Cannabis thérapeutique : "Nous sommes un acteur légitime pour cette filière" (Boiron)

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Pour nous, le cannabis demeure une plante, et si l'on doit faire un parallèle avec l'arnica, nous sommes déjà capables de produire à la fois de la teinture mère, de la plante en dilution etc. Tous les champs du possible sont donc ouverts, se projette Valérie Lorentz-Poinsot.
"Pour nous, le cannabis demeure une plante, et si l'on doit faire un parallèle avec l'arnica, nous sommes déjà capables de produire à la fois de la teinture mère, de la plante en dilution etc. Tous les champs du possible sont donc ouverts", se projette Valérie Lorentz-Poinsot. (Crédits : DR)
Entretien. Alors que 2021 marque le déremboursement officiel de l’homéopathie, ainsi que le démarrage d’un PSE assorti de la suppression de 546 postes sur le sol français, le laboratoire lyonnais Boiron veut néanmoins rebondir. Et pourquoi pas sur un volet où l'attendait moins : celui du cannabis à usage thérapeutique. Valérie Lorentz-Poinsot, directrice générale des laboratoires Boiron, revient sur sa récente alliance avec le seul acteur européen qui maîtrise l’ensemble de cette chaîne, Emmac Life Sciences. Avec un objectif : participer à un projet exploratoire conduit par l’ANSM, sur une durée de deux ans.

LA TRIBUNE AUVERGNE RHONE ALPES - Vous venez de clôturer un exercice 2020 particulier, à l'aube du déremboursement de l'homéopathie prévu à compter du 1er janvier 2021 (mais annoncé depuis 2018), où vous aviez annoncé un plan social à venir de 546 postes...

Valérie Lorentz-Poinsot - "Nous avons clôturé en cette fin d'année notre chiffre d'affaires pour 2020, mais les résultats consolidés du groupe seront communiqués à la mi-mars. On voit que durant cet exercice, le groupe a fait preuve d'une très grande résilience.

Car nous avons dû gérer trois crises à la fois durant cette année : à la fois une campagne de dénigrement de l'homéopathie, la préparation d'un plan social à venir, ainsi que la crise du Covid.

Nous terminons 2020 avec un chiffre d'affaires à -7,8 % (à 513 millions d'euros, ndlr), ce qui démontre bien la résilience de l'entreprise. Nos résultats sont cependant assez contrastés, puisque nos ventes en France chutent de -11%, tandis que dans d'autres pays, comme l'Amérique du Nord ou le Brésil, nous avions une croissance de + 14 %.

Lire aussi : La stratégie des laboratoires Boiron : touchés, mais pas encore coulés

Cela démontre bien toute l'influence de la campagne de dénigrement que nous avons subi, mais aussi que l'homéopathie demeure un axe thérapeutique dans lequel il faut croire, demandé par des patients du monde entier".

Cette décision a pris une tournure particulière pour vous, à l'heure où le gouvernement français parle de « made in France » et de relocalisation ? Vous aviez même déposé en fin d'année un recours au Conseil d'Etat, qui n'a finalement pas abouti...

"Nous sommes une entreprise qui produit effectivement 100% de nos produits homéopathiques en France dans notre site de Messimy, dans l'Ouest lyonnais, y compris pour les marchés étrangers. Auparavant, nos ventes en France représentaient 60 % de nos volumes, et nous sommes descendus à 50 % aujourd'hui. Nous avons tout de même perdu près de 100 millions d'euros depuis 2018, ce qui est énorme.

Être leader mondial n'a pas été aidant au sein de notre pays d'origine. C'est quelque chose de bien...

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Commentaires
a écrit le 28/01/2021 à 8:54 :
Le cannabis, cette plante aux multiples vertus utilisée depuis des millénaires par l'humain mais interdite certainement parce que aux multiples vertus empêchant ainsi à ceux qui possédent le monde de se faire toujours plus de fric.

Et ces mêmes zombies ont commencé à s'attaquer également à l'ortie quand même hein plus d'autres plantes aux multiples vertus...

Une des conséquences les plus dramatiques d'être gérés par des aliénés.

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