Services informatiques : la crise sanitaire n'a pas raboté les ambitions de Xefi

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En 2018, Sacha Rosenthal, PDG et fondateur de Xefi annonçait un objectif de 300 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 2023.
En 2018, Sacha Rosenthal, PDG et fondateur de Xefi annonçait un objectif de 300 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 2023. (Crédits : DR)
Et une de plus ! Le prestataire informatique lyonnais pour les TPE/PME Xefi vient d'acquérir Iilyo, une société spécialisée dans l'hébergement de données. Une étape supplémentaire dans la croissance "en spirale" de Xefi, dont la crise sanitaire n'a pas raboté les ambitions, à la fois domestiques et européennes.

"On grandit en spirale depuis le premier jour de la création du groupe", raconte Sacha Rosenthal, PDG et fondateur de Xefi. Son entreprise, fondée en 1997, vend aux TPE/PME du matériel informatique et bureautique ainsi que des services d'usage associés (maintenance, cloud, sécurité, impression, solutions prêtes à l'emploi...).

Dans cet objectif de croissance, début mars, Xefi, basée à Rillieux-la-Pape (Rhône), a racheté la société lyonnaise Iilyo. Cette acquisition vient ainsi renforcer l'offre de Xefi : "Iilyo a développé un cloud en full stack Linux", explique Sacha Rosenthal. Un compétence qui vient enrichir le catalogue de sa société.

Du côté d'Iilyo, cette acquisition a du sens : "En plus de la proximité que Xefi entretient avec ses clients, le groupe possède deux datacenters et donc un savoir-faire important. Un impératif pour entretenir la satisfaction de nos clients", annonce dans un communiqué Rémi Viau, co-fondateur d'Iilyo.

"Mailler le secteur afin faire de l'hébergement très local"

Mais il ne s'agit pas du seul projet de Xefi en pleine crise sanitaire puisque six autres acquisitions sont en cours. Cette croissance permet de renforcer le cœur de métier et "un élargissement des métiers verticalisés", comme l'imagerie médicale, par exemple. Depuis la création de son entreprise, Sacha Rosenthal a piloté 46 reprises.

En parallèle, Xefi se développe aussi en franchise. L'entreprise compte aujourd'hui 122 agences, dont 103 franchises, qui regroupent environ 1.050 collaborateurs fin 2020.

L'entreprise de Rillieux-la-Pape, a déjà installé deux datacenters en région, en 2013 et 2019. Un troisième est en cours de construction à Reventin-Vaugris (Nord-Isère). Plus tard, un autre sera intégré au siège social de Xefi.

Ces datacenters ont vocation à rester dans la région lyonnaise pour "mailler le secteur avec des petits datacenters afin faire de l'hébergement très local", avance Sacha Rosenthal.

En 2018, il définissait un objectif de 300 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 2023. "On est dans les temps", affiche le fondateur de Xefi. "On n'a pas fait une croissance extraordinaire l'an dernier, mais c'est quand même une jolie croissance". Fin 2020, le chiffre d'affaires de Xefi s'élevait 161 millions d'euros.

Son développement international aura néanmoins lui aussi été ralenti par la crise sanitaire. Aujourd'hui, Xefi compte cinq agences en Belgique et deux sont signées en Suisse. Sur le moyen terme, le but est de "développer correctement la Belgique et la Suisse", à travers l'implantation de 20 à 30 agences dans chaque pays. Ensuite, Sacha Rosenthal vise l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie.

En France, "il faut que le siège social grossisse et on veut le doubler de taille. Il nous faut aussi beaucoup de back-office et on veut passer de 300 à 700 personnes à Lyon. L'autre étape c'est Paris : passer d'un siège social de 160 m² à 500 ", projette le PDG de Xefi.

La Xefi Academy, organe de formation de l'entreprise, compte actuellement 70 élèves en alternance, "ils ont tous un CDI à la clé."

"La donnée en France, c'est aussi de la donné maîtrisée"

Début 2020, Xefi a subi lui aussi une cyber-attaque. Sur 11.000 clients, 400 ont été attaqués et parmi eux, seulement trois n'ont pas été rétablis. Cet évènement, ainsi que l'augmentation des cyberattaques en général, a fait accélérer la stratégie de Xefi en la matière : "On augmente le catalogue de produits de sécurité et les commerciaux ont aussi orienté leurs discours dans cette direction", développe Sacha Rosenthal.

"Le seul moyen de sécuriser ses données, c'est dans un data center. [...] L'expérience a prouvé qu'on s'en sortait plutôt bien. Il faut insister auprès de nos clients aujourd'hui, car sinon, ils vont se mettre en danger", avance le PDG.

En plus des cyberattaques, Xefi doit faire face à d'autres enjeux actuels. "On est obligés d'aller vite, parce que nos concurrents sont de plus en plus gros." Les PME se tournent parfois vers des géants de l'informatique pour leurs solutions informatiques, "mais ils font du mass market et n'accompagnent pas forcément bien les entreprises. L'enjeu pour nous est donc de ne pas les laisser prendre ce marché."

Selon Sacha Rosenthal, dans un contexte où la donnée se monnaye, conserver les services informatiques en France constituent aussi une manière de conserver la main sur une forme de souveraineté : "La donnée en France, c'est aussi de la donnée maîtrisée."

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