French Tech : Digital Grenoble fait évoluer sa gouvernance

Digital Grenoble, la tête de pont de French Tech in the Alps, renouvelle en partie sa gouvernance avec l'élection d'un nouveau président. L'occasion d’annoncer la concrétisation de plusieurs projets en cours de maturation.

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(Crédits : DR)

Digital Grenoble a un nouveau président. Eric Pierrel (Itris Automation), déjà présent au sein du Comité exécutif, vient de succéder à Daniel Pilaud à la présidence de la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), la tête de pont du regroupement French Tech in the Alps.

Une forme de "continuité" pour celui qui souhaite poursuivre le travail de son prédécesseur, qui demeurera au sein du Comex.

Sa liste, l'unique en lice, comprenait également l'arrivée de nouveaux acteurs comme Philippe Mattia (Le Carré), Marie Poulle (Lovebox), Raphaël Meyer (Lancey Energy Storage), Frédéric Dulac (Eolas) ainsi que Jonathan Bonzy, pour lequel il s'agit d'un second mandat.

"Cela représente un réel renouvellement et un nouvel appel d'air", estime Jean-Pierre Verjus, président du Conseil de Surveillance.

L'Assemblée générale du a été l'occasion de faire un premier pas vers une évolution des statuts de la SCIC, qui, deux ans après sa création, avait besoin d'assurer une meilleure représentativité des différentes parties prenantes.

En 2017, Digital Grenoble a conquis une trentaine de nouveaux sociétaires, pour un vivier qui totalise désormais près de 500 sociétaires. "Au fil du temps, nous nous sommes rendus compte qu'il existait beaucoup de bonnes volontés qui souhaitaient participer au projet", glisse Jean-Pierre Verjus.

"Nous n'avons pas nécessairement de limite : il existe près de 50 000 personnes qui travaillent dans l'écosystème numérique à Grenoble. Nous pourrions avoir le même nombre de sociétaires, puisqu'il s'agit avant tout d'une action symbolique, avec une prise de participation de 100€", soutient à son tour Eric Pierrel.

Assurer une meilleure représentativité

Pour répondre aux marques d'intérêt de l'écosystème, la nouvelle équipe a fait le choix de présenter une liste étendue de 14 personnes (au lieu de 7), qui font partie d'un nouvel organe nouvellement créé, le Comité de Direction.

"Nous avons toujours sept pouvoirs de vote au Comex, mais les décisions se feront avec la créativité de l'ensemble des 14 personnes présentes", assure le président, qui rappelle que cette évolution visait à assurer une meilleure représentativité au sein des instances de la SCIC.

Cette volonté d'inclure de manière plus large l'écosystème se traduit également par la création d'un quatrième siège accordé aux collectivités (Grenoble Alpes Métropole, Communauté de Communes Pays du Grésivaudan, Communauté de Communes du Massif du Vercors) au sein du Conseil de Surveillance, en vue de faire de la place pour accueillir prochainement une nouvelle intercommunalité située autour de Grenoble, et dont le nom se murmure pour l'instant sur le bout des lèvres, en attendant que son conseil procède au vote.

"L'objectif est que l'ensemble de la zone urbaine autour de Grenoble soit représentée", glisse Eric Pierrel.

A travers cette Assemblée générale, Digital Grenoble a également posé son objectif d'arriver à un Comex paritaire, "ce vers quoi l'on devra tendre dès la prochaine AG", a souligné son nouveau président, qui évoque l'importance "d'avoir des rôles modèles dans lesquels se projeter".

Un résultat qui vise l'équilibre

Avec des recettes qui atteignent au total 448 596 euros en 2017, pour un résultat d'exploitation de -80 867 euros (contre -93 831 euros en 2016), l'objectif visé par la SCIC est d'atteindre l'équilibre d'ici 2020.

"Nous étions jusqu'ici dans une logique d'investissement afin de mettre de l'argent dans des projets afin qu'ils puissent, une fois qu'ils ont démarré, être équilibrés et même légèrement bénéficiaires", souligne Eric Pierrel.

Parmi les priorités de la nouvelle équipe, figure notamment la poursuite et la maturation des projets en cours, comme la Coop Venture, ce fond d'investissement destiné aux entreprises n'ayant pas pour vocation d'être revendues au cours de leur développement, qui devrait être lancé dès la fin de l'année avec un capital de 10 millions d'euros.

La SCIC a obtenu des accords définitifs pour 7 millions d'euros (à travers des acteurs tels que le Mouvement Coopératif, le Crédit Coopératif, la SCOP Alma, les Chèque Déjeuner, et Idea) tandis que des ententes restent à conclure avec la Caisse des Dépôts et des collectivités notamment.

"Nous avons lancé en parallèle le recrutement du futur directeur de l'accélérateur que nous souhaitons mettre en place afin d'accompagner ces entreprises", ajoute-t-il.

Le dispositif vise à financer une dizaine de start-ups par année à travers des tickets d'amorçage.

La SCIC travaille également sur un nouveau projet, Territoire et Solutions, qui vise à mettre en relation des start-ups avec les territoires et organismes qui peuvent lui permettre de tester leur solution en dehors du laboratoire.

"A ce titre, l'idée est même d'aller jusqu'à des acteurs plus éloignés, comme le PGHM, qui est susceptible de tester certaines technologies en lien avec la montagne", suggère Eric Pierrel.

De premiers "matchs" devraient être mis en place dès la rentrée.

Quel calendrier pour la relabellisation ?

A Grenoble comme ailleurs, quid du renouvellement de la labellisation, qui était attendu pour cet été ? Avec la nomination de la nouvelle présidente de la Mission French Tech, Kat Borlongan par le secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi lors du salon VivaTech, l'heure n'est plus à la course au renouvellement du label.

"La nouvelle mission qui se met en place commence seulement à annoncer sa feuille de route par petits bouts, en allant visiter de premiers territoires. Des consultations devraient encore avoir lieu durant l'été", précise Eric Pierrel.

"On ne sait pas si l'idée est de conserver les 13 métropoles en demandant à chacune d'étendre son réseau, ou si le concept de labellisation sera ouvert à l'ensemble des métropoles qui veulent s'engager", complète Jean-Pierre Verjus.

Seule certitude : deux piliers ont été avancés par Paris. Les projets "tech for good" qui allient technologie et bien-être sociétal, ainsi que le développement de "scaleup", ces startups à très fort potentiel.

"Nous allons continuer le travail et nous seront présents le jour où il faudra recandidater pour renouveler le label", assure le nouveau président du Comex de la SCIC.

Une seule chose est sûre. La logique se veut plus que jamais inclusive, y compris pour les territoires qui n'auraient pas encore franchi le pas.

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