Notation Fitch : malgré la pandémie, les voyants du Grand Lyon restent au vert

A l'issue de deux années de crise sanitaire et d'un changement de majorité en juin 2020, la santé financière de la Métropole de Lyon se place néanmoins dans la continuité. Pour la 5e année consécutive, l'agence Fitch Ratings lui a en effet à nouveau attribué la note maximale AA. Dans son rapport de notation, l'agence salue la capacité de désendettement et la gestion des dépenses de la collectivité aux pouvoirs étendus, puisqu'elle agrège pour rappel les compétences d'un Département et d'une Métropole de 59 communes sur son périmètre.

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(Crédits : DR)

C'est la cinquième année que la Métropole de Lyon obtient la note AA, soit la note maximale, attribuée par l'agence Fitch Ratings, qui passe au crible notamment l'endettement, l'autofinancement, l'épargne et la bonne gestion de la collectivité.

Après avoir évalué la situation financière de la Métropole, l'agence note que la "capacité de désendettement s'est améliorée en 2021" et la dynamique "contrôlée". Et ce, malgré la crise sanitaire, qui courre depuis deux années et a généré des dépenses imprévues, ainsi que le changement de majorité intervenu lors des dernières élections métropolitaines de juillet 2020.

Une bonne nouvelle pour la majorité écologiste, arrivée au pouvoir en juin 2020 :

"Ces résultats démontrent que notre métropole, dans un contexte économique et géopolitique incertain, parvient à développer un programme d'investissement ambitieux, tout en préservant les marges de manœuvre et la santé financière de la collectivité, pour répondre aux besoins des habitantes et habitants du territoire", s'est félicité le président EELV de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, par voie de communiqué.

Pour l'adjoint Bertrand Artigny,"cela montre que les écologistes sont capables de pouvoir gérer une collectivité comme la Métropole de Lyon. A notre arrivée, nous avions été beaucoup critiqués sur ce point, en disant que les gens allaient fuir la Métropole", affirmait l'élu au micro de BFM Lyon.

Pour rappel, le Grand Lyon demeure une collectivité au statut particulier à l'échelle nationale puisqu'elle est la seule à agréger, en vertu d'un statut permis par la loi Maptam, les compétences d'une Métropole et d'un Département à l'échelle de ses 59 communes.

Soit un budget XXL qui s'est traduit par le vote, l'an dernier, d'une programmation pluriannuelle d'investissement (PPI) votée à 3,6 milliards d'euros, en hausse de 100 millions d'euros.

Des dépenses "contrôlées"

Une dynamique positive qui s'était toutefois déjà enclenchée depuis plusieurs années, comme le relevait déjà l'agence de notation Fitch en 2018, sous les mandats successifs de Gérard Collomb et David Kimelfled.

"Les notes attribuées reflètent les performances budgétaires solides de la Métropole de Lyon, l'augmentation attendue de son endettement avec une capacité de désendettement (CDD) de neuf ans environ en 2022", considère l'agence.

Aussi, "les dépenses de fonctionnement évoluent, en ligne avec les recettes et l'investissement dans les politiques publiques structurantes pour l'autonomie, et la solidarité du territoire est soutenue", ajoute-t-elle dans son rapport.

Les dépenses de gestion progressent légèrement, mais de façon contrôlée, précise l'agence, puisqu'entre 2016 et 2021, "celles-ci ont augmenté à un rythme inférieur aux recettes de gestion (0.2% par an en moyenne contre 0.7%)".

Des dépenses qui peuvent également être attribuables, en partie, aux changements de cap en provenance du gouvernement, comme le note Fitch Ratings :

"Une part importante des dépenses de la Métropole dépend de décisions prises au niveau national, notamment les dépenses qui relèvent de l'action sociale, ce qui contraint sa capacité à les maîtriser. Ces dépenses comprennent le revenu de solidarité active (RSA). Il s'agit d'une dépense contracyclique, qui tend à croître quand le taux de chômage augmente".

Cette dépense aura d'ailleurs légèrement reculé en 2021 (-1%), après toutefois une forte hausse en 2020 (+12%), liée à aux conséquences de la pandémie. "Le poids de cette dépense dans le budget de la métropole reste toutefois relativement faible", note l'agence, puisqu'il s'élèverait à près de 12% des dépenses de gestion en 2021, contre 18% en moyenne pour les Départements français qui portent également la même compétence.

La Métropole de Lyon avait également décidé d'expérimenter un Revenu de Solidarité Jeunes (RSJ) sur 24 mois à compter de mai 2021. Celui-ci vise à garantir un revenu minimum pouvant aller jusqu'à 400 euros mensuels pour des jeunes âgés de 18 à 24 ans. A date, près de 717 jeunes ont déjà pu bénéficier de ce dispositif, affirmait la Métropole en février dernier.

Des besoins jugés élevés

Sur le volet investissement, le Grand Lyon dispose, en théorie, comme le rappelle l'agence d'une flexibilité supérieure sur ses dépenses d'investissements (qui représentent 21% de ses dépenses totales en 2021), dont une part pourrait être réduite ou reportée en cas de nécessité.

"Mais cette flexibilité est en partie limitée par les besoins d'investissement importants sur le territoire (en raison notamment d'une pression démographique élevée (la population de la métropole a augmenté de +0.9% par an en moyenne entre 2013 et 2018, contre +0.4% au niveau national). Au total, nous estimons que la part des dépenses inflexibles se situe entre 70% et 90% des dépenses totales", ajoute l'agence Fitch.

La ville de Lyon et la Région sont par ailleurs elles aussi notées AAA, mais cette fois selon la classification de l'agence Standard & Poor's.

(avec ML)

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