Le pépite grenobloise Spartoo va racheter l'enseigne André

L'entreprise grenobloise fondée en 2006 et spécialiste du e-commerce reprend un acteur historique du commerce traditionnel, l'enseigne André, créée en 1896. Une prise de guerre qui permettra au spécialiste de la vente en ligne de chaussure d'accélérer sa stratégie "phygitale" passant par l'ouverture d'une centaine de boutiques.

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Boris Saragaglia, fondateur et PDG de Spartoo
Boris Saragaglia, fondateur et PDG de Spartoo (Crédits : Guillaume Murat)

Cette fois-ci, c'est la bonne. Après avoir essuyé un échec en 2015 concernant le rachat d'un autre acteur majeur de la chaussure, Bata, l'entreprise grenobloise tient son acquisition qui peut lui faire changer de dimension. Spartoo devrait acquérir l'enseigne de chaussures André (groupe Vivarte). Les deux entités ont annoncé mardi un processus de "négociations exclusives" , dont la clôture est prévue pour le printemps 2018, sous "réserve de validation par l'autorité de la concurrence.

Le groupe Vivarte est engagé dans un plan de cession et de restructurations depuis plusieurs mois, aboutissant à un recentrage sur ses marques historiques : La Halle (chaussures et vêtements), Minelli, San Marina, CosmoParis et Caroll. Le groupe souhaitait, entre autres, se séparer d'André.

Spartoo, fondée en 2006 par Boris Saragaglia, s'engage à reprendre l'ensemble du personnel, selon des sources syndicales. Il devrait également maintenir tous les magasins (120 boutiques), sauf un à Paris "ne faisant pas partie du périmètre de l'offre", selon un communiqué commun Vivarte/Spartoo diffusé en fin d'après-midi, mardi.

Spartoo "reprend l'effectif total de la société André", a également confirmé à l'AFP Christophe Martin (CGT), secrétaire du CCE. "Mais pendant combien de temps, c'est ça le souci, on n'a pas d'engagement. A court terme, on aimerait bien savoir s'il ne va pas fermer quelques magasins, sur 2018 ou 2019", s'est-il inquiété. Le nom de l'enseigne André devrait être également conservé.

Renforcement de la stratégie "phygitale"

Ce rachat permet à Spartoo de renforcer sa stratégie "phygitale". Exclusivement dédiée au e-commerce lors de son lancement en 2006, la startup avait alors initiée en 2015 un tournant physique, matérialisé par l'ouverture d'une première boutique à Grenoble. Un magasin pilote qui avait nécessité environ un million d'euros d'investissement. Une quinzaine d'autres boutiques avait suivi. Le dirigeant rappelait en 2016, dans les colonnes des Echos, que son objectif était de détenir 100 points de vente d'ici 2020.

Ce "rapprochement permettrait d'exploiter pleinement le potentiel d'André pour créer le seul groupe de distribution de taille significative avec un chiffre d'affaires réparti à égalité entre son réseau de magasins physiques et son activité internet", précise d'ailleurs le communiqué.

Le nouveau groupe ainsi constitué représenterait un chiffre d'affaires consolidé proche de 250 millions d'euros, soulignent les deux entités. Pour l'exercice 2016, le Grenoblois annonçait un chiffre d'affaires de 165 millions d'euros, dont 40 % à l'international.

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