L'énergie, une épine dans le pied pour Emin Leydier

Le papetier Canson, implanté à Annonay, connait actuellement des difficultés. Mais de l'autre côté du Rhône, à Laveyron, Emin Leydier profite de plus beaux jours. L'arrivée d'un fonds d'investissement américain a sauvé l'entreprise. Aujourd'hui, Emin Leydier peut investir, innover et recruter mais doit faire face à de nouvelles problématiques, comme l'énergie.

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Le groupe Emin Leydier possède une papeterie à Laveyron, en nord Drôme.
Le groupe Emin Leydier possède une papeterie à Laveyron, en nord Drôme. (Crédits : A.T.)

La papeterie Emin Leydier, implantée à Laveyron (Drôme), a connu par le passé des heures difficiles. Spécialisée dans la production de papier pour ondulé à base de recyclé et dans la fabrication d'emballages en carton ondulé, l'entreprise était même au bord de la cessation de paiement en 2009. C'était sans compter le soutien d'un actionnaire minoritaire. Le fonds d'investissement américain First Eagle prenait alors le contrôle du papetier. Point de licenciement, mais un gel des salaires, certains projets d'investissements stoppés et un plan d'économies de 10 millions d'euros, à tous les niveaux. Le siège social déménagera même de la Cité internationale, à Lyon, pour Villeurbanne.

Un appel aux politiques

Aujourd'hui, l'entreprise n'est pas encore "sauvée" mais elle est en bien meilleure santé et moins vulnérable. Le marché européen se porte également mieux. Son chiffre d'affaires s'élève à 350 millions d'euros. Pour autant, un avenir serein ne pourra se dessiner que lorsque certaines problématiques seront traitées. L'utilisation d'énergies fossiles est la première d'entre elle.

"Le coût de l'énergie a plus que doublé. Ce n'est pas identique chez nos concurrents. Nous perdons en compétitivité. Il faut trouver une solution pour produire de la vapeur et utiliser moins d'énergies fossiles. Cela demande des investissements. Les banques sont prudentes, nous avons du mal à convaincre. J'en appelle aux politiques car cela est déterminant pour l'avenir du site", explique Yves Herbaut, le président d'Emin Leydier depuis fin 2011.

Le 25 mars dernier, Gérard Chaumontet, alors vice-président (PS) chargé de l'économie au conseil départemental de la Drôme, indiquait qu'un investissement de plusieurs millions d'euros devrait être engagé à proximité de la papeterie. Une unité de production de vapeur alimentée par des combustibles solides de récupération pourrait en effet voir le jour. Si l'étude a été pilotée par la collectivité, le financement devrait être assuré par des fonds privés. De quoi pérenniser le site et réduire la facture énergétique de la société. Le groupe emploie au total un millier de personnes, dont 300 dans la Drôme.

Yves Herbaut ne mâche également point ses mots quant à l'approvisionnement. Les emballages sont en effet produits à partir de matières recyclées. Un poste de dépenses qui reste important et qui pourrait avoir des répercussions sur l'emploi local. En 2014, 30 personnes ont été recrutées sur le site.

"Une partie des vieux papiers est exportée à l'étranger. En effet, d'autres pays ne collectent pas assez. L'export sert à faire grimper les prix. Ce marché ouvert pose toutefois la responsabilité civique des élus. On ne peut pas ignorer l'emploi local. L'export est normal mais il faut d'abord privilégier la proximité", poursuit Yves Herbaut.

Créer de la valeur ajoutée

Relever les comptes de l'entreprise est une chose, la projeter dans l'avenir en est une autre. Yves Herbaut n'en oublie pas moins l'innovation : de nouveaux produits sont ainsi régulièrement créés.

"L'emballage doit provoquer l'émotion. Cela passe par le design ou le partage d'information. Nous devons satisfaire un achat compulsif. L'emballage doit séduire, communiquer. Nous apportons des services en plus, comme l'emballage inviolable par exemple. Ces développements sont impératifs pour continuer à exister", précise le dirigeant.

Emin Leydier Drôme Rhône

Parmi les autres axes de développement de l'entreprise figure aussi le Rhône. Chaque semaine, le site industriel accueille près de 180 camions. Le terrain sur lequel est implanté le site industriel est en effet en bordure du fleuve. La société espère ainsi, depuis plusieurs années, pouvoir installer un appontement. Une réflexion est d'ailleurs en cours avec Novoceram, basée à proximité, ainsi que les collectivités locales. Un équipement qui permettrait de faire transiter les matières premières par le fleuve. Pour, pourquoi pas, évacuer les vieux papiers de la métropole de Lyon. Il s'agit là d'un souhait évoqué par la société.

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