Gigafactory Genvia : les rênes seront confiées à l'iséroise Florence Lambert

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Après avoir dirigé le CEA-Liten depuis 2013, l'un des principaux centres de recherches européens dans le domaine des nouvelles énergies, Florence Lambert prend la tête de la nouvelle structure Genvia, destinée à faire émerger une gigafactory d'électrolyseurs d'ici 2025.
Après avoir dirigé le CEA-Liten depuis 2013, l'un des principaux centres de recherches européens dans le domaine des nouvelles énergies, Florence Lambert prend la tête de la nouvelle structure Genvia, destinée à faire émerger une gigafactory d'électrolyseurs d'ici 2025. (Crédits : DR/Pierre Jayet)
LA CONQUETE HYDROGENE, épisode 7. Elle venait de quitter les commandes du CEA-Liten en toute discrétion, au terme d’une vingtaine d’années passées au sein de la "maison" : l’ex-directrice générale Florence Lambert vient d’être officiellement nommée au poste de présidente de l'entreprise Genvia, la nouvelle joint-venture en cours de création par plusieurs partenaires, dont le chimiste Schlumberger New Energy ainsi que le CEA. Objectif : impulser le transfert industriel d’une nouvelle technologie disruptive d'électrolyseur, développée par le centre de recherche grenoblois.

Elle souhaite prendre des positions offensives sur le marché de l'hydrogène. La joint-venture Geniva, en cours de constitution, après avoir obtenu le feu vert de la Commission Européenne il y a quelques jours, se structure pas à pas. Ce lundi, ses partenaires, dont le chimiste Schlumberger New Energy ainsi que le CEA, mais également le cimentier Vicat, le constructeur Vinci, et l'agence AREC Occitanie ont dévoilé une brique de sa future gouvernance.

Et sans grande surprise, celle-ci se base sur un profil issu de 20 années d'expérience dans le domaine des nouvelles technologies énergétiques, qui n'est autre que l'ex-directrice générale du CEA Liten, Florence Lambert. Celle-ci venait de laisser sa place à François Legalland, son ancien directeur adjoint, aux commandes du centre de recherche destiné aux nouvelles énergies, basé à Grenoble.

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Florence Lambert avait elle aussi rejoint les rangs du CEA dès février 2000, après avoir assumé différentes fonctions managériales au sein du domaine des énergies renouvelables. Elle avait finalement pris la tête de l'institut CEA-Liten, l'un des principaux instituts dédiés à la transition énergétique en Europe, et avait été identifiée dans le premier palmarès des 20 femmes d'influence des ENR en France, selon le magazine GreenUnivers. Florence Lambert avait d'ailleurs pris en 2018 la présidence de la Commission Industrie, Emplois et Innovation du Syndicat des Energies Renouvelables (SER).

Un conseil d'administration, reflet de ses partenaires stratégiques

En parallèle à cette nomination, le CEA précise que la gouvernance de la nouvelle structure est en passe d'être établie. La joint-venture disposera ainsi d'un conseil d'administration, « composé de représentants de haut niveau des partenaires fondateurs ». Avec parmi eux, deux profils issus en premier lieu des principaux instigateurs de ce projet, que sont le CEA (François Jacq, administrateur général et Philippe Stohr, directeur des énergies), ainsi que la société Schlumberger (qui sera représentée par Ashok Belani, vice-président exécutif des nouvelles énergies, et Olivier Peyret, président du marché français).

Ils seront rejoint aux commandes par Guy Sidos, président et directeur général du cimentier Vicat, Pascal Baylocq, président de Geostock (une filiale du groupe VINCI Construction) ainsi que Stéphane Péré, directeur général de l'AREC Occitanie.

Leur feuille de route aurait été clairement définie désormais, « avec des jalons ambitieux pour le développement et l'industrialisation des technologies des oxydes solides », se félicitent les deux partenaires. Car les défis qu'ils auront à résoudre seront à la hauteur des attentes générées par cette nouvelle technologie, qui surfe sur une filière en plein boom : au cours des 30 prochaines années, la production d'hydrogène pourrait représenter 20 % de la demande énergétique totale, selon des données rapportées par l'Hydrogen Council.

Le secteur bénéficie également d'une manne de financements exceptionnelle de la part du gouvernement français, qui a souhaité capitaliser sur des filières d'avenir au sein de son plan de relance, dont l'hydrogène, avec près de 7,2 milliards d'aides annoncées à la filière, principalement sous forme d'appels à projets et de subventions à la recherche.

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Et avec son modèle d'électrolyseur d'oxyde solide à haute performance, la future entité Genvia compte bien apporte une solution innovante, qui vise à lui permettre de revendiquer de solides parts de marchés. Objectif : rendre l'hydrogène décarboné compétitif. Entièrement réversible, cette technologie doit en effet permettre de passer de l'électrolyse à la pile à combustible, mais aussi d'augmenter de 30 % le rendement de conversion de l'électricité par kilogramme d'hydrogène produit. Avec une ambition : ramener ainsi le coût de production d'hydrogène dit « propre », à un niveau concurrentiel par rapport aux autres sources d'énergies, en vue de relever l'un des principaux défis qui pèsent actuellement sur cette filière.

Plusieurs étapes d'ici 2025

Pour y parvenir, le développement de Genvia devrait se faire en plusieurs étapes, avec le lancement d'une première ligne pilote de fabrication au sein d'une usine Schlumberger, située à Béziers (Occitanie).

La nouvelle entité devrait ensuite participer à une série de projets de démonstration, aux côtés de différents partenaires, en vue de mener et étudier différents cas d'utilisation pour les secteurs de l'industrie, de l'énergie et de la mobilité. Ceux-ci devraient notamment porter « sur des systèmes de 300 kW en 2023 et des systèmes d'une capacité de plusieurs mégawatts en 2024 », présagent les deux principaux partenaires.

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Ils devraient capitaliser sur ces résultats pour lancer ensuite la construction (ainsi que les investissements, dont le montant demeure à ce stade non-communiqué) dans une gigafactory visant à produire en série ces électrolyseurs à compter de 2025. Avec l'objectif d'atteindre une rampe de production, en ligne avec la demande du marché, « d'ici 2030 et au-delà. »

En attendant, la nouvelle présidente Florence Lambert, qui prendra officiellement ses fonctions au 1er mars prochain, a rappelé que "Genvia favorise la constitution du nouvel écosystème nécessaire pour accélérer le développement et l'industrialisation d'une production d'hydrogène décarbonée abordable. Je suis particulièrement ravie d'avoir l'opportunité de créer, au travers de Genvia, de la valeur et des emplois, tout en ayant un impact sur le changement climatique".

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Commentaires
a écrit le 09/02/2021 à 15:29 :
Mais oui elle a un visage resplendissant ne vous en faites pas on ne peut que le voir... :-)

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