Démarrage des autotests ce lundi : BioSpeedia et Boiron sur la ligne de départ

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Les autotests nasaux, homologués par la Haute Autorité de Santé (HAS) à compter de ce lundi se veulent moins invasifs et douloureux que leurs homologues, les tests nasopharyngés, avec toutefois une sensibilité inférieure (d'au moins 80% a fixé le ministère de la Santé). Il faudra toutefois attendre pour en trouver dans les rayons...
Les autotests nasaux, homologués par la Haute Autorité de Santé (HAS) à compter de ce lundi se veulent moins "invasifs" et douloureux que leurs homologues, les tests nasopharyngés, avec toutefois une sensibilité inférieure ("d'au moins 80%" a fixé le ministère de la Santé). Il faudra toutefois attendre pour en trouver dans les rayons... (Crédits : DR)
C'est désormais confirmé : dès ce lundi, les premiers autotests dédiés au Covid-19 seront disponibles au sein des rayons des pharmacies françaises. Du moins en théorie : avec, parmi les premiers fabricants prêts à se déployer, la startup ligérienne BioSpeedia, mais aussi le laboratoire Boiron. Reste cependant à assurer leur distribution concrète au sein des officines, alors que l'arrêté fixant les prix de ces nouveaux tests, n'a été publié que ce dimanche au Journal Officiel.

Ils coûteront tous 6 euros pièce (non-remboursés) à compter de ce lundi, puis 5,20 euros à compter de la mi-mai : autorisés par la Haute Autorité de Santé (HAS) depuis ce début de semaine à la vente en pharmacie, les autotests dédiés au Covid-19 signent le démarrage d'une nouvelle phase dans la stratégie de test française. Leur principe : pouvoir être réalisés par le grand public, afin de délivrer un résultat rapide en quelques minutes.

Au sein des premiers tests soumis à l'homologation par l'Etat, figureraient ainsi la solution de la startup ligérienne BioSpeedia, mais aussi l'autotest distribué par le laboratoire lyonnais Boiron. S'ils ne font pas encore officiellement partie de la liste définitive, en cours d'actualisation depuis ce dimanche par le Ministère de la Santé, cela ne devrait tarder car ils sont d'ores et déjà annoncés dans les pharmacies.

Le ministère lui même évoqué : les principaux critères pour l'homologation seront en effet d'afficher une sensibilité "supérieure ou égale à 80 %" ainsi "qu'une spécificité supérieure ou égale à 99%" et de disposer d'un marquage CE.

Après avoir participé à une campagne de dépistage massif à Saint-Etienne en février dernier, BioSpeedia attendait justement cette étape clé pour se déployer, et annonçait le lancement de sa campagne de distribution dès ce lundi au sein des officines françaises, en association avec le distributeur de dispositifs médicaux, DTF medical.

Lire aussi : Saint-Etienne, démonstrateur du nouveau test salivaire de la startup BioSpeedia

Cette spin-off de l'Institut Pasteur fondée en 2011, proposera notamment un résultat en l'espace de 15 minutes, au moyen d'un test nasal immunochromatographique, qui se charge de "détecter les protéines spécifiques à la surface du virus et notamment la protéine N des variants du virus de la Covid-19". Et ce, au moyen d'un simple autoprélèvement réalisé à 4 cm de l'entrée de la narine, soit beaucoup moins profond qu'un test nasopharyngé.

A l'image d'un test de grossesse, une ligne colorée (rose) apparaît notamment à la surface du boîtier en cas de résultat positif, avec une performance que la société revendique à hauteur de 91 % en matière de sensibilité.

Lire aussi : Biospeedia mise sur le "made in AuRA" pour ses tests antigéniques

Des tests nasaux, "moins invasifs"

Le laboratoire Boiron se positionne lui aussi sur ce marché, après avoir conclu un partenariat avec NG Biotech, une société familiale bretonne (lle-et-Vilaine), qui fabrique déjà en France le dispositif Ninonasal et que le laboratoire lyonnais compte ensuite distribuer.

Le point commun de ces tests, tout juste annoncés sur le marché, réside dans leur simplicité d'utilisation, mais également leur mode opératoire : ces autotests nasaux n'auront désormais en effet besoin que d'un prélèvement situé à l'entrée de la narine (4 centimètres environ).

Ils se posent donc comme des moyens "moins invasifs" de dépistage, même si leur fiabilité n'atteint pas celle des tests PCR nasopharyngés. Ces nouveaux tests homologués par les autorités de santé afficheraient en effet une sensibilité "d'au moins 80%", avec cependant, un risque de faux positif "extrêmement réduit", moins de 1%.

Les professionnels de santé précisent néanmoins que ce type de tests reste lui aussi très dépendant de la manière dont il est réalisé et sont destinés aux personnes asymptomatiques.

C'est pourquoi même s'ils sont très attendus, ces nouveaux moyens de dépistage ne suffiront cependant pas à poser un diagnostic puisqu'en cas de tests positif, un second test PCR sera nécessaire. Objectif : confirmer le diagnostic, mais également continuer d'assurer la comptabilisation du nombre de cas ainsi que la caractérisation d'un éventuel variant.

Objectif : renforcer le contrôle de l'épidémie, mais...

Ces nouveaux outils viendront néanmoins compléter l'arsenal des tests PCR et antigéniques existants, en vue de participer au contrôle de l'épidémie.

"Plus facile et moins douloureux qu'un test classique, cette innovation facilitera la politique de tests au sein des entreprises et des collectivités", estime le fabricant BioSeepdia, qui y voit là "uoutil stratégique de santé publique dans la recherche des cas contacts et les campagnes de tests à grande échelle", citant en exemple des possibilités de tests "avant un rassemblement familial ou amical notamment".

Restera cependant à assurer l'approvisionnement au sein de toutes les officines françaises : commandés d'abord auprès des fabricants eux-mêmes, ces autotests devraient progressivement entrer ensuite au sein des réseaux des grossistes, ce qui devrait permettre d'assurer un déploiement plus large, et notamment d'en ouvrir l'accès aux petites pharmacies, qui ne souhaiteraient commander que quelques unités.

De son côté, le président de l'U.R.P.S. Pharmaciens Auvergne-Rhône-Alpes, qui rassemble près de 2.500 officines à l'échelle régionale, Olivier Rozaire, se montre prudent sur leur utilisation :

"La demande n'a pas encore été massive au sein des officines de notre région, et l'on voit que les gens sont plutôt dubitatifs pour plusieurs raisons : ils ont tout d'abord déjà accès à des tests gratuits, sont encore peu convaincus sur leur fiabilité, d'autant plus que le processus prévoit que, si le résultat est positif, ils refassent un tests PCR pour confirmer le résultat et le comptabiliser".

Un stock qui devrait se déployer progressivement

Car c'est probablement que là l'une des principales inquiétudes des pharmaciens : celle que sous couvert d'un meilleur dépistage de l'épidémie, le monitoring, et notamment la comptabilisation officielle du nombre de cas, ne devienne plus complexe à réaliser si elle est faite à la maison.

"Pour l'instant, ce sont les professionnels de santé, dont les pharmaciens, qui réalisent un comptage et une traçabilité des résultats au sein du fichier national prévu à cet effet, lors de la réalisation des tests : si demain cette étape n'est plus réalisée, cela rendrait l'épidémie invisible", met-il en garde.

Une chose est cependant certaine : le circuit logistique n'est pas encore complètement prêt à alimenter les rayons des pharmacies dès ce lundi :

"Tout comme au début de la crise, les produits sont encore indisponibles au moment où ils sont annoncés. À ce jour, j'ai appelé plusieurs collègues et je n'en ai pas encore trouvé un qui dispose d'un stock ce lundi midi", ajoute Olivier Rozaire.

Il rappelle qu'en raison de la publication effective de l'arrêté au Journal Officiel datant de ce dimanche seulement, les fabricants n'ont pas pas été en mesure de lancer la fabrication de millions d'unités à ce stade.

Il faudra donc attendre encore quelques jours, voire quelques semaines, pour que les rayons des pharmacies se remplissent et soient conformes aux quelques 600.000 tests annoncés par le gouvernement français. D'autant plus que l'Etat aurait également choisi de réserver une partie des stocks disponibles en amont pour préparer la rentrée des classes, à compter du 26 avril : ces autotests pourraient donc amorcer, en réalité, une arrivée très progressive.

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Commentaires
a écrit le 13/04/2021 à 8:53 :
Au lieu d'un seul teste faites en deux ! Le second est gratuit !
a écrit le 13/04/2021 à 6:28 :
Payant bien sur. En Coree ce type de depistage est pris en charge gratuitement dans tous les quartiers et ce depuis plus d'un an. France en deficit.

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