WhaTTfornow accélère sur le vélo urbain électrique, doté d'une gâchette d'accélération

Série [Vélo, la filière made in AURA qui grimpe #6]. Cinq ans après sa création, la jeune pousse haut-savoyarde WhaTTfornow, qui avait candidaté l'an dernier au rachat de la marque de vélos Time auprès du groupe Rossignol, se lance finalement dans un tout autre virage : celui de faire profiter les cyclistes urbains de son vélo à assistance électrique, doté d’une gâchette d’accélération. Avec un nouveau modèle économique à la clé, et une levée de fonds de 900.000 euros dans les sacoches.

4 mn

(Crédits : DR)

L'an passé, l'entreprise basée à Annecy s'apprêtait à acquérir Time, un spécialiste des pédales et des vélos hauts de gamme, propriété de Rossignol. WhaTTfornow entendait encore développer sa propre marque de vélos à assistance électrique.

Mais la donne a changé, et les vélos Time seront finalement partis dans le giron du groupe d'investissement et de gestion franco-américain orienté vers l'industrie du cycle, Cardinal Cycling Group le 27 janvier dernier. « Nous avons choisi de rester centrés sur Whattfornow », explique Christophe Aubonnet, le dirigeant exécutif de l'entreprise.

WhaTTfornow est née en 2016 de la volonté de plusieurs entrepreneurs haut-savoyards de créer un vélo doté d'une assistance électrique particulière. Une gâchette permet au cycliste d'obtenir une accélération à la demande,  avec au menu, « un effet boost » lui permettant de gagner une vitesse « de 0 à 25 km/h en seulement 3 secondes ». Initialement prévue pour permettre le franchissement plus aisé d'obstacles, le vélo rencontre désormais les besoins d'usagers citadins.

Se recentrer sur les besoins urbains

En ville, 90% des déplacements font moins de 6 ou 7 kilomètres, pointe Christophe Aubonnet, ingénieur diplômé de l'INSA qui a 30 ans d'expérience dans le plein air, et qui faisait partie de l'équipe fondatrice des chaussures Hoka, rachetée depuis par le groupe américain Deckers.

Or, le système conçu par WhaTTfornow embarque une batterie de 200 watts-heure, au lieu de 400 à 600 watts-heure sur le marché. « Embarquer une batterie de 600 watts-heure n'a pas de sens pour un déplacement urbain », pointe M. Aubonnet, qui met en avant le « juste dimensionnement de la batterie » au regard des besoins réels des usagers en ville.

Autre atout non négligeable : l'allègement de la batterie ainsi obtenu contribue à une meilleure maniabilité pour ses futurs usagers en milieu urbain, qui doivent changer d'étage pour ranger et sortir leur vélo.  « Cela donne un produit plus léger que les vélos à assistance électrique du marché », explique Christophe Aubonnet.

Le dimensionnement de la batterie permet tout de même une autonomie de 25 kilomètres, sur une heure avec 250 mètres de dénivelé. « C'est largement de quoi couvrir les déplacements urbains », observe le dirigeant exécutif de WhaTTfornow.

Vendre une technologie clé en main

Le renoncement à acquérir Time marque aussi une rupture dans le modèle de développement de l'entreprise, qui ne compte pas établir sa marque sur le marché grand public.

WhaTTfornow mise plutôt sur la vente de licences de fabrication et sur la cession de technologie clé en main. « L'avenir de WhaTTfornow est là, bien plus que de vivre comme une marque », assure Christophe Aubonnet, qui met en avant les coûts et l'énergie nécessaires pour déployer une marque sur le marché. Les ventes permettent davantage de démontrer l'intérêt de sa technologie sur le marché. « Nous n'avons pas l'ambition de vendre 5.000 vélos par an... »

Si son vélo est en effet homologué depuis l'an dernier, et que 75 exemplaires ont été vendus depuis le début de l'année dans 12 magasins en France - dont trois Décathlon, précise M. Aubonnet -, WhaTTfornow va concentrer ses ressources à continuer de démontrer les arguments de sa technologie, tout en développant en parallèle de nouveaux modèles.

Une nouvelle levée de fonds de 900.000 euros

Après avoir investi deux millions d'euros -dont une levée de fonds de 800.000 euros achevée en 2020 par un investissement du skieur Alexis Pinturault-, les associés s'apprêtent à lancer une nouvelle levée de fonds de 900.000 euros d'ici fin 2022.

Ces capitaux permettront le développement commercial en France et à l'étranger, ainsi que la transformation vers le modèle de vente de licences à un industriel et de technologie à des équipementiers.

Des pourparlers sont en cours, confie Christophe Aubonnet. La levée de fonds doit aussi permettre à l'entreprise, désormais basée à Aix-les-Bains, de développer sa technologie pour proposer plusieurs modèles de vélos, en misant sur ses quatre employés et ses trois actionnaires pilotes.

À ses côtés, Christophe Aubonnet peut compter sur Jean-Denis Girardier et Pierre Tognet, deux cadres expérimentés dans la gestion financière et l'industrie, qui sont les deux autres actionnaires pilotes de l'entreprise.

« Nous visons l'équilibre financier en 2023, avec un chiffre d'affaires prévu de 3,5 à 4 millions d'euros, précise M. Aubonnet. À compter de 2024, l'entreprise pourra être rentable, permettant de développer des perspectives intéressantes. »

4 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.