Logistique : Ectra regroupe ses activités sur un nouveau site à Crolles

Le logisticien isérois Ectra, membre du groupe Rezolog, a inauguré son nouveau bâtiment d’entreposage nouvelle génération à Crolles. Avec un double objectif : regrouper les activités de ses cinq sites du bassin grenoblois et anticiper les normes de sécurité à venir.

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(Crédits : DR)

Depuis décembre dernier, le logisticien industriel Ectra a emménagé dans ses locaux "nouvelle génération" à Crolles. Une étape clé pour cet acteur, qui offre également des services de manutention lourde et de négoce. Il y a quelques semaines, il inaugurait ce nouvel entrepôt qui devrait lui permettre de regrouper les activités de ses cinq sites du bassin grenoblois. Mais pas seulement.

"Auparavant, nous avions un problème d'éparpillement avec plusieurs sites de petite surface qui ne nous permettaient pas d'optimiser le personnel ni les coûts fixes. Nous faisons face également à une problématique de remise aux normes de locaux vieillissants dont nous n'étions pas propriétaires et qui nécessitait un investissement important, en vue de pouvoir stocker des matières dangereuses pour nos clients", résume Serge Pommelet, président d'Ectra.

Une volonté qui a conduit le groupe à investir et construire ses propres locaux, rassemblant une surface d'entreposage de 8 000 m² avec des bureaux pour le siège administratif, sur un terrain aménagé de 2,6 hectares. Le tout, avec l'exigence de répondre aux normes existantes et même d'anticiper un potentiel durcissement de la réglementation.

Un projet à 10 millions d'euros

Avec ses 14 mètres de haut, ce nouvel entrepôt - dont la maîtrise d'oeuvre a été confiée à la société Appia Construction de Montbonnot (38) -, permet à Ectra de regrouper une quarantaine de CDI ainsi qu'une dizaine d'intérimaires, mais aussi de disposer d'une surface supplémentaire pour anticiper de futurs développements avec ses clients.

Il intègre notamment des étagères avec système de code-barres, ainsi que des armoires rotatives dans lesquelles le produit vient lui-même à l'opérateur qui a composé, au préalable, un code d'identification.

Un investissement de 10 millions d'euros, soutenu par des prêts bancaires ainsi que le concours de la BPI, qui s'échelonnera sur 12 ans.

"Nous avions des contraintes importantes à relever, car le domaine de la chimie nécessite de pouvoir assurer une certaine température, ainsi que des contraintes spécifiques en matière de protection de la sécurité de l'environnement (plateforme antisismique, groupe électrogène permettant l'autonomie du site, piscines basses de recueil des liquides en cas de sinistre, etc) puisque ce site sera à terme classé Seveso", illustre Serge Pommelet, qui précise que le poste sécurité a nécessité, à lui seul, près de 2 millions d'investissements.

"Nous aurons désormais la possibilité, si nous le souhaitons, de réaliser une petite extension au sein du terrain actuel, qui nous permettrait de doubler notre capacité. En parallèle, nous sommes également recherche de solutions de terrain pour nous implanter entre Chambéry et Annecy", précise le président.

"Suivre les évolutions de la Silicon Valley française"

Car si depuis 1981, le logisticien spécialisé a développé plusieurs spécialités (emballage, transit international, manutention spécialisé et lourde), c'est désormais les domaines de la chimie et de la microélectronique qui tirent sa croissance et l'essentiel de son activité.

Avec un portefeuille clients de 250 noms (parmi lesquels on retrouve STMicroelectronics, le CEA Leti, Soitec, Roche Diagnostics, mais aussi des laboratoires comme Merck), le groupe enregistre un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros (dont 12 millions réalisé par Ectra), pour 130 salariés en CDI dans son ensemble (90 pour Ectra). Et stocke près de 40 millions d'euros de marchandises, avec des livraisons prévues toutes les heures pour certains clients.

"Ectra a suivi les évolutions de la Silicon Valley française en devenant une plateforme spécialisée reconnue pour le stockage des produits dangereux", résume Serge Pommelet.

L'entreprise a depuis stoppé ses activités d'emballage pour se concentrer presque uniquement sur la logistique et la manutention, en s'orientant sur les équipements de salle blanche et de production.

Avec, pour renforcer son expertise, l'acquisition de trois sociétés haut-savoyardes au cours des cinq dernières années, en vue de diversifier ses expertises : Bonzi emballages, qui se spécialise dans la négoce de fourniture d'emballages, Interlogistic, qui œuvre quant à lui dans le secteur de la grande distribution, et Logidyne, spécialisée dans le sport et l'outdoor.

"Cela nous a permis d'avoir un portefeuille diversifié et de créer la marque Rezolog, qui regroupe les trois entités logistiques pour proposer de meilleures solutions à nos clients", confirme le dirigeant.

Se différencier par la spécialisation

Aujourd'hui, le groupe compte neuf implantations sur le grand arc alpin, allant de Saint Clair du Rhône à Annecy, en passant par Grenoble.

"A la différence des grands logisticiens transporteurs, nous proposons des prestations à haute valeur ajoutée pour un marché qui ne nécessite pas de monter à des volumes d'entreposage allant jusqu'à 20 000 m² par site. A Crolles, notre plateforme mesure par exemple 8 000 m²".

Avec, face à lui, une concurrence multiple, et qui demeure plutôt segmentée : "Il existe peu de concurrence spécialisée dans les marchés de la chimie et de la microélectronique en raison des contraintes de température associées, tandis que dans la manutention lourde, on dispose de deux à trois acteurs sérieux au niveau français. Cependant, le domaine de la logistique est quant à lui beaucoup plus concurrentiel, avec la présence de gros acteurs mais également de joueurs plus locaux", note-t-il.

Le groupe mise donc notamment sur sa spécialisation dans le domaine en plein essor de la microélectronique (qui représente près de 50 % de son chiffre d'affaires, tous clients confondus) pour se démarquer.

"Même s'il s'agit d'un marché cyclique, on voit bien l'engouement actuel autour de l'électronique embarquée, des véhicules autonomes, ou des systèmes qui utilisent l'intelligence électronique", constate Serge Pommelet, qui en connaît également la complexité. "Dans cette filière, on n'a pas un contact direct avec le marché, ce qui nécessite donc d'être attentifs et d'anticiper les signaux plusieurs mois à l'avance. Mais on aura globalement toujours besoin de puces, même si leur composition pourra être différente".

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