Grenoble INP se prépare à l’université intégrée

Après le départ de Brigitte Plateau, nommée l'an dernier directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP), c’est son ancien vice-président, Pierre Benech, qui a repris les fonctions d’administrateur général de Grenoble INP, et ce, jusqu’à la prochaine élection prévue en février 2020. Un changement dans la continuité, mais qui sera fortement marqué par la construction de la future université intégrée (UI) grenobloise.

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Le professeur de Grenoble INP Phelma et ex-vice président du CA de Grenoble INP, Pierre Benech, a repris les fonctions d’administrateur général de Grenoble INP après le départ de Brigitte Plateau.
Le professeur de Grenoble INP Phelma et ex-vice président du CA de Grenoble INP, Pierre Benech, a repris les fonctions d’administrateur général de Grenoble INP après le départ de Brigitte Plateau. (Crédits : DR/ Grenoble INP)

Avec ses 1 100 agents, ses 6 000 étudiants et ses 115 millions d'euros de budget annuel, Grenoble INP et ses 6 écoles publiques d'ingénieurs (Ense3, Ensimag, Ensisar, Génie industriel, Pagora et Phelma) constituent l'un des poids lourds de l'actuelle Comue, destinée à se fondre dans le nouveau projet d'université intégrée porté par l'ensemble de l'écosystème grenoblois. Depuis octobre 2017, c'est l'ancien vice-président et professeur à Grenoble INP Phelma, Pierre Benech, qui assure provisoirement les fonctions d'administrateur de l'école à la suite de Brigitte Plateau.

Hissé à la tête d'une équipe inchangée (hormis l'arrivée de Bernard Penz, élu vice-président du CA), ce dernier ambitionne de se positionner dans une forme de continuité, "même si celle-ci n'interdit pas non plus quelques changements", laisse entendre le principal intéressé. Si l'une de ses principales missions est de poursuivre le renforcement du groupe INP, à travers notamment le partenariat conclu en décembre dernier avec l'école d'ingénieurs toulonnaise SeaTech, ou le changement de nom du concours d'accès qui s'appelle désormais le concours commun des INP, en vue de mieux refléter la réalité des 34 écoles du groupe, le prochain défi de Pierre Benech ne sera pas uniquement interne.

L'un des points d'orgue de son mandat pourraient bien être les négociations entourant le projet d'Université intégrée (UI) grenobloise, déjà évoqué sous différentes formes au cours des 15 dernières années, avant de s'inscrire plus précisément dans le périmètre de l'Idex grenoblois depuis l'obtention du label en 2016.

"Nous allons continuer à travailler sur ce projet qui invite les autres forces académiques du site, les organes de recherche, ainsi que les liens qui se tissent avec les industriels et qui forment un terrain propice à l'innovation", affiche Pierre Benech.

Une unification à venir

Alors que l'on retrouvait jusqu'ici l'Université Grenoble Alpes (UGA), regroupant trois établissements (Université Joseph Fourrier, Université Pierre Mendès France et Université Stendhal) et de l'autre, sous le chapeau de la Communauté université Grenoble Alpes (Comue), des acteurs comme Grenoble INP, l'Ensag et l'IEP de Grenoble et du monde de la recherche (CNRS, CEA, ISTEA, etc), la nouvelle structure prend peu à peu forme. "La Comue et l'UGA sont appelées à se fondre dans l'université intégrée, tandis que Grenoble INP, Sciences Po et l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Grenoble (Ensag) conserveront leur personnalité morale car celle-ci a un sens pour les professionnels à qui l'on s'adresse dans certains métiers", estime Pierre Benech, qui rappelle qu'il ne s'agit pas pour autant d'une prise de distance à l'égard de ses confrères.

"C'est un peu comme le statut de l'Alsace et de la Lorraine par rapport aux règles françaises : celles-ci ne sont pas tout à fait les mêmes, mais elles font bien partie de la France", affirme l'administrateur général.

Pour Grenoble INP, ce projet aura tout de même un impact fort, puisqu'il se traduira par une unification attendue des formations d'ingénieur, qui étaient auparavant assurées Polytech Grenoble, un établissement interne à l'UGA.

"L'École polytechnique de l'Université Grenoble Alpes (ex ISTG), plus communément appelée Polytech Grenoble, va rejoindre Grenoble INP. C'est une image forte, qui signifie que nous voulons dégager un maximum de cohérence", affirme Pierre Benech.

Pour ce faire, ce nouvel ensemble portera un nouveau nom : Grenoble INP, institut d'ingénierie Univ. Grenoble Alpes.

L'ensemble des formations d'ingénieurs offriront ainsi de meilleures synergies, en mettant par exemple en commun leurs actions à l'international, ainsi que la préparation avant le cycle ingénieur. Une opération gagnante lorsque l'on sait que les établissements de l'UGA se sont classés dans les top 3 des établissements français sur près de 11 disciplines au sein du dernier classement de Shangaï.

Un calendrier à tenir jusqu'en 2020

Reste que l'ensemble de ces changements ne parviendra pas avant le début 2020, date du démarrage attendu de cette nouvelle université intégrée. Car après 10 mois de négociations, une première feuille de route commune, qui précise les contours de cette UI, a été établie et présentée au sein des conseils d'administration et aux personnels des établissements concernés.

"Nous allons compléter sa démarche par l'écriture d'un texte fondateur d'ici cet automne, et dont la présentation suivie d'un dialogue sera réalisée avant que le texte ne soit voté d'ici la fin d'année", précise Pierre Benech.

Les acteurs grenoblois attendent également le feu vert du ministère de l'Education, qui doit publier sous peu une ordonnance visant à permettre aux universités françaises qui le souhaitent de se doter d'un nouveau statut à titre expérimental, comprenant l'alliance de personnalités physiques et morales, pour une durée de 10 ans. "Cette ordonnance est encore en discussion, mais nous faisons déjà partie des sites les plus avancés dans cette construction pour pouvoir y prétendre", indique l'administrateur de Grenoble INP.

D'après sa dernière étude d'impact, réalisée en octobre 2017, Grenoble INP évaluait ses retombées financières à 560 millions d'euros sur l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont 90 millions de retombées directes au sein de la région, et 60 en Isère. Selon l'école, près de 30 % de ses étudiants demeureraient employés sur le territoire à l'issue de leur formation, pour un salaire moyen de 34 000 euros par an.

"Aujourd'hui, la concurrence entre les différentes formations n'est pas tant à l'échelle locale qu'à l'échelle internationale", souligne Pierre Benech, qui rappelle que Grenoble INP a choisi de miser sur un positionnement d'école technique, contrairement aux écoles d'ingénieur au cursus généraliste.

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