Greentech : Lactips lève 13 millions d’euros pour réduire la pollution plastique

La startup stéphanoise développe un plastique biodégradable et hydrosoluble à partir d’une protéine issue du lait. Elle vient de lever 13 millions d’euros auprès de SPI et de MCHC, un fonds d’investissement du Japonais Mitsubishi. Elle va lui permettre d’investir dans une nouvelle usine de production, entre Lyon et Saint-Etienne, et d’accélérer le développement d’applications pour de nouveaux marchés cibles, notamment l’agroalimentaire.

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(Crédits : DR)

Une marche de plus pour Lactips. La troisième, et la plus importante, pour cette startup implantée dans la région stéphanoise. Elle vient d'annoncer une levée de fonds de 13 millions d'euros auprès du fonds SPI (Société de Projet Industrie - fonds géré par Bpifrance) et de Diamond Edge Ventures (DEV), fonds d'investissement de Mitsubishi Chemical Holdings Corporation (MCHC).

Après une première levée de fonds en 2016 d'1,2 million d'euros et une seconde de 3,7 millions à l'été 2018 auprès du Crédit Agricole Loire Haute-Loire, BNP Paribas Développement et BASF Venture Capital, il s'agit donc de son troisième tour de table. Sans compter la subvention européenne d'1,5 million d'euros décrochée en 2017 dans le cadre de l'appel à projets européen H2020.

Pour Bpifrance, cet investissement signe le soutien à une industrie en cohérence avec la transition écologique. Du côté du Japonais, l'ambition affichée est de participer à la lutte "contre la pollution plastique dans les océans et les décharges, au Japon et au-delà".

Un plastique biodégradable et hydrosoluble à partir de protéines de lait

Créée en 2014 en région lyonnaise puis installée depuis 2015 sur le parc Métrotech à Saint-Jean-Bonnefonds, Lactips produit une résine hydrosoluble et biodégradable à partir de surplus de protéines de lait, la caséine. Cette résine a pour ambition de remplacer les emballages plastiques.

"Notre produit ressemble à du plastique, il se comporte comme du plastique mais ce n'est pas du plastique", indique Marie-Hélène Gramatikoff, figure de proue de cette pépite de la greentech qu'elle avait cofondée avec le chercheur stéphanois Frédéric Prochazca et l'industriel lyonnais Fabrice Plasson (Amoeba).

Lire aussi : Marie-Hélène Gramatikoff, la stratège

Lactips a déjà développé plusieurs solutions pour le marché des détergents, notamment via un partenariat avec BASF : par exemple, les films entourant les pastilles pour les lave-vaisselles. Cette levée de fonds doit lui permettre de franchir une nouvelle étape de son développement.

Une usine à 100 millions d'euros

Premier objectif de l'opération : augmenter ses capacités de production, aujourd'hui limitées à 450 tonnes. En acquérant un site industriel de la vallée du Gier, une ex usine de l'agroalimentaire de 2500 m² aujourd'hui désaffectée, Lactips pourra installer 6 lignes de production et monter jusqu'à 10 000 tonnes.

Un investissement estimé à plus de 25 millions d'euros, échelonnés jusqu'à 2025. Cette montée en puissance s'accompagnera de recrutements relativement importants, une dizaine dès 2021, qui viendront compléter l'équipe actuelle d'une cinquantaine de personnes. Il s'agira de recrutements sur tous les niveaux de qualification.

"C'est une nouveauté car jusqu'ici, nous embauchions presque exclusivement des BAC +5 ou +8. Désormais, avec l'accélération de l'industrialisation, nous avons besoin d'autres profils", détaille Marie-Hélène Gramatikoff.

A pleine capacité, cette usine sera capable de générer un chiffre d'affaires de l'ordre de 100 millions d'euros. Si le marché est au rendez-vous, le modèle pourra être dupliqué. L'acquisition n'est pas encore finalisée, le site exact reste donc encore secret, mais la nouvelle usine devrait être opérationnelle courant 2021.

A cette date, Lactips prendra donc son envol et quittera ses locaux mis à disposition dans des conditions intéressantes par Saint-Etienne Métropole.

Accélération de la commercialisation

Les 13 millions d'euros injectés dans l'entreprise doivent aussi permettre à Lactips d'accélérer sa R&D afin de développer de nouvelles applications à partir de ses granulés thermoplastiques. Elle lui permettra ainsi d'accéder à de nouveaux marchés de masse en France et à l'international.

Dans son viseur : l'agroalimentaire, la construction, les plastiques à usage unique, le pelliculage.

"Le plastique comestible est un marché complètement nouveau, un marché gigantesque, c'est une priorité pour nous", explique la dirigeante qui précise avoir signé des partenariats avec de grands industriels en ce sens. Industriels dont le nom restera confidentiel.

"Nous avons su démontrer depuis notre création que notre matériau innovant peut entrer dans de multiples applications. Nous sommes portés par une vision d'une économie plus respectueuse de l'environnement et de la santé humaine", conclut-elle.

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Commentaire 1
à écrit le 27/05/2020 à 14:30
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Comme si le plastique inventé à partir du lait était récent! c'est plus que millénaire ce truc.

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