La région Auvergne-Rhône-Alpes poursuit ses économies de fonctionnement

Le budget primitif 2018 de la région Auvergne-Rhône-Alpes prévoit de continuer les économies de fonctionnement à hauteur de 50 millions d'euros. Les dépenses d'investissements se hissent au delà du milliard, hors remboursement de la dette. L'opposition fustige une politique dont la formation professionnelle et les emplois régionaux font particulièrement les frais.

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

La session plénière du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes qui s'est ouverte ce mercredi matin pour deux jours est consacrée, en particulier, au vote du budget primitif 2018, d'un montant total de 3,741 milliards d'euros.

"Il y a un ou deux ans vous nous disiez : 'vous n'y arriverez pas'. Maintenant vous nous dites : 'vous l'avez fait'. Que l'on ait des visions différentes c'est normal, c'est la démocratie", a répondu Laurent Wauquiez, président LR de Auvergne-Rhône-Alpes à l'intervention d'Ali Benmejahed du parti radical de gauche.

Ce disant le patron de la région faisait référence à un rythme d'économies pour les dépenses de fonctionnement conformes aux annonces du début de mandat : 130 millions en 2016 - "montant constaté dans le compte administratif "- 75 millions en 2017 - "objectif qui sera atteint"- et 50 millions d'euros prévus en 2018. A la fin de l'année prochaine l'exécutif note qu'il aura accompli en 3 ans "85 % de son plan de lutte contre le gaspillage administratif". Une baisse des charges que la Cour des comptes a bien relevé dans son rapport d'octobre dernier consacré à l'évolution de la situation financière des collectivités locales, en 2016.

2 millions d'économies pour le fonctionnement des services régionaux

Le projet de BP 2018 de la région stipule ainsi "un coût de fonctionnement des services régionaux diminué de 2 millions d'euros, avec la poursuite des optimisations recherchées depuis 2016". Il en va ainsi des achats d'équipement informatique, de mobilier, frais de carburant...

Un "meilleur pilotage des dépenses de formation professionnelle" se traduit par une économie de "20 millions d'euros" en 2018 versus 2017, est-il encore précisé. Et une gestion rigoureuse de la dette rime avec une baisse "des frais financiers de 4 millions d'euros". Il en résulte une augmentation prévisionnelle de "13 millions" de l'épargne brute. Et selon les engagements pris cet autofinancement "est prioritairement réinjecté pour financer les investissements".

"Hypocrisie du gouvernement"

Le poste investissements ressort ainsi dans le projet de BP à 1,028 milliard d'euros (hors remboursement de la dette) en hausse de 46 millions par rapport à 2017. Cette augmentation des crédits est répartie, selon le rapport, entre quatre priorités : action économique, aménagement du territoire,  politique de la sécurité et lycées. Le plan "Marshall" ainsi dénommé prévoit de débloquer 1,5 milliard de fonds régionaux sur le mandat pour les lycées.

"Nous voulons redonner à la région sa capacité à aller de l'avant", a martelé Laurent Wauquiez en fustigeant "l'hypocrisie totale du gouvernement qui ne montre pas l'exemple".

Et de citer en exemple, sans doute par hasard, les "crédits du ministère de l'Intérieur (dirigé par Gérard Collomb, NDLR) en hausse". Et "au lieu de soutenir les présidents de région" le gouvernement "prétend mettre les collectivités à la diète".

Décisions unilatérales

"Comment peut-on donner des responsabilités importantes aux régions et leur interdire d'avoir une visibilité à long terme ?", a renchéri Etienne Blanc, 1er vice président de la région. L'élu de Divonne les Bains, dans l'Ain, a dénoncé, en particulier, la suppression du fonds de soutien au développement économique (destiné à compenser partiellement les transferts de compétences résultant de la loi NOTRe) et représentant "une perte de 62 millions d'euros", pour Auvergne-Rhône-Alpes.

S'ajoute l'écrêtage de 6 % de la DCRP* "entraînant une baisse de 10 millions de la recette correspondante". L'exécutif régional dénonce ainsi "deux décisions unilatérales qui paraissent antinomiques avec la principe de contractualisation que l'Etat entend mettre en place en 2018 avec les principales collectivités locales".

"Votre discours ne change pas"

"Votre discours ne change pas", a observé Jean-François Debat, président du groupe SDEA (socialiste et apparentés).

"Votre règle numéro 1 reste : moins on dépense mieux c'est, pourvu que les dépenses soient étiquetées fonctionnement. Peu importe si cela supprime des centaines d'emplois, que cela porte atteinte aux territoires". Quant à l'investissement "peu importe pour vous si cela aboutit à du saupoudrage".

Toujours dans les rangs de l'opposition, Jean-Charles Kohlhaas, porte parole des Verts, a pointé "un plan d'économies bien réel dont se rendent compte les associations, la culture, l'environnement que nous avons déjà cités maintes fois. Mais les deux plus gros secteurs qui subissent la casse de votre politique sont la formation professionnelle et les emplois régionaux."

"Depuis deux ans vous essorez les agents de la collectivité", a lancé Cécile Cukierman, pour le groupe PCF-Front de Gauche. "Huit cents c'est l'estimation du nombre de départs tous services confondus. Votre gestion est un vrai désastre pour l'emploi".

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* dotation de compensation de la taxe professionnelle

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