En pleine tempête sur le gaz russe, GRTgaz confirme une hausse de la consommation en AURA en 2021

Alors que l’Europe se trouve en pleine crise géopolitique avec la guerre menée en Ukraine par la Russie, figure désormais, parmi les enjeux, la question de la dépendance au gaz russe de l’Europe. C'est dans ce contexte électrique que le second transporteur européen de gaz, GRTgaz, livrait ce jeudi en toute discrétion son bilan annuel en Auvergne Rhône-Alpes. Et pour le groupe, qui emploie 393 salariés et exploite 3.925 kilomètres de réseau dans la région, l’année 2021 s’est déjà traduite par une hausse de la consommation en AURA de 8% sur une année, une chiffre qui se situe "dans la moyenne haute nationale".

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Alors que l'entrée en guerre de la Russie contre l'Ukraine et les sanctions économiques votées par la communauté internationale font peser une épée de Damoclès sur la politique énergétique de l'Europe, le transporteur de gaz GRTgaz, qui assure la majorité du transport du gaz en France, a livre un premier bilan 2021 de la consommation énergétique en Auvergne Rhône-Alpes.
Alors que l'entrée en guerre de la Russie contre l'Ukraine et les sanctions économiques votées par la communauté internationale font peser une épée de Damoclès sur la politique énergétique de l'Europe, le transporteur de gaz GRTgaz, qui assure la majorité du transport du gaz en France, a livre un premier bilan 2021 de la consommation énergétique en Auvergne Rhône-Alpes. (Crédits : Grtgaz)

Une fois n'est pas coutume, il ne tiendra pas de conférence de presse pour exposer ses résultats 2021. Le transporteur de gaz GRTgaz (ex-Gaz de France), filiale à 60% d'Engie, a livré ce jeudi de derniers résultats annuels en Auvergne Rhône-Alpes dans la discrétion.

Déjà, il y a quelques jours, la société qui se pose comme le second acteur du marché européen du transport de gaz, avait prévenu :

« La situation actuelle engendre des questions sur l'approvisionnement en gaz sur lesquelles GRTgaz n'est pas compétent pour répondre. Dans ce contexte, afin de ne pas décevoir les attentes, GRTgaz a fait le choix de ne pas tenir cette conférence de presse », affirmait l'antenne Auvergne Rhône-Alpes du groupe.

Il faut dire que l'entrée en guerre de la Russie contre l'Ukraine, et les sanctions économiques fortes requises par la communauté internationale et l'Europe, font peser une épée de Damoclès sur la politique énergétique de l'Europe.

Le gaz produit par la Russie représente en effet un tiers des approvisionnements de l'UE, et même 55% des approvisionnements en Allemagne. Mais en France, la situation est différente car si l'Hexagone importe encore 99% de son gaz naturel, son premier fournisseur demeurant la Norvège (36%), tandis que la Russie arrive en seconde position (17%).

Et le gaz ne représente également « que » 16 % du mix énergétique français (contre 22% à l'échelle européenne), tandis que le choix du nucléaire porte la contribution de l'atome à 40% au sein de l'Hexagone.

Reste que pour livrer ce gaz provenant de différents pays, le réseau de transport est assuré par des infrastructures (gazoducs ou transport réalisé sous forme de gaz naturel liquéfié, par des navires méthaniers), dont l'exploitation est confiée à un gestionnaire indépendant. Et en France, la majeure partie du territoire est ainsi couverte par GRTgaz.

Un impact météorologique "significatif" sur la consommation brute

C'est donc un bilan assez succinct qui a été livré, cette semaine. On y constate par exemple que la consommation de gaz dans la région Auvergne-Rhône-Alpes a progressé de 8%, pour s'établir à 51 TWh en 2021.

Un chiffre qui se situe dans la moyenne "haute" puisque la consommation nationale aura, sur la même période, elle-même augmenté de 6%, avec de fortes disparités entre les régions (-6% pour PACA mais +12% pour l'Ile-de-France ou la Bourgogne Franche-Comté).

« Avec une température moyenne annuelle en 2021 inférieure de 1,4°C à celle de 2020, année la plus chaude jamais enregistrée en France, l'impact du facteur météorologique est significatif sur la consommation brute des distributions publiques. Celle-ci est en augmentation de 12,5% en 2021 (par rapport à 2020) dans la région, contre 12% nationalement », indique le transporteur de gaz, par voie de communiqué.

La demande en gaz issue du secteur industriel aura d'ailleurs ainsi d'ores et déjà retrouvé son niveau de 2019. Dans le détail, la proportion de gaz nécessaire à la production électrique centralisée est restée stable cette année, tandis que les besoins des grands industriels ont reculé (-19%) au profit d'une distribution publique qui a, en contrepartie, augmenté de 6%.

Pour autant, GRTgaz note par exemple qu'à l'échelle nationale, les centrales de production d'électricité à partir de gaz ont vu (quant à elles) « leur consommation diminuer de 10% en 2021, malgré une contribution en hausse durant les périodes hivernales pour soutenir le système électrique. En Auvergne-Rhône-Alpes, la centrale de Bayet a ainsi vu sa production de gaz diminuer de 33% ».

La méthanisation progresse encore en AURA

Dans son bilan annuel, le transporteur note également que la production de gaz issue de la méthanisation progresse : ce sont désormais près de 365 sites injectant du biométhane qui sont présents sur le territoire français à fin 2021, soit 151 installations de plus par rapport à l'année précédente.

Celles-ci auront même permis de doubler également l'offre de biométhane disponible (soit 4,3 TWh au lieu de 2,2 TWh en 2020).

Et la région Auvergne Rhône-Alpes a participé à cette tendance, en dénombrant 28 sites injectant sur les réseaux gaziers en 2021 (contre seulement 15 en 2020), « pour une capacité totale de production de 266 GWh/an, soit une hausse de 82% par rapport à 2020 », qui correspond désormais à la consommation de 23.000 logements.

Parmi les autres marqueurs qui se dessinent, GRTgaz affirme que « l'hydrogène bas-carbone », un sujet où les initiatives s'affichent nombreuses en AURA, « rejoint le concert des gaz renouvelables », sans pour autant avancer de chiffres. « Des études de maillage du réseau hydrogène sont actuellement en cours en région Auvergne-Rhône-Alpes, précise GRTgaz à La Tribune. Un démonstrateur de Power-to-gas, Jupiter 1000, existe depuis 2016 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, à Fos-sur-mer (13), avec pour objectif de transformer l'électricité intermittente d'origine renouvelable en hydrogène et d'apporter ainsi une solution de production et de stockage d'énergie bas carbone ».

Par ailleurs, GRTgaz s'est associé au gestionnaire du réseau de transport de gaz Téréga pour lancer une consultation nationale auprès des industriels, visant à connaître leurs besoins en hydrogène, avec une première restitution de ces travaux prévue le 10 mars prochain.

La mobilité gaz se poursuit également

A noter également que sur le marché du gaz naturel véhicule (GNV) dédié à la mobilité, le segment du (bio)GNV progresse fortement en Auvergne-Rhône-Alpes : « près de 1166 camions (+48% en 2021) et 500 bus et cars (+55%) sont en circulation dans la région et se ravitaillent en gaz/biogaz dans 26 stations publiques (vs 18 en 2020), et 7 autres sont en projet) », annonce GRTgaz.

Avec, du côté du gaz naturel comprimé (GNC), un volume particulièrement important consommé en Auvergne Rhône-Alpes, puisque la région se hisse à la seconde place, juste derrière l'Ile-de-France, en ayant consommé un  volume d'environ 307 GWh.

« A l'échelon national, le (bio)GNV a renforcé sa place de carburant leader sur le marché des bus neufs, avec près d'un véhicule sur deux en 2021 », note également GRT Gaz, qui estime que plus de 15.000 véhicules lourds fonctionnent au (bio)GNV en France, soit une multiplication par trois en 5 ans, avec près de 252 sites d'avitaillement publics (dont 74 mises en service en 2021).

Quelles prévisions pour 2022 ?

Côté prévisions sur 2022, GRTgaz affirme que la consommation à venir "dépendra de plusieurs facteurs, dont le facteur météorologique notamment", et préfère renvoyer aux prévisions compilées par l'ENTSOG, le Réseau européen des gestionnaires de transport pour l'électricité et le gaz. Le transporteur précise par ailleurs qu'au niveau national, "nous ne constatons à l'heure actuelle aucune difficulté d'approvisionnement ni d'acheminement de gaz sur le réseau français".

Pour rappel, GRTgaz se pose comme le 2ème transporteur européen de gaz, avec 32.510 kms de canalisations et 640 TWh de gaz transporté, et deux filiales (Elengy, leader des terminaux méthaniers en Europe, et GRTgaz Deutschland, opérateur du réseau de transport allemand Megal).

Il emploie 3.3430 salariés (dont 393 en AURA) pour un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d'euros en 2020, réalisé auprès de 945 clients (expéditeurs, distributeurs, industriels, centrales et de producteurs de biométhane). Il s'est par ailleurs engagé à fournir un mix gazier « neutre » d'ici 2050, à travers les filières d'hydrogène et de gaz renouvelables (biométhane et gaz issus des déchets solides et liquides).

Dans son dernier bilan, GRTgaz précisait d'ailleurs que le groupe aura investi 27 millions d'euros en Auvergne-Rhône-Alpes « pour assurer la sécurité d'approvisionnement, entretenir et moderniser ses installations et accélérer son soutien à la transition énergétique ».

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