Anti-Gaspi : la startup Hors Normes veut donner une seconde chance aux légumes "moches"

Empêcher les fruits et légumes hors-calibre de finir à la benne et agir en amont de la chaîne alimentaire pour éviter le gaspillage. C'est le credo de la startup Hors Normes qui débarque à Lyon, après un premier déploiement en Île de France courant 2020. Un acteur de plus dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, dans une métropole déjà riche en initiatives. Lyon se pose également comme la première ville où se déploie Hors-Normes en dehors de l'Ile-de-France et la startup y compte déjà près de 200 clients.

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(Crédits : DR Hors Normes)

Une initiative de plus contre le gaspillage alimentaire arrive à Lyon : des paniers de fruits et légumes hors calibres et bio, vendus moins chers.

Cette idée est portée par la startup Hors Normes, créée en avril 2020, pour permettre "aux agriculteurs de trouver des débouchés commerciaux à leurs fruits et légumes refusés par la distribution traditionnelle (parce que trop gros, trop petits, ou biscornus)".

En lien directe avec des producteurs de toute la France, Hors Normes vend ces fruits et légumes qui auraient été perdus (entre 5 et 10% de leurs production) environ 40% moins cher que les prix en grande distribution.

A l'origine, les trois cofondateurs d'Hors Normes ont décidé de créer une startup avec un "impact positif et environnemental", selon Sven Ripoche, un des cofondateurs. "Dans nos recherches, le gaspillage alimentaire est ressorti assez vite comme un grand enjeu."

Un an après sa création, cette startup a réussi à séduire et à boucler une première levée de fonds de 1,5 million d'euros. Aujourd'hui, elle emploie seize salariés. Depuis sa création, la jeune pousse compte "un peu plus de 2.000 clients", 30 agriculteurs et producteurs partenaires, ainsi que 100 points de retrait.

Elle aurait aussi "sauvé" 90 tonnes de fruits et légumes en 2021. Les paniers sont aussi en cours de diversification, avec des produits comme de la compote, des oeufs, etc. En fonction des invendus des producteurs pour diverses raisons (changement de packaging, calibre, date de durabilité proche...).

Lyon, première ville d'implantation hors Île-de-France

A noter que Lyon est la première ville hors Hors Île-de-France, où la startup a décidé de s'installer en début d'année. Grâche au bouche-à-oreille, la ville compte environ 200 clients. "On vise les 500 clients d'ici un mois et demi."

Aussi, la prochaine étape sera de déployer ses services de livraison à Villeurbanne et Ecully, deux communes proches du centre de Lyon, mais avant, il lui faudra trouver des commerces partenaires.

Car pour la confection de ses paniers, Hors Normes travaille jusqu'ici avec Nouvelle Attitude, une entreprise d'insertion par l'activité économique, tandis que la livraison est assurée par Urby et Fends la Bise, en vélos cargos.

L'implantation à Lyon s'est faite "pour deux raisons" : la convénience et la cohérence de travailler avec Nouvelle Attitude, qui proposait déjà des services de conditionnement et de logistique. Une grande métropole qui permettait également à la jeune pousse de toucher "potentiellement plus de personnes intéressées ainsi qu'un écosystème déjà établi", affirme Sven Ripoche.

En effet, selon une étude menée par la Métropole en 2019, sur un panel de 650 habitants, les deux tiers des grands lyonnais affirmaient être "préoccupés par la présence de pesticides ou d'additifs". Pour 32% d'entre eux, le prix est même "le premier critère de choix des produits".

En revanche, les fruits et légumes des paniers lyonnais sont certes bio, mais ils ne proviennent pas forcément de producteurs locaux. Un parti pris assumé pour proposer une certaine diversité dans les paniers.

S'inscrire en amont de la chaîne

"En amont de la chaîne, il y a la production et la transformation. En aval, il y a la distribution et la consommation : le gaspillage se situe en réalité entre les deux. Car en aval, il existe déjà un grand nombre d'initiatives comme Too Good To Go, Phenix... Mais en parlant avec les acteurs de l'amont, on s'est rendus compte  qu'il y avait moins de solutions", explique Sven Ripoche.

Dans le cadre du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire à réduire de moitié le gaspillage alimentaire à l'horizon 2025 la loi de 2016, l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a mené un grande étude nationale pour qualifier, quantifier et connaître la nature de ce gaspillage.

Au niveau de la production, "pour les légumes, hors pommes de terre, les pertes pour l'alimentation humaine, à ce stade de la filière, représentent 11% de la production. [...] soit 625.000 tonnes par an." Pour les fruits, "les pertes pour l'alimentation humaine, à ce stade de la filière, représentent 11% de la production. [...] Soit 313.000 tonnes par année."

"Les raisons de ces pertes et gaspillages diffèrent suivant les produits, mais globalement, l'essentiel est lié à des problèmes d'aspect, de calibre ou de forme (produits écartés car non conformes au cahier des charges de la distribution ou de la transformation) et à des surproductions qui ne trouvent pas de débouchés économiques satisfaisants", corrobore l'Ademe.

Et en effet, au niveau de la distribution, le gaspillage est moindre. Il est estimé à 4% pour les légumes, soit 164.000 tonnes de légumes (frais ou transformés) par an et 6% pour les fruits, soit 149.000 tonnes de fruits perdus pour l'alimentation humaine chaque année.

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