Great Place To Work : ces neuf entreprises régionales où il fait bon travailler

Great Place To Work a dévoilé récemment son dix-neuvième palmarès des entreprises françaises offrant le meilleur cadre de travail. Et sur les 79 entreprises récompensées, neuf viennent de la région Auvergne Rhône Alpes. Tour d'horizon des lauréats et des nouvelles tendances qu'ils amènent sur le marché, à la lumière de la crise sanitaire qui a transformé également les attentes des salariés.

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Alors que le télétravail et la crise sanitaire ont sans surprise changé les priorités des salariés, les entreprises sélectionnées au sein du palmarès Great Place To Work partent avec un avantage de taille pour surmonter la période actuelle : la confiance dans leur organisation.
Alors que le télétravail et la crise sanitaire ont sans surprise changé les priorités des salariés, les entreprises sélectionnées au sein du palmarès Great Place To Work partent avec un avantage de taille pour surmonter la période actuelle : la confiance dans leur organisation. (Crédits : Reuters)

Depuis la pandémie et l'essor du télétravail, la mission de Great Place To Work a pris un nouveau sens.

Présente dans 60 pays, la structure veut "accompagner l"expérience collaborateur, construire une société meilleure, en aidant les entreprises à développer des lieux où il fait bon travailler", résume Elea Mouaissia, chef de projet à Great Place To Work.

Et cette année, l'entreprise a dévoilé à la mi-avril son dix-neuvième palmarès des meilleures endroits où travailler en France en plein Covid-19. Une édition spéciale, alors que la crise sanitaire était venue bousculer depuis plusieurs mois le quotidien et les pratiques en entreprise. Une occasion d'innover ?

Great Place To Work a en tous les cas pour ambition "d'impulser une dynamique de changement au sein du monde du travail et de repositionner la confiance au coeur des stratégies d'entreprises". Car l'organisation en est persuadée : "la confiance au sein des collaborateurs est une donnée essentielle pour la performance et l'innovation". Et elle semble aussi avoir constitué un critère, ayant permis aux entreprises de son palmarès de traverser la crise sanitaire plus sereinement.

Le palmarès en région

Qui sont justement ces entreprises ? On sait déjà que sur les 79 sociétés issues de son palmarès 2021, Great Place To Work a récompensé neuf entreprises de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Pour les dénicher, le label sur la qualité de vie au travail a, comme à son habitude, mesuré la perception de l'ensemble des collaborateurs des sociétés étudiées (qui compte tout de même pour deux tiers de la note) ainsi que leurs pratiques managériales.

Le principe ? Seules les entreprises ayant enregistré de bonnes notes peuvent ensuite être certifiées, tandis que les meilleures ont été propulsées au palmarès, qui souhaite "rendre visible et inspirant le sujet du bien-être au travail".

Avec, dans la catégorie de 250 à 1.000 salariés :

- Stryker France : Spécialisée dans la distribution de dispositifs médicaux (l'orthopédie et le matériel médico-chirurgical), cette entreprise qui emploie 489 salariés dans le Rhône se hisse à la 5ème position de sa catégorie, après avoir figuré au palmarès depuis 2018.

- C'Pro Auvergne-Rhône-Alpes : C'est le drômois de l'étape. Avec ses 544 salariés, ce spécialiste du traitement de l'information et systèmes à destination des TPE décroche la 9e position de cette catégorie "avec une forte intégration et valorisation de ses collaborateurs, en organisant des événements tout au long de l'année pour resserrer les liens entre les équipes." Elle figure aussi au Palmarès Great Place To Work depuis 2013.

- Homeserve : Forte de ses 470 salariés, la mission de cette entreprise rhodanienne est de proposer des services d'assistance et dépannage à domicile. Fait marquant : en 2021 ? Elle a réussi à gagner pas moins de 12 places par rapport à 2020 et arrive ainsi désormais dans le haut du classement, en 11e position.

- Opteven : Spécialisé dans la fourniture d'assurances et de garanties automobile, cet autre rhodanien qui arrive en 20e position couvre en réalité plusieurs métiers : assistance, garantie panne mécanique, contrats d'entretien, etc..  Avec ses 600 salariés et ses 3 millions de bénéficiaires, c'est la première année que la société rejoint le classement.

Dans la catégorie de 50 à 250 salariés :

- Epsa Tax & Innovation : installé dans le Rhône, ce spécialiste du conseil opérationnel en taxe, énergie et innovation, en lice dans le palmarès depuis 2019, arrive en 10e position. Il emploie actuellement 133 salariés.

- Easylife : cette société rhodanienne, qui propose des solutions de qualité de vie sur mesure au sein des entreprises et résidences se hisse à la 12e place, dès son entrée au classement cette année. Avec ses 68 salariés, elle a imaginé une offre qui souhaite aller "au-delà des services de conciergerie traditionnels".

- Le promoteur immobilier lyonnais, 6ème Sens Immobilier, arrive à la 14e place. Fort de ses 55 salariés, cet acteur de l'immobilier bien ancré à Lyon s'organise autour de deux métiers, la promotion immobilière et la revalorisation. Il intervient sur tout le territoire national, au départ de Lyon et de Paris. C'est sa première année au palmarès.

- Skipper Groupe : implanté en Ardèche, ce fournisseur de solutions logistiques et transports aux entreprises arrive en 25e position. "L'entreprise s'est illustrée en facilitant et accompagnant la mobilité interne, tout au long de la carrière des skippers", précise le label. Elle emploie 240 salariés et là encore, il s'agit de sa première année au sein du classement.

Et enfin dans la catégorie de moins de 50 salariés :

- Géode Conseil : basée dans le Rhône, ce cabinet d'expert-comptable et de commissaire aux comptes obtient la 12e position, alors qu'il figurait déjà au palmarès depuis 2019. Avec ses 29 salariés, il a su mettre "l'intelligence collective au cœur de son fonctionnement", résume Great Place To Work.

De nouvelles préoccupations chez les salariés

En bout de ligne, que peut nous apprendre ce classement ainsi que ses lauréats sur les grandes tendances à venir sur le marché du travail ?

Great Place to Work remarque que, selon une étude menée conjointement à ce palmarès sur un panel de 4.000 actifs, "près de 60 % des Français ont confiance dans la santé sociale et économique de leur entreprise, tandis que ce chiffre s'élève à 87 % pour les entreprises du palmarès". Pour le label sur la qualité de vie au travail, c'est bien une démonstration que ses lauréats "ont fait de l'inclusion et l'engagement des collaborateurs un bouclier face à cette crise."

Car Great Place To Work le défend : l'engagement des collaborateurs, et notamment la confiance qu'ils placent en leur entreprise, permettrait ainsi d'avoir des comportements plus enclins à la solidarité et à sortir de leur rôle prescrit. Un chemin qui mènerait ensuite tout droit vers la performance collective.

L'autre enseignement de ce classement est également lié à la crise sanitaire : car toujours en se basant sur les retours de ses lauréats, le fait d'être acteur au sein de son entreprise aura été un facteur particulièrement apprécié par les salariés en ces temps de pandémie. "On a remarqué que cette année, 51 % des salariés indiquent apprécier que le management les invite à prendre des décisions. C'est tout de même 10 points de plus qu'avant cette crise, et c'est un phénomène d'autant plus marquant durant cette période d'incertitude."

Selon Great Place To Work, "de nouvelles préoccupations ont également fait leur apparition lors de cette édition 2021, tandis que d'autres reculent". Ainsi, les Français placent aujourd'hui en tête de leurs préoccupations dans leur travail quotidien : le sens du travail (41%, une nouveauté cette année) ; la rémunération (36%, contre 33% en 2020) ; l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle (35%, une nouveauté cette année) et l'intérêt porté aux missions (34%, contre 50% en 2020)."

"Une transformation de fond est en train de se produire. Dans la crise, on constate une forme de retour à l'essentiel tandis que les collaborateurs ont désormais des exigences qu'ils n'avaient pas auparavant, et c'est une bonne chose car cela amène ensuite les entreprises à réfléchir et innover", estime Elea Mouaissia.

 "Il n'y a pas de révolution, il y a eu une accélération du télétravail"

Sans oublier le télétravail qui, pour la grande majorité des secteurs qui ont pu le mettre en place, est aussi venu changer les pratiques. "Il n'y a pas de révolution, mais une accélération et une démocratisation du télétravail, parfois même subie", remarque Elea Mouaissia.

Selon elle, le télétravail rentre ainsi désormais dans un tout nouveau modèle d'organisation "smartworking", qui se caractérise par "plus de flexibilité sur le temps et les outils de travail. Ainsi que par trois composantes : les outils, leurs usages à penser de façon inclusive et les espaces de travail, comme un lieu d'appartenance et porteur de sens."

Ces trois composantes sont à penser ensemble si l'entreprise ne veut pas exposer ses salariés à une surcharge d'informations, met en garde Great Place To Work.

Car on a pu le constater au cours des derniers mois : télétravailler nécessite aussi de trouver un meilleur équilibre avec sa vie personnelle. "C'est très challengeant et cela requiert notamment la mise en place d'une forme d'accompagnement et d'écoute au sein des entreprises. S'il n'y a pas une seule "bonne recette" à appliquer partout, une chose est certaine : il est nécessaire d'apporter de la transparence et de la régularité dans la communication pour que cela fonctionne, ainsi que de recréer le côté informel de l'échange".

A ce titre, elle cite l'entreprise lyonnaise Easy Life, qui a créé un "fil vert" entre ses collaborateurs pour les rapprocher, sans compter que tout au long de l'année, son directeur général a choisi de communiquer régulièrement par le biais de webinars et partage les indicateurs clés de l'entreprise au niveau financier, commercial et RH ainsi que l'avancement de différents projets.

Pour les entreprises dans lesquelles le télétravail n'était pas envisageable, l'idéal selon la chargée de projet de Great Place To Work reste en effet de créer des environnements "inclusifs" au sein de l'organisation.

"La notion de confiance ne provient pas directement du fait que l'on travaille à distance, ce modèle peut aussi être développé en présentiel", rappelle-t-elle.

Sans surprise, à l'heure où la France se déconfine progressivement et où un débat sur la conservation du télétravail semble (re)naître, les entreprises avec lesquelles travaille Great Place To Work envisagent aujourd'hui pour la plupart l'avenir sous le signe d'une hybridation entre télétravail et présentiel. De même qu'une réflexion autour de leurs espaces de travail, afin que les bureaux de demain soient aussi plus porteurs de sens.

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