Emin Leydier renoue avec un plan d'investissement

Le premier producteur tricolore de papiers pour ondulé destinés à l'emballage prévoit d'investir entre 30 et 50 millions d'euros dans ses trois cartonneries sur cinq ans. Le groupe basé dans l'Ain, confronté à de graves difficultés financières lors de la crise de 2008, s'oriente vers des produits à plus forte valeur ajoutée dans un contexte de marché où l'offre est excédentaire.

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(Crédits : emin leydier)

Emin Leydier a injecté 1,5 million d'euros dans son unité de Chamblain, à Laveyron dans la Drôme, fabriquant des papiers pour ondulé avec 320 salariés.

« La demande évolue de plus en plus vers des emballages à grammage léger. Nous avons procédé à des adaptations de nos machines dont la productivité devait être améliorée », commente Yves Herbaut, président du groupe basé à Oyonnax, dans l'Ain.

D'ailleurs, un tiers de cette dépense a été consacré à des travaux pour optimiser la consommation d'énergie. L'industriel, dont la situation financière s'est assainie, envisage maintenant d'investir dans ses trois usines d'aval dédiées aux emballages en carton ondulé : Oyonnax, Châteauneuf-la-Forêt (Haute Vienne), et Poix-de-Picardie, dans la Somme.

Les banques, de retour

Yves Herbaut estime nécessaire de consacrer entre 30 et 50 millions d'euros, échelonnés sur les cinq prochaines années, pour moderniser ces cartonneries.

« Nous devons encore accroître la valeur ajoutée des produits dans un marché soumis à une guerre des prix. »

C'est l'éternelle équation d'une demande plutôt molle et d'une offre sur capacitaire. Et pour mener à bien ce plan le dirigeant compte sur le concours de ses banques. Elles ont recommencé à concéder à l'entreprise des lignes de crédits, bien qu'encore modestement : 1 à 2 millions d'euros.

Le fonds First Eagle

Emin Leydier revient de loin. Yves Herbaut, qui a pris les rênes de l'industriel, fin 2011, évoque une réduction de moitié de l'endettement : « 100 millions d'euros il y a trois ans et 50 millions aujourd'hui. » Ce passif tient compte de l'emprunt obligataire accordé par First Eagle, le fonds américain présent depuis 1987 et devenu majoritaire à 51 % en 2009 aux côtés des deux familles fondatrices.

« Nous avons négocié avec notre actionnaire New-Yorkais un étalement pour minimiser les remboursements et dégager une marge de manœuvre pour investir », précise le président.

Le montant de l'emprunt restant dû, fin 2015, s'élève à « 45 millions d'euros » et devrait être ramené à 35 millions à la fin de l'exercice en cours.

Emin Leydier Drôme

Croissance atone

L'emballage est considéré comme un indicateur avancé de la santé économique. Qu'en est il ?

« Je ne vois pas franchement de reprise », répond Yves Herbaut. « En Europe, nous enregistrons une croissance globale de + 0,8 % à ce stade de l'année 2016. En France nous sommes à - 1 %. Allemagne et Espagne sont les pays qui se portent le mieux. »

La vigilance est de mise pour préserver les équilibres financiers. Les matières premières, à savoir les vieux papiers utilisés par le groupe restent élevés. Et de leur côté, les prix du papier recyclé qui s'étaient bien redressés au premier semestre ont dérapé au second. Et l'horizon ne semble pas meilleur pour début 2017.

Jeunes en alternance

Le groupe qui a enregistré 354 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015 (et une rentabilité d'exploitation de l'ordre de 2,6 %) a pris le parti, ces trois dernières années, de recruter annuellement une trentaine de jeunes en alternance du fait de la pyramide des âges.

« Nous allons ralentir le rythme car certains départs à la retraite ne seront pas remplacés automatiquement. Nous voulons revenir en dessous des 1000 salariés. »

Ils sont aujourd'hui 1 020.

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