à Lyon Part Dieu avant 9h. A compter du 9 décembre, il n'y aura plus qu'une arrivée (8h24).

D'après la SNCF, le maintien de cette desserte a également du passer par la suppression de l'arrêt Valence TGV sur le Montpellier sud de France/Paris, en raison d'un conflit de circulation, soit trois dessertes supprimées. Dans le sens Lyon/Valence TGV, un train est cependant ajouté le matin (3 arrivées possibles avant 9h, contre 2 en 2018). Les départs de Lyon du soir sont maintenus, mais depuis la gare de Lyon Perrache.

Même si la SNCF rappelle que la "desserte de Valence reste dense", il n'en reste pas moins que les usagers sont inquiets, certains d'entre eux étant même peu convaincus par les arguments avancés. Un collectif s'est d'ailleurs constitué.

Éric Piot réside à Crest. Il est double-actif, salarié à Lyon et agriculteur dans la Drôme. "Je fais partie des usagers qui sont prêts à payer cher (6700 euros par an) pour avoir un service fiable, rapide et surtout souple : mon emploi actuel à Lyon requiert de la souplesse dans les horaires, idem pour mon activité agricole. (...) D'autre part, les emplois que nous occupons ne se trouvent pas forcément hors de Lyon : une mutation à Valence ne serait pas possible pour moi, ni envisageable en l'état actuel des choses", indique-t-il.

"Cela a un gros impact sur la vie professionnelle et privée. Je suis très mécontent que la décision ait été unilatérale, sans concertation avec les élus locaux », lâche quant à lui Vincent Sauzereau, originaire de Châtuzange-le-Goubet (Drôme).

Usagers et élus inquiets

Des élus qui n'ont pas manqué de réagir. Il faut rappeler que la gare Valence TGV sud Rhône-Alpes est une carte maîtresse pour le territoire. Elle participe, outre à son désenclavement, à l'attractivité du parc d'activités économiques Rovaltain qui l'accueille (140 entreprises et 2 200 emplois à ce jour), et plus largement à celle des bassins d'emplois qui l'entourent. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que la SNCF menace l'équilibre du site.

Lire aussi : Valence : mobilisation ce jeudi pour sauver les TGV

"Ce projet de suppression viendrait donc anéantir des années d'efforts et d'investissements pour le développement de notre département et pour celui de notre voisin ardéchois. Il pénaliserait de surcroît nos très nombreux concitoyens qui utilisent quotidiennement ces liaisons dans le cadre de leur activité professionnelle", juge Marie-Hélène Thoraval, maire de Romans-sur-Isère et vice-présidente de Valence Romans Agglo.

Une intercommunalité qui a d'ailleurs adopté un vœu lors de sa séance du 18 octobre dernier. "Supprimer ces arrêts en gare de Valence TGV aurait un impact très néfaste sur notre tissu économique et freinerait de façon considérable son attractivité", indique notamment le document.

"La Gare TGV, c'est pour nous - usagers du milieu rural - une aubaine pour nous rendre sur nos lieux de travail, sans prendre la voiture et subir les bouchons. (...) Nous avons fait le choix stratégique de nous développer vers la vallée du Rhône et vers Lyon, et non vers Grenoble - toujours bouché en voiture - car les déplacements grâce au TGV nous étaient facilités. Notre agence ne pourrait pas se développer si elle se cantonnait uniquement à une clientèle locale », commente également Cécile Tabarin.

Lors du dernier congrès départemental des maires de la Drôme, Marie-Hélène Thoraval a interpellé Jacqueline Gourault à ce sujet. Cette dernière s'est engagée à solliciter la ministre des Transports et à saisir le président de la SNCF.

Dans l'attente, la mobilisation des usagers ne faiblit pas ; une nouvelle mobilisation est prévue pour le 29 novembre.

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