Parité homme-femme : "Le Québec est plus en avance que la France"

Ruth Vachon, PDG du Réseau des Femmes d'Affaires du Québec (RFAQ), a participé à une table ronde sur la place des femmes dans les instances dirigeantes en France et au Québec, à Grenoble ce lundi à l'occasion des entretiens Jacques Cartier. Elle livre son retour d'expérience sur la place des femmes au sein du marché québécois.

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(Crédits : DR)

Acteurs de l'économie - La Tribune. Quelle est la situation professionnelles des femmes dirigeantes au Québec ?

Ruth Vachon. On estime qu'environ 24 % des postes de gestions sont occupés par des femmes. Mais la statistique la plus saisissante est celle des femmes entrepreneures, qui ne sont que 1% sur le marché... A tous les niveaux, il faut que les choses s'améliorent.

Quel est selon vous le rôle que doit jouer l'école ?

Nous constatons que beaucoup de jeunes femmes sortent de l'université sans se poser la question du niveau de responsabilité auquel elles auront accès. Elles font ainsi face à la réalité brutale du marché du travail. Elles se demandent alors pourquoi elles sont si nombreuses sur les bancs de l'école et si peu aux postes de direction. Les femmes se soucient aussi peu de la question de la rémunération et n'ont pas tendance à se demander si leur présence au CA sera rétribuée... C'est pourquoi on a créé le réseau des Jeunes Femmes d'affaires du Québec.

Vous affirmez être plus partisane de l'inclusion que de l'égalité...

Les discours sont de plus en plus encourageants, mais je me bats pour l'inclusion. Quand on me dit, aux États-Unis, qu'il faut être patient : cela fait six ans que je participe à ce type de rencontres, la patience, ça prend combien de temps ? L'idée est déjà de créer un succès à la fois.

Au Québec, vous avez placé des quotas pour l'accès aux conseils d'administration des sociétés cotées en Bourse. Les quotas sont-ils une solution ?

Toutes les sociétés d'État sont passées à la parité et les femmes nommées ont été des femmes de qualité. On n'a pas reçu un seul commentaire négatif sur les femmes venues à bord. On dit que quand une femme arrive seule dans un conseil d'administration, c'est une intruse. Quand elles sont deux, c'est le complot. A trois, c'est l'impact.

Que pensez-vous de la situation en France, que vous avez pu observer lors de ces conférences...

Je pense que le Québec est plus en avance. J'ai entendu depuis hier que des femmes ont tendance à être nommées dans des postes plus mineurs afin que leur opinion compte moins. Ce n'est pas le cas au Québec. On n'entend jamais que les femmes nommées chez nous le sont en raison de quotas, car ce sont des femmes brillantes, qui sont souvent passées par un MBA à McGill ou par une formation de l'Institut de Gouvernance.

Selon vous, l'imposition de quotas est-elle une bonne manière de changer la donne en France ?

Je ne crie pas habituellement pour les quotas, mais dans le cas de la France, je pense que ça peut être une bonne chose. Mais il faut que ce soit couplé d'une période d'apprentissage :il faut mener un état des lieux, regarder quelle est la progression durant deux ans, puis éventuellement prendre des mesures... Quand la volonté vient d'en haut, tout se passe.

Encadré

Des femmes qui font bouger les choses

« On a vu qu'à la tête des deux sociétés paramunicipales qui allaient mal, que ce soit Bixi avec Marie-Elaine Farley ou avec Danièle Henkel (avec la société du parc Jean Drapeau, nrdl), et ce sont des femmes qui ont été appelées pour régler le problème ».

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