Parents, prescripteurs, l'industrie et moi

Parents, conseillers d'orientation et professeurs tous dans le même bateau. Si le secteur industriel a de beaux jours devant lui, il est toutefois confronté à une sempiternelle problématique : la difficulté de recruter des jeunes. Ces derniers étant généralement conditionnés par un entourage ou des prescripteurs frileux à les pousser vers cette voie. C'est ce que montre une enquête réalisée par deux professeures de l'iaelyon business school, en partenariat avec l'UIMM Lyon.

3 mn

(Crédits : Matthias Rietschel)

L'industrie a mis du temps pour retrouver des couleurs. La crise passée, les branches embauchent de nouveau. Mais malgré la communication, les portes ouvertes et un changement d'image que tout le secteur tente d'opérer depuis 2008, les professionnels attendent toujours un sursaut, un réveil des consciences des plus jeunes. Leur difficulté : attirer et fidéliser les talents.

Dans l'enquête "Attirer et fidéliser les talents dans le secteur industriel aujourd'hui", réalisée par Catherine Glée-Vermande et Chloé Guillot-Soulez à l'occasion des dix ans du partenariat avec l'Union des industries des métiers de la métallurgie de Lyon (UIMM), les deux maîtres de conférences du master ressources humaines et organisation de l'iaelyon business school mettent en évidence cette situation.

Une sempiternelle problématique d'un secteur peu attractif et à l'image poussiéreuse aux yeux de certains, qui connaît depuis longtemps une pénurie de main-d'œuvre. Après avoir interrogé dirigeants d'entreprises et responsables RH d'une dizaine d'entreprises industrielles du Rhône, elles dévoilent pourtant les atouts du secteur : croissance de l'activité, évolution des métiers, fierté, technicité, etc.

Malgré tout, cela ne suffit pas à redorer l'image auprès du jeune public. La faute à qui ? A l'industrie elle-même qui a tardé à communiquer sur la singularité de ses métiers. Mais pas seulement. L'enquête montre que les prescripteurs sont aussi en cause. Autrement dit : parents, professeurs ou encore conseillers d'orientation ont leur part de responsabilité.

"La difficulté se trouve avant l'embauche. Puisqu'on leur transmet une image dégradée de l'industrie à cause d'une méconnaissance et des stéréotypes du secteur, les jeunes ne se tournent pas vers elle. Alors qu'une fois dedans, c'est tout l'inverse. Une fierté apparait", souligne Chloé Guillot-Soulez.

Tous responsables

Cette mauvaise image qui lui colle à la peau, les deux maîtres de conférences en rapportent les actions pour pouvoir y remédier. Communiquer "encore et toujours", instaurer des salariés ambassadeurs, valoriser des métiers innovants et "plus glamour" ainsi que les formations, développer les portes ouvertes des entreprises à tous, etc.

Autant d'arguments pour convaincre les parents de pousser son enfant à suivre la voie industrielle. Mais aussi pour atteindre le monde de l'éducation. Bien que la relation avec les écoles ait évolué, il doit être en alerte.

Les voies technologiques étant toujours peu valorisées et choisies par défaut, l'enjeu réside dans une intensification de l'éducation à l'industrie en milieu scolaire, avec un changement de mentalité. Ce qu'entreprend la fédération du décolletage en Savoie avec les salons Smile par exemple. Les médias doivent aussi mieux en parler.

"Si le discours des acteurs change, on peut espérer que celui-ci soit relayé davantage."

Enfin, "l'actuel gouvernement porte une vision plus positive du monde industriel. Ce changement est donc encourageant. Si chacun se met à parler de l'industrie de manière positive, cela y contribuera", souligne l'enseignante qui s'y emploie auprès de ses étudiants.

Des jeunes qui, demain, s'ils choisissent l'industrie seront confrontés à ces problématiques d'embauche.

"Aller recruter dans un secteur en pénurie est un défi. Il leur faut créer de nouvelles méthodes, sensibiliser autrement, c'est motivant pour eux", avance Chloé Guillot-Soulez.

Un challenge à relever.

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.