Grand Frais : les salariés de Cremlog refusent le licenciement économique

A la Talaudière, les salariés de Cremlog (prestataire exclusif logistique crèmerie du groupe Grand Frais) sont dans un bras de fer avec leur direction. Ils refusent le Plan de sauvegarde de l'emploi présenté suite à la décision de déménager la plateforme logistique à Saint-Priest.

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(Crédits : STEPHANIE GALLO)

Sur ordonnance du tribunal de grande Instance de Saint-Etienne notifiée hier soir à 17 heures, les salariés de Cremlog ont dû lever le piquet de grève qu'ils tenaient depuis jeudi dernier, mais poursuivent le bras de fer avec la direction. Implantée à la Talaudière dans la Loire sur l'ex-site CFF, et présidée par Serge Digonnet, Cremlog (CA 2015, dernier chiffre publié : 7,1 millions d'euros pour un résultat net de 93.000 euros) appartient à la galaxie du groupe lyonnais Grand Frais, chaîne de magasins de produits frais (200 magasins ; CA 2016 : un milliard d'euros), dont elle est le prestataire logistique exclusif crèmerie.

Des salariés concernés par le PSE

Les salariés, emmenés par la CGT, protestent contre le déménagement de la plateforme ligérienne sur un nouvel espace de 15 300m² à Saint-Priest dans le Rhône. Déménagement annoncé en mai dernier aux salariés et se traduisant par une proposition de reclassement des 40 salariés en CDI et l'interruption des 70 contrats de prêts de main-d'œuvre de Prelodis (autre société logistique de Serge Digonnet également dans le groupe), disposant actuellement de contrats de prêts de main-d'œuvre.

Une quinzaine de salariés aurait accepté un reclassement à Saint-Priest ou sur la nouvelle plateforme logistique du groupe à Orléans (aide à la mobilité pendant un an, aides au déménagement). Les autres entrent dans le cadre de la procédure de Plan de Sauvegarde de l'emploi.

Un problème de compétitivité ?

Dans un courrier adressé à la mairesse de la Talaudière, Ramona Gonzalez-Grail, - courrier qu'Acteurs de l'Economie - La Tribune a pu se procurer-, Serge Digonnet, que nous n'avons pu joindre, justifie ainsi le PSE :

"Le changement de lieu que nous envisageons est indispensable au regard du fort développement de notre activité et de la superficie insuffisante de nos locaux actuels, qui ne nous permet plus de répondre aux besoins de nos clients. Dans ces conditions, la pérennité de l'entreprise risquant , à court terme, d'être fortement remise en cause, nous n'avons eu d'autres choix que de chercher de nouveaux locaux de travail".

Un motif qui semblerait faire résonance aux nouvelles possibilités de licenciement économique ouvertes par la loi El Khomri.

"Une nébuleuse"

"Nous contestons le motif de licenciement économique", s'emporte Alexis Sermet, référent de la section syndicale CGT Cremlog, unique syndicat présent dans la société.

"La direction annonce la création de 200 magasins d'ici 2020. Comment justifier un licenciement économique dans ces conditions ? Un maintien de la plateforme de la Talaudière aurait parfaitement été possible".

Et de s'indigner : "la direction évoque une question de compétitivité. Comment est-ce possible puisque nous fonctionnons en vase clos et uniquement pour le groupe ?".

Sylvain Valla, secrétaire général de l'Union locale CGT de Saint-Etienne insiste : "nous réclamons un détail des liens économiques et capitalistiques de cette entreprise. Grand Frais est une nébuleuse au sein de laquelle gravitent de nombreuses sociétés. L'organisation est illisible".

Le déménagement de la plateforme est annoncé pour fin novembre.

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