Groupe Le Progrès (Ebra) : le plan de restructuration se dessine

Déficitaire, le journal Le Progrès doit redresser ses comptes dans un délai de 24 à 36 mois, a précisé aux salariés Philippe Carli, nouveau directeur du groupe Ebra, propriétaire du quotidien régional. Pierre Fanneau, directeur général du groupe Le Progrès a pour mission de piloter le collectif de travail chargé de définir pour l'ensemble des titres d'Ebra, un modèle d'organisation cible plaçant le digital au cœur de la stratégie. "Tout ceci reste assez flou", soulignent de leurs côtés les syndicats.

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Le Progrès enregistre près de 6 millions d'euros de pertes d'exploitation
Le Progrès enregistre près de 6 millions d'euros de pertes d'exploitation (Crédits : DR)

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Le fait était acté bien avant l'été. Le Crédit Mutuel a vocation à conserver la dizaine de titres de presse logés dans son pôle Ebra (Est Bourgogne Rhône-Alpes), tout au moins à ce stade. Mais plus question d'accepter qu'ils continuent de perdre de l'argent. A cette logique obéit le plan de restructuration soumis au conseil d'administration de la banque mutuelle par Philippe Carli, récemment nommé directeur général d'Ebra.

Après avoir faire le tour des rédactions - de l'Est Républicain aux Dernières Nouvelles d'Alsace- l'ancien directeur général du groupe Amaury a rencontré les salariés du Progrès, le 11 octobre. A cette occasion, il leur a annoncé la création (effective depuis le 5 octobre) d'un groupe de travail chargé de définir "le modèle d'organisation cible pour l'ensemble des titres" et obéissant à la stratégie du "digital first". Dans chacun des quotidiens a été nommé un référent, le rédacteur en chef, soit Xavier Antoyé pour le groupe Progrès

Calendrier serré

Le pilotage de ce groupe de travail a été confié à Pierre Fanneau, directeur du groupe Progrès SA. Pour mener cette mission, il est accompagné par BearingPoint, cabinet néerlandais de consulting. Pas de temps à perdre : la remise de la copie doit être effective avant la fin décembre. Une fois l'ambition éditoriale et l'organisation cible définies, un plan de modernisation sera déployé pour chaque titre. "Philippe Carli se donne jusqu'à la fin du 1er trimestre 2018 pour dupliquer le projet dans les rédactions", précise le communiqué du SNJ. A la clef figure le redressement de l'activité et des comptes "dans un délai de 24 à 36 mois".

Près de 6 millions de pertes d'exploitation

Lors d'un comité central d'entreprise du groupe Progrès, en date du 3 octobre 2017, Pierre Fanneau donnait les grandes lignes des comptes 2016. Ils demeurent déficitaires : pertes d'exploitation de 5,9 millions d'euros pour un chiffre d'affaires net de 99,8 millions d'euros : 65,6 millions pour les recettes liées à la diffusion et 25,6 millions de recettes publicitaires. Le résultat net (cumulant les pertes précédentes) est, lui, négatif de 11,6 millions d'euros, selon les chiffres communiqués aux élus du personnel.

"Cela fait une quinzaine d'années que cette situation perdure", commente Vincent Lanier, secrétaire national SNJ et délégué CE au Progrès. "Et le Crédit Mutuel s'en est jusqu'alors toujours accommodé".

Le groupe Progrès, dont la diffusion moyenne (couvrant Ain, Rhône, Jura, Loire et Haute-Loire) est de 180 000 exemplaires et 230 000 le dimanche, est confronté à une érosion régulière de ses ventes, en particulier dans les villes alors qu'elles résistent mieux en zones semi-urbaines et rurales.

"Tout ceci reste assez flou"

Le Progrès doit-il se préparer à un nouveau plan social ? Philippe Carli n'a pas caché des suppressions de postes, voire de métiers. Toutefois, il n'a pas parlé de plan social jugeant qu'un plan de départs volontaires "aurait du sens". Sur un effectif de 260 journalistes environ (CDD compris) au sein du groupe Progrès "quelque 80 ont dépassé 55 ans", selon le décompte social. Des recrutements sont envisagés pour répondre aux besoins de nouvelles compétences. Vincent Lanier déplore :

"Après les effets d'annonces de juin, on accouche d'une souris. Tout ceci est assez flou. Nous sommes vigilants, car on est dans un processus qui risque de faire de la casse d'ici à la fin du premier semestre 2018".

Les discussions avec les partenaires sociaux s'ouvriront dès janvier prochain à la fois sur les réorganisations et le volet social. Contactée, la direction du Progrès n'a pu être jointe ce vendredi après-midi.

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