Le groupe Hardis mise, à son tour, sur l’intelligence artificielle

Après la vague amorcée par les GAFA telles que Google ou Facebook, c’est au tour des acteurs numériques de se positionner sur l’intelligence artificielle. A Grenoble, le groupe Hardis, spécialisé dans le conseil, l’édition de logiciels et les services du numérique vient d’annoncer le lancement d’un département dédié à l’IA pour adresser ce marché qui s’impose comme une vague de fond sur l’ensemble de l’écosystème numérique. Avec un objectif ambitieux de croissance.

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(Crédits : Reuters/Fabrizio Bensch)

Il est passé tout près de la barre des 100 millions d'euros en 2017, avec un chiffre d'affaires de 99,1 millions. Le groupe Hardis entend bien passer à la vitesse supérieure en lançant son propre département d'intelligence artificielle (IA), en vue de faire tendre l'ensemble de ses moyens envers un objectif : le développement de nouvelles solutions intégrant les technologies émergentes, et ce, au sein de l'ensemble de son offre.

"La création de cette nouvelle entité s'inscrit dans notre plan stratégique 2019-2021 qui vise à accélérer la transformation du groupe, avec de nouvelles solutions capitalisant sur les dernières technologies liées aux services cognitifs, à la robotique, au blockchain ou à l'internet des objets en vue d'accompagner nos clients dans leur transformation digitale", annonce Damien Pasquinelli, le nouveau directeur du département d'IA.

Le groupe Hardis souhaite en effet profiter de l'essor de l'IA, dont la valeur du marché mondial a été estimée à 1 200 milliards de dollars par le cabinet Gartner pour 2018, pour nourrir principalement deux marchés cibles : le segment de l'assurance et des finances, qui représente 25 % des revenus du groupe, ainsi que le domaine de la supply chain, qui s'étend de la production à la logistique, en passant par la distribution.

"Aujourd'hui, on voit bien que si l'on ne parle pas d'IA, on n'existe pas sur le marché... Or pour nous, il ne s'agit pas de faire de la technologie pour la technologie, mais de nous appuyer sur les marchés où nous sommes déjà reconnus afin de proposer de nouvelles solutions à nos clients", glisse-t-il.

Une nouvelle entité

Plus que de la R&D, le groupe Hardis souhaite donc identifier de nouveaux usages et business models, développer des projets de co-innovation pour les transformer ensuite en projets industriels, afin de créer en bout de ligne de nouveaux services et produits.

Ce nouveau département sera ainsi partie prenante de l'entité Advanced solutions (anciennement Cloud Platform), qui rassemble déjà les compétences du groupe dans le cloud et l'écosystème Salesforce.

"L'objectif est ensuite de déployer cette nouvelle organisation sur l'ensemble de nos sites afin d'accélérer nos développements autour des technologies émergentes dans l'ensemble de nos offres et services", indique Damien Pasquinelli, qui incarne lui-même cette ambition en devenant en même temps Chief Technology Officer (CTO) du domaine d'activité stratégique Advanced Solutions.

Alors que le segment de l'IA ne représentait jusqu'ici qu'une faible proportion des revenus du groupe (environ 500 000 euros), le groupe Hardis ambitionne de faire grimper ce chiffre à 5 millions d'euros d'ici 2021.

"Nous étions jusqu'ici dans une démarche exploratoire, mais nous avons observé que l'intelligence artificielle était une lame de fond qui remet en cause une grande partie de ce que nous faisons aujourd'hui", justifie le nouveau directeur de l'activité IA.

Si le montant de l'investissement réalisé demeure confidentiel "pour des raisons stratégiques", Hardis espère rapidement monter en puissance, avec le recrutement d'une trentaine de collaborateurs prochainement à Paris et Grenoble, afin d'atteindre le seuil des 60 personnes au sein du département IA d'ici fin 2019. "Nous disposons déjà en interne d'architectes de développeurs possédant de l'expérience sur des projets et nous allons lancer une phase de recrutement pour venir renforcer cette équipe avec des data scientists et experts techniques, ainsi que des chefs et directeurs de projets. Nous ne nous fixons pas de limite haute pour recruter étant donné la situation sur le marché, où la concurrence est forte pour attirer les collaborateurs spécialisés", souligne Damien Pasquinelli, qui mise justement sur le signal positif que peut envoyer la création d'une telle entité à l'attention des candidats.

Une stratégie long terme

Bien que cette nouvelle structure nécessite une réorganisation, il ne s'agit pas d'un bouleversement majeur, note cependant le nouveau directeur de l'IA.

"Nous avons pioché les compétences qui étaient déjà là et nous avons voulu créer autour de celles-ci une entité pour accélérer les développements existants", indique-t-il.

Avec 1 000 collaborateurs répartis entre ses différents sites (Grenoble, Paris, Lyon, Lille, Nantes, Bordeaux, Genève, Madrid et Utrecht), le groupe Hardis souhaite également continuer de cultiver son positionnement de société de conseil, d'éditeur de logiciels et de fournisseur de services reliés au numérique (ESN), qui lui a permis d'enregistrer une croissance de 19% en 2019.

"Nous sommes en train d'étendre nos marchés en Europe progressivement", ajoute Damien Pasquinelli, qui rappelle que des filiales en Suisse et en Espagne ont été créés l'an dernier, ainsi qu'aux Pays-Bas, cette année.

Parmi ses principaux clients, on retrouve de grands comptes, et notamment des logisticiens tels que XPO, de grands groupes présents sur différents marchés (Schneider Electric, Harmonie Mutuelle) ainsi que des PME.

Pour nourrir cette stratégie, la société a également réalisé l'an dernier ses deux premières acquisitions, dont le montant n'a pas été communiqué, avec le rachat du pure-player parisien Synefo ainsi que de la société bordelaise Bluetis, tous deux spécialisés dans l'écosystème Salesforce.

"Ces deux opérations, qui représentaient 25 salariés au total, s'inscrivent dans notre volonté d'accélérer les sujets autour du cloud, tandis que l'intégration de solutions Salesforce nous permet d'adresser les problématiques aval du secteur de la logistique, avec l'ensemble des relations clients et distributeurs", affirme le directeur de l'IA.

Si le groupe Hardis ne prévoit pas de réaliser d'autres opérations pour l'instant, il confirme néanmoins qu'il demeure ouvert aux opportunités. "Nous sommes très présents dans les incubateurs et nous ne nous interdisons pas d'identifier un partenaire pour avoir ce petit coup d'accélérateur que nous recherchons".

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