France 3 Rhône-Alpes  : grève contre la suppression des éditions locales

Les journalistes et techniciens des éditions Saint-Etienne-Loire et Grand Lyon ont fait grève ce lundi pour la troisième fois depuis le début de l'année. Ils refusent la suppression à la rentrée prochaine des décrochages quotidiens. La direction régionale tente de rassurer. Décryptage.

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L'édition Saint-Etienne-Loire emploie onze personnes et celle du Grand Lyon cinq journalistes.
L'édition Saint-Etienne-Loire emploie onze personnes et celle du Grand Lyon cinq journalistes. (Crédits : DR)

Ambiance tendue chez France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Fait rare, la quasi-totalité des journalistes et techniciens des éditions locales Loire-Saint-Etienne et Grand-Lyon ont effectué un troisième jour de grève, ce lundi. Selon nos informations, 5 journalistes de l'édition du Grand-Lyon, ainsi que 9 salariés sur les 11 de la rédaction de Saint-Etienne ont suivi le mouvement. De son côté, la direction estime que "pas un seul technicien n'a fait grève ce lundi 24 avril", et que le "le taux de grévistes était de 15 %".

Les deux premières grèves s'étaient déroulées les 17 et du 31 mars. En cause : le projet de la direction régionale de lancer à la rentrée un "nouveau grand journal régional" intégrant les deux éditions locales. Actuellement, celles-ci disposent chacune d'un décrochage de sept minutes diffusé à la fin de l'édition régionale.

Stratégie nationale

La grogne a débuté mi-janvier, lorsque la rédaction de France 3 région a fait parvenir à la direction régionale une lettre ouverte se plaignant d'un sous-effectif chronique. "Notre rédaction compte une quarantaine de journalistes, soit beaucoup moins qu'à Marseille, Lille, Toulouse ou Strasbourg", compare Sylvie Cozzolino, journaliste à France 3 Rhône-Alpes. En réponse, la direction a obtenu la création de deux postes supplémentaires. "Il en faudrait a minima quatre", estime la journaliste. Parallèlement, il a été décidé de "remuscler l'éditorial du JT" en intégrant les locales au journal régional.

"C'est ce que nous avons déjà fait à Clermont-Ferrand en 2010 et à Grenoble en 2012 , souligne André Faucon, directeur régional de France 3 Auvergne Rhône-Alpes. Cela s'inscrit dans une stratégie nationale."

"Le début de la fin"

Pour les grévistes, cette décision marque "le début de la fin". Ils craignent à terme un démantèlement des locales.

"Nous allons être fondus dans la rédaction régionale de Lyon et perdre notre autonomie, redoute une journaliste de l'édition Saint-Etienne-Loire. Actuellement, nous avons deux techniciens qui montent nos sujets. Si nous sommes intégrés à l'édition régionale, ils risquent de ne plus avoir assez de travail."

"Nous n'avons pas de raison de nous passer de ces postes", rassure André Faucon. Dans un communiqué, la direction affirme que le changement éditorial n'entraînera "ni emploi supprimé, ni poste déplacé, ni déménagement...".

Proximité

Les journalistes de France 3 défendent leur position en invoquant la proximité chère à Delphine Ernotte, PDG du groupe France télévisions. "Si l'on passe de 7 minutes par jour à deux reportages intégrés dans l'édition régionale, il y a de nombreux sujets comme les infos pratiques que nous ne pourrons plus traiter", s'inquiète une journaliste de l'édition stéphanoise. "La Loire et Lyon méritent mieux que cela", ajoute Sylvie Cozzolino.

André Faucon, lui, justifie :

"L'édition locale de Lyon est diffusée dans la Drôme, l'Ardèche, l'Ain, dans le Rhône bien sûr et dans une partie de la Loire... L'édition de la Loire est réduite à une portion congrue de téléspectateurs, les 'box' ne diffusant pas les programmes locaux. Ces deux éditions reflètent des territoires importants, 'fournisseurs' d'actu et de sujets originaux, pourtant tous les téléspectateurs de Rhône-Alpes ne les reçoivent pas..."

Si la situation ne se débloque pas, les journalistes menacent de refaire grève à l'occasion des élections législatives.

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