Automobile : Anderton Castings va investir 25 millions pour accompagner les start-ups de la mobilité électrique

Le petit équipementier automobile ligérien, Anderton Castings, annonce un plan d’investissement de 26 millions d’euros d’ici 2025 pour augmenter la cadence de production de ses pièces de sécurité destinées aux véhicules électriques et hybrides innovants. Une spécialisation qu’elle travaille, avec succès, depuis 5 ans.

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Anderton Castings intervient sur toutes les pièces de liaison au sol
Anderton Castings intervient sur toutes les pièces de liaison au sol (Crédits : DR)

Il n'a pris en compte que 50 à 70% des volumes envisagés par ses clients pour les trois prochaines années. Une mesure de prudence indispensable lorsqu'on commerce principalement avec des start-ups dont l'ascension est forcément incertaine. Et pourtant, la montée en puissance annoncée par Richard Musy, le président de l'équipementier automobile ligérien Anderton Castings, est impressionnante : 1,9 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, 4 millions en 2022 avec 100 salariés à la fin de l'année (88 actuellement), 17 millions en 2023 et 50 millions en 2025 (avec un effectif presque doublé par rapport à aujourd'hui).

En face de cette croissance galopante espérée, des investissements tout aussi massifs : 26 millions d'euros au total d'ici 2025 pour doubler la surface de production du bâtiment (5.000m²), acquérir sept nouveaux centres d'usinage multiaxes, installer deux lignes d'assemblage et de parachèvement etc. Pour abonder ce plan, l'entreprise a déjà obtenu 800.000 euros du plan de relance de l'Etat et autant de la Région. Sur ces 26 millions, 11 seront supportés par les clients d'Anderton (machines et moules spécifiques en particulier), le reste par l'entreprise ligérienne. Depuis sa création en 2017, elle a déjà, via son actionnaire américain, investi « plusieurs dizaines de millions d'euros » pour s'ancrer sur le marché du véhicule électrique.

Se différencier par l'accompagnement global

Créée en 2015, sur les cendres de C2FT, reprise à la barre du Tribunal de Commerce par une investisseuse américaine (française d'origine) en recherche de capacités de production européennes disponibles rapidement pour servir un constructeur automobile, Anderton Castings a opéré un virage stratégique deux ans plus tard. Alors que C2FT, qui fabriquait déjà des pièces de sécurité en aluminium, avait calé sur le véhicule thermique, Anderton a décidé de se tourner vers une piste s'annonçant prometteuse : les véhicules électriques et hybrides. Avec les mêmes pièces (boites de direction, traverses, liaison au sol, etc) et l'ajout de nouvelles techniques au traditionnel coulé/forgé : la basse pression, la gravité, l'usinage etc.  « A l'époque, c'était encore une niche. Prometteuse, oui, mais une niche », sourit Richard Musy.

Dans l'incapacité de servir des grandes séries, dans cette phase de lancement, Anderton Castings a rapidement signé avec une première start-up américaine, puis une seconde et une troisième... Désormais, la PME industrielle est en contrat avec six start-ups développant des véhicules électriques ou hybrides innovants, de gamme plutôt premium. Récemment, elle a signé avec deux nouvelles jeunes pousses pour la totalité des pièces de liaison et de châssis. Les programmes devraient démarrer cette fin d'année.

Pour séduire ces futures pépites de la mobilité électrique, le petit industriel a réussi à monter un bureau interne de conception et développement.

« Ces start-ups ont besoin de partenaires capables de fournir l'ensemble des pièces d'une fonction type et en capacité de codévelopper avec elles puis de produire rapidement des prototypes etc. Nous n'aurions pas gagné ces marchés si nous n'avions pas investi dans la conception et si nous n'avions pas maintenu nos effectifs pendant la crise sanitaire », assure Richard Musy. « De nombreux nouveaux entrants arrivent sur ce marché de la mobilité électrique. Nous sommes prêts... ».

Après avoir afficher des pertes plus ou moins importantes (-4,4 millions en 2020, année noire et dernier chiffre publié), le président annonce une rentabilité positive pour 2023. « La clé de la réussite réside dans la montée en puissance de nos clients. Lorsque nous aurons atteint l'équilibre financier, nous pourrons aller solliciter les grands constructeurs automobiles, mais toujours pour des petites ou moyennes séries ».

Rappelons qu'en 2021, 10% des immatriculations concernaient des véhicules électriques en France. Selon l'agence internationale de l'énergie, le nombre de véhicules électriques devrait atteindre dans le monde au moins 145 millions d'ici à 2030. 3 millions de voitures électriques et hybrides rechargeables ont été immatriculées en 2020.

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